Chats et chiens robotisés dans les CHSLD

Des chats et des chiens robotisés ont fait leur apparition ces derniers mois dans les CHSLD de Sherbrooke. Dès la semaine prochaine, ils apparaîtront aussi dans plusieurs autres CHSLD du CIUSSS de l’Estrie–CHUS et pourraient encore se multiplier dans les prochains mois. Ces petites bêtes à poil, qui ressemblent étrangement à de vrais animaux et qui peuvent miauler, ronronner et réagir à certaines caresses, apportent un grand réconfort aux résidents des CHSLD.

« Nous avons pu nous procurer quelques chats et chiens robotisés grâce à la Fondation Vitae. Face à l’intérêt que ces animaux robotisés procurent, nous avons décidé d’en faire profiter davantage de CHSLD. Il y a aussi certaines familles qui, voyant les bienfaits pour leur proche, ont décidé d’acheter un chat ou un chien robotisé, qui peut donc rester dans la chambre en tout temps », explique Pierrot Richard, chef de service des secteurs loisirs et bénévolat et volet santé.

C’est le cas de Hélène Ouellet, qui possède son propre chat robotisé depuis qu’elle est hébergée en CHSLD. Au cours de l’entrevue, Picasso est assis sur elle et ronronne. Il bouge aussi, selon certaines caresses. Mme Ouellet le flatte sans s’arrêter. « J’aime Picasso. Il reste chez nous (NDLR : dans sa chambre du CHSLD), je ne suis pas toute seule. Même mon petit-fils aime le caresser quand il vient voir sa grand-mère. Souvent, Picasso dort avec moi. Mais des fois, ça ne lui tente pas et il s’en va. Il mange aussi », raconte Mme Ouellet.

Picasso, le chat robotisé, ne marche pourtant pas. Il ne mange pas non plus. Mais la résidente s’est tellement prise au jeu qu’elle le considère comme un vrai chat. Comme un membre de sa famille. Comme un ami qui est toujours là pour elle.

« Pour nous, c’est très rassurant de savoir que notre mère a un compagnon. Et on se prête au jeu. Nous aussi on flatte Picasso quand on vient rendre visite à notre mère! » s’exclame en riant Nathalie De Pauw, la fille de Mme Ouellet.

Disponibles de jour comme de nuit

Une question s’impose : pourquoi pas des vrais chats et des vrais chiens?

« Nous faisons de la zoothérapie et des activités de zooanimation et on connait tous les bienfaits de ces activités. Mais il y a des coûts, il y a des contraintes de temps, d’espace, de disponibilités, on ne peut pas nécessairement aller aux chambres. Tandis que les chats et les chiens robotisés sont toujours disponibles, de jour comme de nuit », nuance Pierrot Richard.

Ces animaux sont plutôt nouveaux sur le marché. Il n’y a pas si longtemps, ils n’étaient ni abordables ni très réalistes. « Ces chats et ces chiens coûtent 175 $. En plus, ils sont réalistes sans être infantilisants. Ils ne ressemblent pas à des toutous », souligne le chef de service.

Les bienfaits sont grands pour les résidents. D’abord, ils permettent aux usagers de se désennuyer grâce à ce compagnon. Les petits robots offrent aussi un moyen de communication aux résidents qui parlent peu. L’animal va aussi permettre d’apaiser le stress et l’anxiété chez les aînés qui souffrent de problèmes cognitifs.

« À la maison, nous avons du matériel pour nous divertir. Les gens qui arrivent dans les CHSLD ont souvent dû laisser bien des choses derrière eux. Certaines personnes ont peu ou pas de visites. L’animal robotisé leur permet non seulement de se rappeler des bons souvenirs, mais apporte aussi un volet affectif, un contact physique agréable qui est souvent rare dans un CHSLD », ajoute Pierrot Richard.

Pour le moment, ce sont les techniciens en loisirs qui donnent vie à ces compagnons à poils. Éventuellement, ils seront accessibles aux préposés aux bénéficiaires et aux infirmières qui pourraient les utiliser s’ils pensent que le petit animal pourrait faire du bien à un résident qui vit une moins bonne journée.

Dans un contexte où la main-d’œuvre se fait rare en CHSLD, est-ce une bonne façon de distraire les résidents à faible coût? « Même si nous avions tous les bras dont nous avions besoin dans les CHSLD, le contact avec le chiot ou le chat robotisé serait quand même bénéfique; il est différent grâce à tous les bienfaits qu’il apporte », insiste Pierrot Richard.