Les cols bleus souhaitent qu’on évalue s’ils peuvent procéder à la collecte des matières recyclables à prix moindre que le privé, comme c’est le cas pour la collecte des matières organiques.

Collecte des matières recyclables : les cols bleus pensent coûter moins cher

Les cols bleus de la Ville de Sherbrooke craignent que la municipalité renouvelle son contrat de collecte de matières recyclables avec le privé et qu’il en coûte plus cher aux contribuables. Le président du syndicat, Benoît Labonville, se dit inquiet qu’on ne semble pas considérer la possibilité de ramener la collecte en régie.

À la fin novembre, les résultats d’appel d’offres démontraient que le plus bas soumissionnaire pour la collecte de matières recyclables proposait un prix de 10,3 M$ pour cinq ans, soit 2 M$ de plus que pour le contrat précédent.

« Au lendemain de la publication de votre article, j’ai envoyé un courriel au maire, au directeur général et à la directrice du Service de la voirie pour proposer un comité de travail qui analyserait la possibilité de faire la collecte à l’interne, comme c’est le cas pour le bac noir et le compost. Personne n’a daigné me répondre. Je n’ai même pas reçu un accusé de réception », s’inquiète Benoît Labonville, président du syndicat des cols bleus de la Ville de Sherbrooke.

Le conseiller Pierre Avard se trouvait aussi dans la liste d’envoi. M. Avard avait évoqué, fin novembre, la possibilité de faire une vérification à l’interne à la suite de l’appel d’offres. Il a été impossible de joindre le conseiller dimanche pour commenter la situation.

« Je suis inquiet. Pourquoi on ne regarde pas la possibilité d’économiser en faisant le travail à l’interne ? Il y a huit ou dix ans, nous avions travaillé très fort avec l’administration. Certains voyaient d’un mauvais œil de rapatrier les bacs noirs à l’interne. Nous avions démontré que la Ville économiserait 1 M$ en procédant de la sorte », rappelle M. Labonville. La Ville avait finalement confié la collecte à ses cols bleus.

« Je me demande si on peut arriver au même résultat avec les matières recyclables. Si on peut économiser deux ou trois millions, c’est beaucoup d’argent. »

Benoît Labonville s’étonne d’autant plus qu’en mai, la Ville a confirmé qu’elle continuerait à effectuer la collecte des matières organiques en régie parce que cette façon de faire était la moins coûteuse. La collecte à l’interne se chiffrait à 6,9 M$ contre 8,3 M$ au privé. 

« Je veux faire économiser de l’argent à la population. Sommes-nous confrontés au même scénario qu’il y a dix ans ? Y a-t-il encore quelqu’un quelque part qui ne veut pas faire cette gestion ? Nous avons sept camions pour la collecte du compost qui vont dormir pour les quatre prochains mois parce que la collecte se fait au mois. Nous avons le personnel et l’équipement pour faire le travail en régie. Notre expertise est reconnue et elle est moins chère », insiste M. Labonville.

Le président du syndicat des cols bleus craint que le contrat soit accordé au privé avant même une analyse des possibilités à l’interne. « Pourquoi on ne s’y intéresse pas plutôt que de perdre notre temps à tirer à boulets rouges sur Évelyne Beaudin ? »

S’il n’a entendu parler de rien, l’homme confirme néanmoins que les gestionnaires ne sont pas forcés de l’avertir si une analyse est cours.

Selon Benoît Labonville, les seuls facteurs qui pourraient entraîner une différence de coût sont les besoins d’entrer dans les cours des blocs d’appartements pour recueillir les matières recyclables, ce qui n’est pas le cas pour les matières compostables. Le nombre de bacs verts pourrait aussi avoir une influence.

« Si on nous dit qu’il faudrait acheter des cloches pour les appartements, c’est une fausse excuse. On rentrerait dans notre argent rapidement... »

Déclinant la demande d’entrevue de La Tribune, le maire Steve Lussier a assuré qu’il était bien au fait de la situation, et qu’il avait lu et pris en considération le courriel envoyé par M. Labonville, a précisé par courriel son attaché politique Sylvain Vessiot. 

M. Vessiot a ajouté que les cols bleus seront « écoutés, bien entendu. Le tout est regardé par l’administration très sérieusement pour faire les meilleurs choix ».

Toujours selon l’attaché politique, le dossier est en voie d’être finalisé.