Entouré de quelques candidats, le maire défait et chef du Renouveau sherbrookois Bernard Sévigny s'est incliné devant le verdict brutal.

Choc brutal pour le Renouveau sherbrookois

Le Renouveau sherbrookois s’est fait montrer la porte par l’électorat. Non seulement le maire sortant Bernard Sévigny a été défait, seulement deux membres de son équipe, Danielle Berthold et Vincent Boutin, retrouveront leur siège au conseil municipal. Le verdict, brutal, a renversé la centaine de personnes rassemblées au Bouchon, dimanche.

Dès le début de la soirée, le nouveau maire Steve Lussier s’est forgé une avance qu’il n’a jamais perdue. Si les candidats du Renouveau refusaient de paniquer, le calme ambiant trahissait une inquiétude qui s’est aggravée au fur et à mesure que les minutes passaient. En fin de soirée, personne, au sein du parti, ne savait expliquer la débandade.

Il aurait fallu attendre après 22 h pour que Bernard Sévigny, réfugié au deuxième étage du restaurant, où les médias n’étaient pas admis, présente son discours.

« C’est ça la politique. Le jour où on accepte de gagner en politique, implicitement, on accepte de perdre en politique. Nous le faisons en toute dignité. Quand la démocratie parle, il faut savoir s’incliner devant le verdict populaire. Vous devez savoir que j’ai été extrêmement fier d’avoir servi la ville de Sherbrooke », a dit M. Sévigny.


Bernard Sévigny

Le maire défait ne voulait pas se lancer dans les analyses pour expliquer ce qui ne passait pas auprès des électeurs. Il ne voyait pas non plus ce qu’il ferait de différent. « Manifestement, il y a eu un désir de changement. Les chiffres parlent. Avant d’en faire une analyse plus étoffée, on va laisser un peu la poussière retomber. Les gens ne m’ont pas suivi et ont très peu suivi mon équipe. Les gens ont décidé d’aller ailleurs et il faut respecter ce comportement collectif. Avec le recul des dernières semaines, il n’y a pas grand-chose que j’aurais changé. »

Bernard Sévigny a refusé de se prononcer sur l’avenir de son parti. Il ne s’avançait pas à savoir s’il demeurerait chef de la formation politique. « On n’est pas là. Je vous livre à chaud mes réactions et je n’en dis pas plus pour le reste. Je n’ai pas d’opinion à ce moment-ci. Ne me demandez pas de faire de l’analyse du parti ou de la ville. On va arrêter ça là. »


Il est un peu tôt pour tirer des conclusions. Est-ce qu’on a mal livré notre message?
Vincent Boutin

Diane Délisle ne le voyait pas comme un désaveu envers les partis politiques, soulignant la bonne performance d’Hélène Pigot et de Sherbrooke Citoyen. « Les gens ont décidé que c’était comme ça qu’ils voyaient leur ville. J’espère qu’ils n’auront pas de regret dans un an. Des projets ont été mal compris par la population, dont Well inc. Peut-être que des gens ont fait en sorte que ce soit mal compris. Le fait qu’on ne soit pas allé en appel d’offres a créé une mauvaise impression auprès de la population. Ceux que j’ai rencontrés, j’ai pu leur expliquer.»

Vincent Boutin n’entend pas quitter le Renouveau sherbrookois. « Il est un peu tôt pour tirer des conclusions. Est-ce qu’on a mal livré notre message? Est-ce que c’est un vent de changement? Des milliers de personnes ont voté pour les idées qu’on défend. Il y a un résultat, mais il y a quand même des gens qui nous ont fait confiance et qui ont voté pour nous. Il faut bâtir là-dessus. »

Danielle Berthold qualifiait la défaite de son parti de dégelée. « On va apprendre à travailler avec les autres. On a été élus par nos concitoyens, donc on est là pour répondre à leurs besoins. Ça me fera plaisir de travailler avec M. Lussier, je suis une fille de communication. Je vais m’adapter. »

Incapable de parler de l’avenir du parti, elle ne pouvait pas cerner une cause de la défaite des siens non plus.

Enfin, Bruno Vachon croit en un vent de changement. « Les gens ont voulu autrement. À Montréal il y a un vent de changement. Il y a des vagues. Ce qui s’est passé, je ne le sais pas. Je n’ai pas été mal reçu. »

M. Vachon croit encore que Bernard Sévigny était l’homme de la situation. « C’est un signal clair lancé par les Sherbrookois. J’ai été associé au Renouveau sherbrookois depuis le début. J’étais très associé à M. Sévigny. Il n’était pas question, pour moi, parce qu’il y avait un vent, de quitter le navire. »

Bruno Vachon