Les anciens du Canadien de Montréal, de gauche à droite : Luc Gauthier, Stéphane Robidas, Yvon Lambert, Réjean Houle, Chris Nilan, Pierre Bouchard et Pierre Mondou, ont accompagné Jean Ruel, fils de Claude, lors de la cérémonie

Claude «Piton» Ruel immortalisé à Sherbrooke

SHERBROOKE — Claude Ruel aura marqué, à sa façon, la très riche histoire du Canadien de Montréal. Jeudi matin, plusieurs membres de cette grande famille sportive se sont déplacés afin de célébrer la dénomination du bâtiment de service attenant à la patinoire Bleu Blanc Bouge, situé au parc Dufresne. Et les éloges furent unanimes: Claude «Piton» Ruel était un homme de coeur.

Voilà maintenant deux ans que son fils Jean milite, discrètement, afin que la mémoire de son père soit honoré.

Après l’inauguration de la patinoire en 2017, le mot a commencé à circuler qu’il serait bien de trouver une façon d’honorer Claude Ruel, lui qui a grandi sur la rue Saint-Louis, tout près du parc Dufresne, où il a entre autres joué au baseball.

Sensible à la demande, la Ville de Sherbrooke a fait progresser le dossier avec soin.

«C’est un moment extrêmement émotif pour moi et ma famille; je savais qu’on allait montrer un vidéo montage de mon père avec le Canadien, je n’étais pas prêt à voir le vidéo relatant la dernière victoire de la conquête de la coupe Stanley du Canadien en 1969. Je l’apprécie beaucoup. Ça me rappelle beaucoup de souvenirs», a-t-il dit avec beaucoup d’émotions

«L’histoire que je raconte à mes enfants, c’est que j’ai été adopté par mes parents. Justement, mon père avait dit que si le Bon Dieu lui permettait de remporter la coupe Stanley en 1969, il allait adopter un orphelin. Cette partie-là, en finale contre les Blues de Saint-Louis, au Forum, a fait que je suis ici aujourd’hui.»

«Si c’était pas de ça, je ne sais pas je serais où. Je trouve tellement que c’est un bel hommage; c’est son parc, c’est son quartier et c’est sa  ville», a dit relaté, à travers les sanglots.

«Ce ne sont pas des choses dont on parlait de son vivant, il n’aimait pas trop attirer l’attention, ou qu’on parle de lui. J’avais une chose sur ma liste, c’était d’avoir le nom de mon père à quelque part. Oui, il y a la murale au Palais des sports, et je l’apprécie. Mais mon père était un homme modeste, et la reconnaissance du grand public, c’était important pour lui. La reconnaissance des gens ordinaires, des gens qui jouent au hockey, des passionnés, comme lui. C’est une reconnaissance à son image.»

Les anciens Canadiens étaient nombreux, à cette cérémonie.

Pierre Bouchard, Yvon Lambert, Pierre Mondou, Chris Nilan, Réjean Houle, Luc Gauthier, et plusieurs anciens amis qui l’ont cotoyé au hockey ou même au baseball, ont assisté à la cérémonie.

«Il était ouvert et généreux. On était ses p’tits gars et il s’assurait toujours qu’on passe à travers les périodes difficiles. Il était toujours là pour nous», a dit Réjean Houle, président de l’Association des anciens canadiens.

Né à Sherbrooke en 1938, Claude Ruel excellait tant au hockey qu’au baseball. Au sein du club de hockey canadien, en tant que recruteur, dépisteur chef et par la suite comme entraîneur-chef, il fut le plus jeune à remporter la coupe Stanley à sa première année derrière le banc de l’équipe, en 1969.