Pierre Rodier, président du conseil, et Sonia Daoust, directrice générale, ont élaboré les grands changements majeurs qui se dessinent au Collège Sacré-Cœur de Sherbrooke.

Collège du Sacré-Cœur: un virage majeur pour sa survie

C’est toute une révolution que vivra le Collège du Sacré-Cœur (CSC) de Sherbrooke avec l’arrivée d’une cohorte de garçons, à la rentrée 2019, une première pour cette institution pour filles qui célèbrera prochainement ses 75 ans d’histoire.

L’école privée de la rue Belvédère se donne un an et demi pour se préparer à un virage majeur qui vise à éviter une fermeture à la suite de problèmes financiers. Comme l’annonçait La Tribune jeudi matin, le Collège du Sacré-Cœur deviendra mixte, mais les classes demeureront séparées, a confirmé la direction.

Le Collège du Sacré-Cœur a tenu mercredi soir une réunion extraordinaire afin de présenter les résultats du sondage effectué en février auprès des parents et l’état de la situation du collège, a indiqué la directrice générale du collège, Sonia Daoust. « Nous avons fait cet exercice, car les rumeurs répandues causent des dommages importants en termes de recrutement de la clientèle. »

« Nous sommes conscients des améliorations à apporter et c’est pourquoi nous avons mis sur la table un projet novateur qui animera le collège dès la rentrée 2019-2020. Une place sera maintenant faite aux garçons. »

École mixte, classes distinctes, se veut une « formule gagnante » afin de tenir compte des intérêts des familles qui ont aussi des garçons d’âge secondaire. On souhaite atteindre les 300 élèves, soit 35 de plus qu’actuellement, a mentionné Mme Daoust en conférence de presse. On a consulté d’autres institutions ayant fait un tel virage, notamment à Montréal. Ce principe a déjà fait ses preuves dans quelques établissements du réseau privé.

« Dorénavant, les frères de nos élèves pourront venir au CSC. C’est important pour nos familles », indique la directrice générale.

Pas la même façon d’apprendre

« Pourquoi des classes unisexes? Parce que les garçons n’apprennent clairement pas de la même façon que les filles et ils n’ont pas les mêmes intérêts. Ils auront d’ailleurs davantage de sport à leur horaire et des options offertes, dont des arts martiaux. Chez les filles, la renommée concentration Danse se poursuivra, entre autres. »

On misera aussi sur le basketball et la programmation de jeux vidéos.

Lors de la réunion des parents, mercredi soir, on a mis cartes sur table, assure Pierre Rodier, président du conseil d’administration. « Les parents ont dit oui à notre projet. Ils ont embarqué. Nous ne le savions pas avant la réunion, dit-il. Nous sommes une coopérative de solidarité. C’est une autre dynamique. Chaque membre a un vote. »

« Nous aurons une école du 21e siècle et innovante. »

C’est avec un fort vote de confiance de 93 pour cent que les parents ont démontré leur appui à ces idées et ont décidé de donner l’opportunité à leur fille de vivre ce changement, ajoute-t-on.

Fort de sa pédagogie numérique sur iPad, le CSC formera, dès septembre 2019, des jeunes dont le profil est recherché par les employeurs, c’est-à-dire avec des compétences liées aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

« Ce sont les compétences de base qui sont et continuent d’être recherchées, souligne Mme Daoust. Pour les garçons, il y aura même de la programmation de jeux vidéos ».