Un des sites convoités par l’ACIE pour un cimetière musulman serait le terrain situé au coin de la rue Desaulniers et du chemin des Pèlerins.

Cimetières musulmans : deux projets en marche

L’Association culturelle islamique de l’Estrie (ACIE) espère l’inauguration d’un cimetière musulman d’ici la fin de l’année à Sherbrooke. Les analyses vont bon train pour quatre terrains situés à Sherbrooke et dans sa périphérie. Des discussions sont entre autres en cours pour un terrain situé sur la rue Desaulniers, à côté du cimetière Saint-Michel. Parallèlement, la Coopérative funéraire musulmane du sud-est a trouvé son terrain pour son propre cimetière.

Membre de l’ACIE, Mohamed Golli confirme que des pourparlers sont en cours pour l’achat d’un terrain situé à l’angle de la rue Desaulniers et du chemin des Pèlerins, dans l’arrondissement Fleurimont. Ce terrain est voisin du cimetière Saint-Michel et est déjà zoné pour l’usage « cimetière ». Sur le site de la Ville de Sherbrooke, on lit toutefois que « l’utilisation prédominante » du terrain est celle de « dépotoir ». 

La Ville de Sherbrooke mentionne néanmoins qu’il ne semble pas y avoir eu d’enfouissement à cet endroit. Si l’ACIE souhaite y aménager son cimetière, elle devra acheter le terrain. La valeur inscrite au rôle d’évaluation est de 1 419 800 $.

« Nous avons entamé des démarches, mais le terrain ne nous pas été offert. Il faut comprendre qu’il n’y a pas de favoritisme. La Ville ne nous accorde pas de faveurs. Nous identifions des terrains, tant du côté municipal et que du côté privé, pour évaluer lesquels présentent des avantages en notre faveur. Il faut aussi que le prix nous convienne parce que nous venons d’acheter le terrain adjacent à notre centre culturel. Nous y avons un projet de salle multifonctionnelle », mentionne M. Golli.

Il laisse ainsi entendre que l’Association n’aurait pas les moyens de verser plus d’un million $, le prix exigé pour plusieurs sites d’intérêt. « Nous évaluons la possibilité de n’acheter qu’une partie du terrain. Nous n’avons pas qu’à acheter le terrain. Il faut aussi dépenser pour l’aménager pour qu’il soit conforme. Le terrain de la Ville n’a jamais servi comme dépotoir et il y a de bonnes chances qu’il soit admissible selon nos critères. Nous évaluons quatre sites à Sherbrooke et autour. L’ex-conseiller Robert Pouliot nous a entre autres mis en contact avec des propriétaires à la limite des villes de Sherbrooke et de North Hatley. »

Volonté plus claire

M. Golli mentionne que la volonté politique est plus claire depuis l’élection de novembre et qu’un emplacement pourrait être choisi d’ici la fin de l’année. 

Le président de l’ACIE affirme ne pas souhaiter un projet commun avec la Coopérative funéraire musulmane du sud-est, qui caresse elle aussi un projet de cimetière musulman. « Nous ne pouvons pas considérer cette initiative parce qu’elle ne respecte pas toutes les règles. Nous voulons un cimetière musulman conforme aux rites funéraires musulmans. Il est clair que nous ne partageons pas la même vision. »

À la Coopérative, le président Mohamed Soulami prône la main tendue et préfèrerait un projet unique pour toute la communauté musulmane. « Nous avons fait une proposition pour travailler ensemble. La main a toujours été tendue. »

M. Soulami indique avoir signé une promesse d’achat pur un terrain qu’il ne veut pas identifier. « Nous devons encore respecter certaines conditions, mais j’ai confiance que ce soit complété d’ici la fin de 2018. Nous pourrons alors rendre les détails publics. » Il ne s’agirait toutefois pas d’un terrain municipal, puisque la Ville de Sherbrooke n’a reçu aucune demande de la Coopérative.

La Coopérative compterait une centaine de membres et serait en contact avec les communautés musulmanes d’autres villes, notamment en Montérégie et au Centre-du-Québec. « Une partie du financement reste à faire. Nous voulons desservir une communauté plus large que seulement celle de Sherbrooke. Nous souhaitons nous montrer inclusifs aussi, parce exemple pour que les couples mixtes puissent être enterrés proche les uns des autres. Nous n’imposerons pas de façons de faire. Il faut un espace pour que les couples de confessions différentes puissent être côte à côte. »