De gauche à droite : l'animatrice Véronique Grenier (autrice et professeure de philosophie au collégial) et les panélistes Riziki Mkandama (artiste militante), Marie-Hélène Lajoie (Carrefour de solidarité internationale), Isabelle Boisclair (professeure d'études littéraires et culturelles à l'UdeS), Isabelle (intervenante à l'Escale de l'Estrie), Venise Landry (Les Radieuses Magazine), Marie-Michèle Whitlock (Calacs Agressions Estrie) et Nijimbere Inès (Solid'Amitiées).
De gauche à droite : l'animatrice Véronique Grenier (autrice et professeure de philosophie au collégial) et les panélistes Riziki Mkandama (artiste militante), Marie-Hélène Lajoie (Carrefour de solidarité internationale), Isabelle Boisclair (professeure d'études littéraires et culturelles à l'UdeS), Isabelle (intervenante à l'Escale de l'Estrie), Venise Landry (Les Radieuses Magazine), Marie-Michèle Whitlock (Calacs Agressions Estrie) et Nijimbere Inès (Solid'Amitiées).

Ciné-causerie: fierté, force et... « Femme(s) »

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
« Fierté, force, courage, liberté! » Voici les mots qu’ont prononcés spontanément quelques spectatrices pour définir l’émotion qui les submergeait à la suite de la projection du documentaire Femme(s) dimanche après-midi à la Maison du cinéma.

Sur place, l’autrice et professeure de philosophie au Cégep de Sherbrooke Véronique Grenier animait la discussion organisée autour du documentaire dans lequel 2 000 femmes à travers 50 pays témoignent de leur vécu sur les thèmes de la maternité, l’éducation, le mariage, mais aussi l’excision, le viol et la violence conjugale.

Entourée de sept panélistes particulièrement concernées par ce que peuvent vivre les femmes au quotidien, Véronique Grenier s’est intéressée à la « multiplicité des féminins » en posant diverses questions :

« Qu’ont en commun toutes ces femmes? Être une femme nécessite-t-il de devoir être bien outillée? Qu’auriez-vous aimé qu’on vous dise étant plus jeune? Quel est le risque du silence pour les femmes? » L’éducation est ressortie grande gagnante de cet échange auquel participaient près de 150 personnes.

« L’accumulation de millions de témoignages individuels dans le documentaire, mais aussi sur les réseaux sociaux avec la récente vague de dénonciations d’agressions sexuelles, montre que ces tristes événements ne sont pas des réalités isolées. Le problème est général et tout le monde devrait se sentir concerné », croit Marie-Hélène Lajoie, agente de projets et de stages chez Carrefour de solidarité internationale.

« On parle d’outiller les femmes pour surmonter les épreuves qui les attendent, mais je pense qu’il faut surtout outiller, informer et éduquer la population en général et particulièrement les jeunes si on veut vraiment voir des changements sociaux », ajoute Marie-Michèle Whitlock, intervenante au CALACS Agressions Estrie.

« L’éducation, mais la bonne », renchérit Riziki Mkandama, une jeune artiste multidisciplinaire de la région qui voit tout de même beaucoup d’espoir quant à la place des femmes dans notre société. « Les cours d’éducation sexuelle à l’école devraient davantage être axés sur l’égalité des sexes », déplore toutefois celle qui se dit insatisfaite de la formation reçue dans l’établissement réservé aux filles qu’elle fréquentait il n’y a pas si longtemps.

Rompre le mur du silence

La culture du silence a également été abordée sous différents angles lors de la causerie à saveur féministe. Dans Femme(s), le témoignage d’une jeune fille de 15 ans, qui s’est vue forcée par les membres de sa famille d’épouser un homme de 52 ans, a suscité beaucoup d’émotions.

« Quand on s’imagine que des parents sont témoins de ces événements et qu’ils y participent d’une certaine façon, on dirait que la collectivité devient menaçante », s’inquiète la comédienne et rédactrice Venise Landry.

Toutes les panélistes présentes s’entendent pour dire qu’il faut parler de ces réalités parfois difficiles à accepter et surtout qu’il faut donner une voie aux femmes qui veulent et ont besoin d’être entendues.

« Ce sont leurs histoires et il faut les écouter. On vit l’inconfort qui vient avec ou on continue de les taire et de les cacher, ce qui ne fait absolument aucun sens, mentionne Isabelle Boisclair, professeure à l’Université de Sherbrooke. Ça va créer un inconfort et certaines personnes vont continuer à crier à l’injustice pour s'en sortir, mais il faut passer par là pour que ça change », précise-t-elle, en faisant référence aux récentes dénonciations publiques.

« Les histoires uniques et les confidences présentées dans ce documentaire nous rappellent l'importance de la solidarité, qui devient plus que nécessaire, entre les femmes de partout dans le monde. Tout ça dépasse l’individu en soi », conclut Marie-Michèle Whitlock.