Éric Bergeron, conseiller syndical du Syndicat canadien de la fonction publique, s’est présenté devant le CA avec des coeurs signés par plus de 1000 employés pour rappeler qu’ils ont tous leur emploi à coeur.
Éric Bergeron, conseiller syndical du Syndicat canadien de la fonction publique, s’est présenté devant le CA avec des coeurs signés par plus de 1000 employés pour rappeler qu’ils ont tous leur emploi à coeur.

CIUSSS de l'Estrie: «Nos membres sont au bout du rouleau»

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
Des représentants du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) ont profité de la séance de mercredi soir du conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie-CHUS pour aller porter des rouleaux d’essuie-tout et de papier de toilette à ses administrateurs. « Nos travailleurs et travailleuses sont au bout du rouleau et malgré les belles paroles de l’employeur, aucun geste significatif n’est posé pour corriger la pénurie et reconnaître le dévouement des personnes en poste. » Le syndicat a également profité de la période de questions pour faire trois demandes au CA visant toute la reconnaissance des employés.

La section locale 4475 du SCFP représente plus de 5000 employés de la catégorie 2 du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. La catégorie 2 regroupe le personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers. Ces membres du SCFP comptent pour environ 30 % de l’ensemble du personnel du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

En entrevue avec La Tribune, le conseiller syndical Éric Bergeron a expliqué que trois demandes précises ont été formulées à l’endroit du CA pendant cette action de visibilité.

La première demande concerne la reconnaissance de la formation maison afin de pallier la pénurie de préposés aux bénéficiaires (PAB).

« Le CIUSSS a une prévision d’embauche de 946 PAB pour la prochaine année. L’an passé, l’objectif était de 597 PAB et ce chiffre n’a jamais été atteint. Nous savons que c’est impossible d’engager 1000 PAB en 2020 considérant que les écoles de la région sortent de 80 à 100 PAB par année. Pour cette raison, nous demandons au CA de reconnaître la formation maison qui permet de former rapidement des PAB avec des personnes déjà à l’emploi du CIUSSS ou des gens sans lien d’emploi », explique le conseiller syndical.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a besoin de 2400 préposés aux bénéficiaires. Il en manque présentement quelque 800.

Échelons salariaux

Les représentants syndicaux ont également abordé la question de la reconnaissance des échelons salariale.

« À la suite de l’implantation de la dernière structure syndicale, on a des membres qui ont perdu des échelons. Quand on embauche une personne de l’externe avec cinq ans d’ancienneté, elle se retrouve au maximum des échelons, mais un employé de l’interne avec 25 ans d’ancienneté a perdu des échelons puisqu’ils l’ont intégré dans la nouvelle structure salariale. Ce qu’on veut savoir du CA, c’est s’il a l’intention d’admettre que ces gens-là méritent d’avoir la reconnaissance de leur échelon pour leur rémunération », questionne le conseiller syndical.

Le dernier sujet abordé par le syndicat concerne l’arrêt de la remise d’un montant forfaitaire de 16 cents de l’heure à l’ensemble des employés dès le 31 mars, soit à la fin du présent contrat de travail.

« Dans la dernière négociation, un montant forfaitaire de 16 cents de l’heure a été négocié pour l’ensemble de nos membres et l’employeur va y mettre fin à partir du 1er avril. Dans le cadre d’une pénurie de main-d’œuvre, on veut que l’employeur reconnaisse que ces gens-là, qui tiennent le réseau à bout de bras, méritent ce 16 cents jusqu’à ce qu’on renégocie un nouveau contrat de travail. Toutes les analyses qui ont été faites au niveau de la rémunération viennent nous dire qu’on a un retard salarial dans la fonction publique... On pense que l’employeur ne fait pas un signe de reconnaissance envers ses employés lorsqu’il leur fait perdre 16 cents de l’heure. Ce n’est pas beaucoup, mais ça va être pris comme un coup dur par nos membres », estime M. Bergeron.

Une carte géante formée de coeur et signée par plus de 1000 membres du syndicat a également été remise aux membres du CA.

« On veut que l’employeur comprenne qu’on est tannés de faire des thérapies avec lui. On est tannés de s’asseoir pour discuter. On veut passer à l’action pour s’assurer de maintenir des services de qualité », insiste le conseiller syndical.