Le théâtre de la place Nikitotek devra être déplacé à la fin de la saison estivale pour permettre la construction du pont des Grandes-Fourches.

Cinq scénarios pour la place Nikitotek

Les élus devront choisir entre cinq scénarios pour l’avenir du théâtre de la place Nikitotek. Le déménagement, la vente et l’entreposage seraient parmi les options.

La Tribune a appris que les élus et le conseil d’administration de Destination Sherbrooke seront bientôt informés des options pour le positionnement du théâtre extérieur. Rappelons qu’il doit impérativement être déplacé à la fin de la saison estivale pour permettre la construction du nouveau pont des Grandes-Fourches.

La présidente de Destination Sherbrooke, Annie Godbout, parle d’un « dossier délicat ».

Il semble que les scénarios présentant le moins de contraintes sont le déménagement de la scène ou la vente du théâtre. Dans la première option, le site retenu se situerait à l’intersection des rues Aberdeen et Wellington Sud sur un terrain qui n’appartient pas à la Ville de Sherbrooke et qui est évalué à 422 400 $. Les coûts d’un déménagement pourraient atteindre 3 M$.

La possibilité d’entreposer les infrastructures le temps des travaux aurait aussi été évoquée, mais pourrait être coûteuse.

Annie Godbout ne cache pas qu’une décision rapide s’impose. « Dans le domaine du tourisme, il faut déjà commencer à travailler pour l’an prochain. Je suis sensible à ce dossier et je demeure ouverte à tous les scénarios. Il faut tenir compte de plusieurs éléments, entre autres du fait que le spectacle à la place Nikitotek amène de l’achalandage au centre-ville. Les enjeux financiers et touristiques sont importants. »

Mme Godbout veut d’abord se montrer sensible envers les commerçants du centre-ville, qui devront vivre des bouleversements importants avec les chantiers annoncés (Well Sud et Grandes-Fourches) pour les deux prochaines années. « Il faut trouver un équilibre entre le coût et le bénéfice. Les accès au centre-ville ne seront pas évidents. Il faudra une bonne animation pour soutenir les commerçants pendant les travaux. »

La présidente de Destination Sherbrooke n’en demeurera pas moins cohérente avec ses propos du passé concernant la place Nikitotek. « J’avais déjà dit que j’étais mal à l’aise de signer une entente de dix ans avec un promoteur de spectacles alors que nous n’avions pas pris de décision sur l’avenir du théâtre. » Dans un billet de blogue de 2015, elle écrivait « [a] vant de mettre un toit [au-dessus du théâtre] et de signer des ententes de 10 ans, aurions-nous pu régler le déménagement? »

Discussions à venir

Le directeur général de Destination Sherbrooke, Denis Bernier, confirme qu’une entente est conclue pour présenter des spectacles de Québec Issime au centre-ville de Sherbrooke jusqu’en 2024 inclusivement. Le contrat paraphé à l’époque ne tenait pas compte d’un possible déménagement ou de la vente du théâtre à un privé. « Il devra y avoir des discussions avec le promoteur, mais le dossier n’est pas avancé. Nous ne sommes pas rendus là. Nous ne savons même pas s’il y aurait un acheteur si nous décidions de vendre. Nous ferons le tour de la question avant de faire le suivi avec le promoteur. Il reste encore trop de choses à préciser. »

Il reste néanmoins que pour Denis Bernier, le théâtre de la place Nikitotek a fait ses preuves en matière d’attractivité. « Nous allons prendre tous les outils, celui-là ou d’autres, qu’on nous donnera pour faire rayonner Sherbrooke, ça c’est sûr. »

M. Bernier n’est pas en mesure d’établir un échéancier pour une prise de décision. « Ça dépend de l’option choisie. Si le déménagement est privilégié, il faudra aménager un nouveau site... »

Annie Godbout rappelle que ce sont les élus qui trancheront. Elle souffle du même coup qu’elle se montrera aussi ouverte à profiter de l’occasion pour renouveler l’offre touristique. « Peut-être que ce sera aussi une occasion de se tourner vers d’autres projets et de se renouveler complètement. C’est un bon casse-tête. »

Enfin, la vente du théâtre pourrait forcer la Ville à rembourser une partie de la subvention reçue pour construire l’infrastructure, soit 440 000 $.

Il n’a pas été possible de rejoindre la conseillère Chantal L’Espérance, présidente du comité de revitalisation du centre-ville.