Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
La directrice générale et cofondatrice d’Espace-Inc, Chloé Legris.
La directrice générale et cofondatrice d’Espace-Inc, Chloé Legris.

Chloé Legris, une « effrontée » inspirante

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Article réservé aux abonnés
SHERBROOKE  - Effrontée, Chloé Legris? Oui, mais... peut-être pas au sens où on l’entend. La directrice générale et cofondatrice d’Espace-Inc se retrouve parmi les 21 portraits féminins du livre jeunesse Effrontées, qui met en lumière le parcours de femmes inspirantes.

Chloé Legris se retrouve ainsi aux côtés de l’ancienne première ministre Pauline Marois, l’aventurière Mylène Paquette et la Dre Joanne Liu, pour ne nommer qu’elles.

L’autrice Christine Renaud revient sur le parcours de l’ingénieure au moment où elle a travaillé à la création de la réserve internationale de ciel étoilé, alors qu’elle était chargée de projet à l’ASTROLab. La réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RICEMM) est la toute première réserve internationale certifiée par l’International Dark Sky Association.

Lorsque l’idée a germé, la pollution lumineuse laissait planer beaucoup d’inquiétudes pour les activités de l’observatoire du Mont-Mégantic. Il fallait interpeller les gens sur la question et leur faire comprendre que les répercussions de ce type de pollution allaient au-delà des préoccupations des astronomes. 

« Comme c’est écrit, j’étais jeune, j’étais une femme, et en plus, j’ai toujours eu l’air jeune. Ma crédibilité, il a fallu la bâtir pas à pas. Nul n’est contre la vertu : tout le monde trouvait ça cute, trouvait que c’était une belle cause. Mais dans la notion du sérieux et de l’envergure comme j’ai fini par lui donner, je ne pense pas que personne pensait qu’on se rendrait là. Les gens étaient gentils, mais crédules. On a réussi à donner une envergure à ce projet-là et ça a rendu la région d’autant plus fière de se rendre compte que finalement, ça avait une portée internationale. »

Chloé Legris raconte qu’on pensait souvent qu’elle était stagiaire ou étudiante. « C’est sur la durée que les gens voient la pertinence, la crédibilité, la rigueur du travail », dit-elle en soulignant qu’elle a notamment mené le dossier en mettant de l’avant l’efficacité énergétique. 

Christine Renaud note que ces femmes ont senti, à un moment de leur vie, qu’elles n’avaient pas leur place. Or, elles s’en sont servi comme moteur pour avancer. 

Pas à sa place : Chloé Legris l’a senti, elle aussi, en début de carrière. « J’ai eu mes enfants pendant le baccalauréat. Je suis sortie de là avec des mégas questions existentielles. À vouloir donner du sens à ce que j’allais faire. Comme le livre le dit, entre travailler dans le génie pour optimiser des chaînes de production et des véhicules polluants, et m’occuper de mes deux enfants, j’étais vraiment en conflit de valeurs. C’était ça le point de départ dans ma démarche (...) Je me suis dit : la société a payé pour m’éduquer comme ingénieure, il faut que je mette ça à profit, dans quelque chose qui va avoir du sens pour moi, pour l’environnement et la société. » 

Elle constate avec satisfaction que les étudiants en génie ont aujourd’hui une grande préoccupation pour l’environnement. 

Le chemin parcouru et celui à parcourir

Aujourd’hui, la réserve internationale de ciel étoilé (RICEMM) est l’un des fleurons de la région. L’intérêt pour le sujet a grandi. On ne parle pas que de redonner la lumière aux étoiles, on se penche de plus en plus sur les effets de la pollution lumineuse sur la santé.

Chloé Legris continue de suivre le dossier de loin, en regardant aller ses amis de l’ASTROlab. Mais tout n’est pas gagné dans la lutte à la pollution lumineuse. « Il y a beaucoup de chemin à faire si on voulait complètement revoir nos façons de faire. Avec des opportunités de design urbanistique, on pourrait vraiment imaginer nos ciels éclairés de nuit de façon complètement différente, mais on n’est vraiment pas là, on est encore très conventionnel (...) Il y a du progrès, mais je ne suis pas sûre que l’amélioration qu’on voit vient compenser la surabondance. » 

Chloé Legris dit s’être sentie privilégiée de se retrouver dans les pages du livre... et comme une imposteur lorsqu’elle a appris que son nom figurerait à côté de celui de Pauline Marois, notamment. 

Elle salue l’exercice, qui permet de mettre en lumière toutes celles qui ont avancé en croyant à leurs valeurs et à leurs convictions.

Vous voulez voir?

Pour souligner le lancement du livre (déjà en librairie), l’autrice Christine Renaud convie les gens à un événement familial de « braindates virtuelles », le 8 mars, entre 15 h et 19 heures. Pour participer à l’événement, visitez le https:signup.braindate.com/fr/effrontees. Chloé Legris sera présente à 16 h.