Claire Abou Chakra était la porte-étendard de la faculté de médecine lors de la collation des grades.

Combattre les exigences sociales

Claire Abou Chakra a quitté le Liban il y a 17 ans pour s'installer en France avant de traverser l'Atlantique en 2008 en route vers le Québec avec son conjoint. Elle a dû se battre pour compléter un doctorat en sciences cliniques, concentration en santé communautaire, à l'Université de Sherbrooke.
La femme de 36 ans a dû faire face à la pression de son entourage qui exigeait qu'elle fonde une famille et laisse de côté sa carrière.
« L'éducation est valorisée pour les femmes au Liban, mais une fois qu'elles sont mariées elles doivent faire de leur famille leur priorité, explique-t-elle. Ce n'était pas ma priorité à moi alors j'ai dû défier les exigences et la pression sociale. »
« Ma carrière compte pour beaucoup, je n'allais pas juste arrêter mon doctorat pour fonder une famille, ajoute celle qui a déménagé à Sherbrooke dans les derniers mois. »
Claire Abou Chakra est aujourd'hui coordinatrice de recherche microbiologie et infectiologie à l'Université de Sherbrooke. Ses travaux concernent principalement les maladies infectieuses. Elle était accompagnée de son mari lors de la remise de son diplôme samedi.
« Les mentalités ont évolué au Liban dans plusieurs aspects, mais pour les femmes, pas tant que cela, admet-elle. Le message que j'aimerais envoyer à toutes les femmes c'est de ne pas laisser personne décider à votre place. On ne doit pas écouter ce que la société nous dicte, mais on doit tracer notre propre chemin. Je salue également toutes les femmes qui jonglent avec une carrière et une vie de famille et qui réussissent parfaitement bien. »
Félix-Antoine Lebel entamera maintenant un doctorat à l'Université de Sherbrooke.
Une maîtrise et une moto électrique
Félix-Antoine Lebel a toujours été passionné par le transport électrique et il a mis cette passion en action dès son arrivée à l'Université de Sherbrooke. Il a été à la tête du groupe qui a construit la moto électrique EMUS, championne de plusieurs titres aux États-Unis.
La moto 100 % électrique qui peut atteindre des pointes de vitesse de 250 km/h est la double championne en titre du Varsity Challenge, une épreuve réservée aux équipes universitaires mettant aux prises aux meilleures motos électriques d'Amérique du Nord.
Après plusieurs années, Félix-Antoine dit toutefois adieu au projet dans lequel il a mis tant d'effort.
« C'est la fin, admet-il. Je laisse l'opportunité aux nouveaux étudiants du baccalauréat. »
Félix-Antoine Lebel a maintenant terminé sa maîtrise en génie électrique où il s'est spécialisé dans la recherche sur les batteries au lithium pour les véhicules électriques. Il entamera d'ailleurs un doctorat à Sherbrooke très bientôt sur le même sujet de recherche.
« L'autonomie des véhicules électriques reste encore le facteur le plus important. C'est pour cela d'ailleurs que j'ai décidé de me spécialiser dans les batteries au lithium. Il y a plusieurs facteurs, mais la batterie demeure le nerf de la guerre. »
Une année importante pour les véhicules électriques
Félix-Antoine Lebel estime qu'on devrait voir de plus en plus de véhicules électriques sur les routes dans un avenir très rapproché.
« 2017 a été une année importante dans le domaine du transport électrique jusqu'à maintenant, lance-t-il. On peut penser à la Tesla 3 notamment. J'ai l'impression que c'est le début d'une importante ascension du véhicule électrique. »
Félix-Antoine pense même que le Québec a les outils pour jouer un rôle majeur dans l'avènement du transport électrique.
« L'indépendance énergétique est possible au Québec. Certains rêvent d'indépendance politique, mais je crois que nous allons atteindre l'indépendance énergétique bien avant cela en raison de notre proactivité au niveau de l'électrification. Je dirais que le Québec est en très bonne position pour être un leader en Amérique du Nord dans les véhicules électriques malgré les hivers rigoureux. »
Philippe Bédard a perdu l'un de ses amis proches dans un accident de voiture.
Se relever de la perte d'un être cher
Philippe Bédard est arrivé le coeur gros à Sherbrooke pour entamer son baccalauréat en droit. Le jeune homme venait tout juste de perdre l'un de ses amis proches dans un accident de voiture. Il avait également mis une croix sur le triathlon, où il excellait. Ces deux deuils l'ont guidé vers Sherbrooke où il vient tout juste de recevoir son diplôme.
« Ça m'a pris du temps pour m'en remettre, confirme le jeune homme de 23 ans. J'ai choisi Sherbrooke à la base parce que ça me donnait un nouveau départ. J'avais à faire le deuil d'un sport sur lequel j'avais mis énormément d'énergie en plus de perdre un ami cher. Tout cela a fait en sorte que j'ai choisi Sherbrooke. »
Athlète de haut niveau en triathlon, Philippe a tout laissé tomber en arrivant à Sherbrooke pour se concentrer sur ses études. Une décision qui n'a pas été facile à prendre.
« Mon deuil n'était pas complètement fait lors de ma première année ici, admet-il. J'ai essayé de rejoindre les rangs du Vert & Or en natation, mais ça n'a pas fonctionné puisque ça demandait trop de mon temps. Je ne pouvais pas jumeler mon sport, mes études et mon implication étudiante. Les études en droit étaient très exigeantes. »
À sa deuxième année seulement dans la faculté de droit, Philippe est devenu le président de l'Association générale des étudiantes et étudiants de droit (AGED). Il a également servi à titre de vice-président.
« C'était pour accomplir et changer des choses, mentionne-t-il. Cette implication a fait en sorte que j'ai réussi mon baccalauréat. La première année, j'ai observé les rouages et la deuxième, j'ai été élu président.
Fraîchement diplômé. Philippe Bédard a maintenant pour objectif de compléter le Barreau. Il souhaite également recommencer à faire du triathlon.