Il aura fallu un deuxième tour de vote pour que Claude Forgues, candidat officiel pour le Bloc québécois dans Sherbrooke, écarte Noémie Rouillard de l’investiture avec une maigre avance de deux pour cent.

Claude Forgues remporte de justesse l’investiture du Bloc dans Sherbrooke

Il aura fallu un deuxième tour de vote pour que Claude Forgues, candidat officiel pour le Bloc québécois dans Sherbrooke, écarte Noémie Rouillard de l’investiture avec une maigre avance de deux pour cent.

« 51 %, c’est juste assez pour gagner le référendum », a lancé M. Forgues quelques minutes après l’annonce aux membres présents à la soirée de vote officiel, jeudi soir dans les locaux de Sercovie.

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Celui qui a œuvré comme directeur général de Centraide Estrie pendant 37 ans avait amassé plus de 100 signatures pour se présenter à l’investiture, soit 75 de plus que nécessaire.

« Je fais faire campagne et j’expliquerai que le Bloc est le seul parti qui peut parler pour et au nom du Québec. Tous les autres adversaires, qui sont bien honorables, vont être des minoritaires dans des partis nationaux, et nous raconter qu’ils vont être au pouvoir alors qu’ils vont être obligés de se plier aux diktats de la majorité », a-t-il partagé à La Tribune.

« Tous ces rêves du pays du Québec dont vous êtes porteurs, dont nous sommes les promoteurs, sont toujours au fond de nous. Votre présence ici illustre qu’il est toujours vivant », a-t-il lancé aux plus de 150 personnes présentes lors de son discours précédant le vote avant de mentionner qu’il avait déjà bâti son équipe de campagne.

« Je vous ferais remarquer qu’il n’aura pas fallu longtemps pour qu’une fois le mouvement souverainiste affaibli, on annonce sa mort et que les forces anti-francophones et anti-Québec fassent surface, a-t-il également lancé. Que ce soit la situation des francophones en Ontario, la condamnation unanime de la loi sur la laïcité par les partis fédéraux et de nombreuses provinces canadiennes, sans parler de l’abandon du Québec dans le dossier de la gestion de l’offre et le maintien de l’indifférence canadienne dans le dossier des contrats de construction », s’est indigné celui qui avait aussi tenté de mettre la main sur l’investiture péquiste dans Saint-François aux élections provinciales de 2018.

À Ottawa, M. Forgues compte également défendre les médias régionaux, de même que le projet de train Montréal-Sherbrooke ainsi que le projet d’aéroport à Sherbrooke.

Lutte serrée

Le comté n’était pas sans désir de renouveau. L’avocate de 42 ans Noémie Rouillard avait récolté 44 % des votes au premier tour en début de soirée, soit six pour cent de plus que Forgues. France Bonsant, ancienne députée de Compton-Stanstead, s’était alors vue exclue de la course avec 16 % des voix.

C’est d’ailleurs derrière Rouillard que l’ancien bloquiste Serge Cardin avait choisi de se ranger publiquement, lorsqu’il a finalement décidé de ne pas s’ajouter comme quatrième aspirant.

« Ce sont trois très bonnes personnes, c’est déchirant, a partagé à La Tribune Mme Simmoneau, membre du Bloc depuis les balbutiements de la formation politique. Mais regardez le nombre de têtes blanches qu’il y a dans la salle; ça nous prend de jeunes, ça nous prend de la relève. »

Réjean Hébert critiqué

Invité à l’événement pour réchauffer la foule, le comédien et candidat bloquiste Denis Trudel n’a pas manqué d’écorcher son adversaire dans Longueuil, le Dr Réjean Hébert, qui est tout récemment passé du bleu au rouge.

« J’écoutais ses discours “ le pays c’est fini, faut s’occuper des projets... ” J’étais vraiment en tab*****. Pierre Falardeau avait l’habitude de dire que l’histoire du Québec est remplie de gens qui nous ont trahis pour faire une gaffe, bien Hébert vient de mettre son nom au bas de cette liste-là. »

« Il veut faire des normes pancanadiennes en santé, a-t-il poursuivi. Tous, tous les ministres de la Santé du Québec depuis 50 ans ont dit au fédéral de se mêler de ses affaires. Même lui, quand il était ministre de la santé, il disait “ donnez-nous le chèque, on va s’en occuper. Les hôpitaux on sait comment ça marche ”. Maintenant, il dit “ non, non, ce n’est pas ça, on va faire des normes, j’ai des idées... ” »