Thérèse Chouinard explique la technique de l’orpaillage au Centre d’interprétation de la mine d’or de Chartierville.
Thérèse Chouinard explique la technique de l’orpaillage au Centre d’interprétation de la mine d’or de Chartierville.

D’or et demagnétisme [VIDÉOS]

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Connu pour sa côte magnétique, Chartierville conserve aussi un trésor sur son territoire : de l’or.

Bien avant que l’on remarque le phénomène de la côte magnétique sur la route 257 qui mène aux États-Unis, un Abénaquis métis, qui avait suivi des études en géologie, avait décelé la présence d’or sur le territoire qui était connu comme le Canton d’Emberton en 1862. 

Lors de cette première phase de prospection, l’or était cherché en surface.

Thérèse Chouinard garde bien vivante cette mémoire historique et géologique, au Centre d’interprétation de la mine d’or de Chartierville ouvert en 2004.

« Ici, ce n’est pas des filons d’or comme en Abitibi, mais un placer d’or qui était exploité, un peu comme au Yukon. C’est de l’or qui se trouvait dans l’eau sous forme de pépites et de paillettes », explique Mme Chouinard, qui remarque que certains orpailleurs cherchent encore de l’or dans le ruisseau Mining.

Sur le site, un sentier d’environ 3,5 kilomètres longe le cours d’eau pour mener au puits de l’ancienne mine d’or. Un pont suspendu permet d’accéder à l’entrée du tunnel qui a été creusé au pic et à la pelle de 1933 à 1942, à l’époque de la Gold Mining Company.

Une démonstration de la prospection de l’or dans des bassins aménagés devant le centre d’interprétation est même réalisée.

« On ne veut pas que l’histoire d’ici se perde. On montre la technique de l’orpaillage. On fait aussi un peu de géologie. Maintenant, c’est historique et géologique. On améliore le site d’année en année. Le sentier est accessible même si le centre d’interprétation est fermé », détaille Thérèse Chouinard. 

Le conseiller municipal Claude Sévingy est responsable du Centre d’interprétation de la côte magnétique de Chartierville.

Côte magnétique

À l’autre bout de la municipalité par la 257, c’est la côte magnétique et son centre d’interprétation, inauguré en 2013, qui servent de pôle d’attraction pour les visiteurs.

« Les gens qui nous visitent se rendent rapidement compte qu’il n’y a pas seulement la côte magnétique à Chartierville. S’ils ont le temps, ils vont dans nos autres attractions, sinon ils reviennent. Il y a un magnétisme pour la côte et une fièvre pour l’or qui incite les gens à revenir », note le conseiller municipal Claude Sévigny.

Mais cette côte magnétique, qui est en fait une illusion d’optique, fascine.

« C’est la nature qui nous joue des tours », explique Ginette Faucher au Centre d’interprétation de la côte magnétique.

Des dizaines de véhicules par jour suivent les instructions inscrites sur la pancarte brune affichée en bordure de la route 257 par le gouvernement du Québec il y a plusieurs décennies.

Une fois les clignotants d’urgence actionnés et le véhicule mis au point mort pour dégager ses freins et sa force de traction, conducteur et passagers sont invités à regarder vers l’arrière ou dans le rétroviseur pour constater que le véhicule remonte la côte… sans la moindre force motrice.

« On aimerait bien que ce soit un aimant qui tire les véhicules vers le haut de la pente, mais c’est vraiment un phénomène optique », illustre M. Sévigny. 

Si le phénomène a été constaté dans les années 1940, Claude Sévigny signale que la côte magnétique de Chartierville a commencé à être mise en valeur dans les années 1970.

« Le centre d’interprétation accueille plus de 700 personnes entre la Saint-Jean et la fête du Travail du mercredi au dimanche. Il y en a facilement le double qui essaye la côte sans s’arrêter au centre d’interprétation », indique Claude Sévigny.

Le site aménagé en bordure de la route 257 permet de percer le secret de ce phénomène.

Les visiteurs sont aussi invités à gravir la pente menant à la frontière canado-américaine. Un belvédère offrant une vue exceptionnelle sur les sommets des Cantons-de-l’Est a été aménagé à côté de la croix érigée par les Chevaliers de Colomb.

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