Un nouveau règlement encadrant les chiens dangereux entrera en vigueur le 3 mars.
Un nouveau règlement encadrant les chiens dangereux entrera en vigueur le 3 mars.

Chiens dangereux: pour une approche « fromage suisse »

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Leo Joy, le mari de Dominique Alain, cette femme qui a été attaquée violemment par trois chiens à Potton en 2019, croit que la méthode du gouvernement pour lutter contre les chiens dangereux n’est pas suffisante. Il préconise l’ajout de couches de sécurité supplémentaires.

Rappelons qu’un nouveau règlement encadrant les chiens dangereux entrera en vigueur le 3 mars. Tous les propriétaires de chiens devront notamment les enregistrer auprès de leur municipalité. Les chiens qui causent des blessures par morsure seront signalés au gouvernement. Ce sont les municipalités qui devront faire appliquer les mesures.

« De demander aux municipalités de faire un suivi et d’avoir un registre n’est qu’un seul niveau de sécurité et ce ne sera pas suffisant pour empêcher que ce qui est arrivé à Dominique ne se reproduise, déplore M. Joy qui a envoyé une longue lettre d’opinion à La Tribune. On ne peut pas réduire le risque sans avoir plusieurs couches de sécurité. Quand on voyage à l’aéroport par exemple, il y a plusieurs niveaux de sécurité pour que les attaques ne se répètent pas. Le même principe devrait s’appliquer aux chiens dangereux. Si on met plusieurs tranches de fromages suisses l’une par-dessus l’autre, à un moment donné les trous sont bouchés. »

D’autres couches

En plus de mesures mises de l’avant par le gouvernement, M. Joy propose notamment la formation obligatoire des propriétaires de chien, la surveillance des agences telles que la SPA, une assurance obligatoire, aucune tolérance de morsures sérieuses, l’usage de micropuces pour tous les chiens et des lois sur le port de bride et de muselière.

« Il est possible qu’une couche de sécurité doive être ajoutée, rajoute M. Joy dans sa lettre. Il peut s’agir d’outils de restriction ou de stérilisation et le contrôle de la reproduction. Ceci ne devrait surprendre personne impliqué quotidiennement dans la gestion du risque. »

« Le problème demande une solution globale et non de s’en remettre aux municipalités, poursuit M. Joy. Quand je fais du vélo je passe dans plusieurs municipalités, est-ce que je vais être correct dans une et me faire attaquer dans l’autre? »

M. Joy admet toutefois qu’il est utopique de penser que les propriétaires de chiens accepteront toutes ces couches de sécurité. Il estime toutefois qu’il s’agit de la bonne chose à faire.

 « Quand il y a eu des mesures supplémentaires dans les aéroports, je ne connais personne qui était excité à l’idée, résume-t-il. Mais on l’a fait quand même et c’est devenu la norme maintenant. »