Le groupe de citoyens opposés au projet de développement immobilier sur le chemin Rhéaume à Sherbrooke crie victoire à la suite de la décision du juge Alain Roy de la Commission municipale du Québec.
Le groupe de citoyens opposés au projet de développement immobilier sur le chemin Rhéaume à Sherbrooke crie victoire à la suite de la décision du juge Alain Roy de la Commission municipale du Québec.

Chemin Rhéaume : victoire de «David contre Goliath!»

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
«Cette cause-là, c’était vraiment David contre Goliath!»

Le groupe de citoyens opposés au projet de développement immobilier sur le chemin Rhéaume à Sherbrooke crie victoire à la suite de la décision du juge Alain Roy de la Commission municipale du Québec.

Ce dernier en arrive à la conclusion que le règlement 1200-107 n’est pas conforme au Schéma d’aménagement et de développement révisé de la Ville de Sherbrooke.

Rappelons que ces citoyens contestaient la conformité des règlements autorisant le projet immobilier dans un milieu naturel à très haute valeur écologique sur le chemin Rhéaume.

« Un groupe de bénévoles qui ont à cœur la protection de l’environnement d’un côté, et l’équipe des services juridiques d’une grande ville du Québec de l’autre. Alors aujourd’hui, on savoure pleinement cette victoire citoyenne », dit Catherine Boileau, co-représentante du groupe citoyen.

Pour Amélie Hébert-Chaput, professionnelle en environnement et co-représentante du groupe citoyen, il s’agit d’une victoire collective.

« Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à cette victoire : les 21 signataires qui ont permis d’entamer la démarche », lance-t-elle.

Elle souligne que les élus Évelyne Beaudin, Pierre Avard, Marc Denault, Karine Godbout et Annie Godbout et le directeur de cabinet de Sherbrooke Citoyen, Claude Dostie, se sont élevés contre le projet.

Catherine Boileau

Pour les co-représentantes ce jugement donne de la force aux grandes orientations du schéma d’aménagement des municipalités. « Quand une municipalité inscrit dans son schéma d’aménagement qu’elle va protéger les milieux humides, valoriser le territoire rural et agricole et limiter l’étalement urbain, ce ne sont pas des vœux pieux, c’est un devoir, un réel engagement qui vient avec des responsabilités », affirme Mme Hébert-Chaput.

« On espère que ce jugement va faire jurisprudence et aider la cause de la protection des milieux naturels à travers le Québec. »

« Maintenant qu’un jugement vient confirmer que seul un projet immobilier dont l’ampleur est d’environ 18 lots peut voir le jour sur ce terrain, nous croyons que la table est mise afin que la Ville entame de réelles démarches d’acquisition et de protection ferme de ce terrain à très haute valeur écologique », suggère pour sa part Mme Boileau.

« Nos démarches à la Commission municipale du Québec a permis de cerner les limites de l’obligation de la Ville de Sherbrooke à respecter ses promesses de 1998. Oui, elle doit autoriser la construction d’un projet immobilier de 18 lots. Non, elle ne peut pas autoriser un projet immobilier de 50 lots. »

Les deux femmes appellent maintenant la Ville de Sherbrooke et toutes les municipalités du Québec à prendre au sérieux leurs engagements pour la protection des milieux naturels.