Une action symbolique en faveur du climat et la réduction des inégalités sociales s’est déroulée, vendredi soir, devant l’hôtel de ville de Sherbrooke, en simultané avec plusieurs villes canadiennes.
Une action symbolique en faveur du climat et la réduction des inégalités sociales s’est déroulée, vendredi soir, devant l’hôtel de ville de Sherbrooke, en simultané avec plusieurs villes canadiennes.

Climat et inégalités sociales : des jeunes militants retournent dans les rues

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Une action symbolique en faveur du climat et la réduction des inégalités sociales s’est déroulée, vendredi soir, devant l’hôtel de ville de Sherbrooke, en simultané avec plusieurs villes canadiennes.

C’est la coalition étudiante pour un virage environnemental et social - Université de Sherbrooke (CEVES - UdeS) et le comité unitaire pour l’environnement en Estrie (CUEE) qui ont organisé cette manifestation en réponse à l’appel international Fridays for future.

Leur action survient un an après la mobilisation qui a vu des centaines de milliers de personnes descendre dans les rues des grandes villes du pays, dont Sherbrooke, le 27 septembre 2019, inspirés par l’écologiste suédoise Greta Thunberg.

Des manifestations étaient aussi prévues vendredi à Ottawa, Toronto, Calgary, Vancouver, Halifax et Mont-Tremblant, tandis que la grande manifestation montréalaise aura plutôt lieu samedi.

La relance économique post-pandémie juste s’est aussi ajoutée aux revendications de cette manifestation.

« Ce sont des enjeux très actuels malgré la pandémie. Il est urgent d’agir. Il faut s’assurer que la relance tienne compte de l’environnement. Cet enjeu est très relié avec la santé parce que si l’environnement se dégrade, il y aura assurément des impacts sur notre santé », signale la porte-parole de la coalition étudiante pour un virage environnemental et social de l’Université de Sherbrooke, Ariane Laurencelle.

La déclaration en faveur d’une justice sociale porteuse d’une justice climatique s’articule en quatre actions : adopter une loi climatique qui forcera l’atteinte des cibles de GES recommandées par le GIEC pour limiter le réchauffement du climat pour le bien-être et la santé de la population du Québec; interdire tout nouveau projet d’exploration ou d’exploitation des hydrocarbures et mettre fin à toutes les subventions directes ou indirectes aux combustibles fossiles; créer des structures régionales permettant à la population de contribuer à une transition juste porteuse de justice sociale; et s’assurer que la transition énergétique s’accompagne de mesures concrètes afin de réduire les inégalités dans une perspective de justice sociale et climatique.

« Il faut mettre de l’avant ces quatre grands objectifs. Beaucoup de paroles sont dites par nos gouvernements, mais il faut passer des engagements à des actions concrètes », affirme Ariane Laurencelle. 

La CEVES reproche au gouvernement de Justin Trudeau d’avoir trahi ses promesses, notamment quant à l’élimination des subventions aux énergies fossiles et les deux milliards d’arbres à planter.

Ce dernier engagement avait été pris le 27 septembre dernier, le jour même de la manifestation historique à laquelle avait participé le premier ministre à Montréal, ce qui laisse un goût d’autant plus amer selon Albert Lalonde, coporte-parole de la CEVES.

« Ce n’est plus une question d’être entendus, mais d’être délibérément ignorés », avance-t-il.

Les jeunes militants veulent diversifier leurs stratégies et faire monter la pression pour exiger la carboneutralité d’ici 2030, soit 20 ans plus tôt que l’objectif actuel du gouvernement.

À Montréal, le rassemblement de samedi défendra également la régularisation de tous les migrants, le définancement des corps policiers et la reconnaissance de la souveraineté des nations autochtones.

Avec la collaboration de La Presse canadienne