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Chartierville mise sur son dynamisme
Chartierville mise sur son dynamisme
La propriétaire du dépanneur de Chartierville, Hélène Lescault : « Chartierville, c’est l’endroit le plus chaleureux. Nous sommes une grande famille. Tout le monde se connaît. La dynamique du village change en été ou en hiver, mais les gens restent impliqués »
La propriétaire du dépanneur de Chartierville, Hélène Lescault : « Chartierville, c’est l’endroit le plus chaleureux. Nous sommes une grande famille. Tout le monde se connaît. La dynamique du village change en été ou en hiver, mais les gens restent impliqués »

L’essor d’une localité dynamique

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Chartierville peut compter sur un magasin général et une église comme points de rassemblement.

De la cantine complète au comptoir à crème glacée, du bois de feux de camp aux bonbons en passant par les articles de dépanneur, les produits locaux ou même les pièces pyrotechniques, le dépanneur Lescault est le seul commerce à des kilomètres à la ronde.

Propriétaire de l’endroit depuis sept ans, Hélène Lescault demeure au fait des allées et venues de ses concitoyens.

« Chartierville, c’est l’endroit le plus chaleureux. Nous sommes une grande famille. Tout le monde se connaît. La dynamique du village change en été ou en hiver, mais les gens restent impliqués », signale Hélène Lescault.

Le dépanneur Lescault offre même un gîte de trois chambres et s’occupe de l’accès au camping municipal sauvage.

Le magasin général Lescault avait pignon sur rue à Chartierville dès 1906. Moulin à scie, forge, barbier, garage et même un bar-salon se sont établis au fil des décennies dans la municipalité.

Il y a près d’un siècle, soit en 1923, la population de Chartierville atteignait 975 personnes.

« Mes parents ont déjà possédé le bar qui était situé juste à côté du dépanneur. J’en ai à mon tour été propriétaire. La bâtisse a été démolie il y a quelques années », mentionne Chantal Beaudoin qui a toujours résidé au cœur du village.

Colonisation

C’est par le chemin de la mine Pope que sont arrivés les membres de l’expédition de la société de colonisation de Saint-Hyacinthe en 1870.

Le territoire a alors été baptisé en l’honneur du curé de Coaticook, l’abbé Jean-Baptiste Chartier, qui faisait partie de l’expédition de fondation.

« Ils sont arrivés à cheval en plein bois. Un arpenteur marquait les arbres. Une croix de chemin en bouleau a été érigée sur ce qui est devenu le rang Saint-Paul et une messe y a été célébrée », explique une citoyenne de Chartierville, Louise Philibert-Poirier.

Dans le cadre des festivités entourant le 150e anniversaire de Chartierville, cette citoyenne a retracé l’histoire de la municipalité en se basant sur divers ouvrages, notamment sur le livre de Yvette Labonne Histoire d’une région étoilée, ainsi que sur des archives de plusieurs familles.

Sous diverses thématiques, Louise Philibert-Poirier a étayé l’histoire de la municipalité.

« Une ligne du temps sera affichée dans l’église afin que les gens puissent y ajouter des éléments », mentionne-t-elle.

« Question de survie »

Encore aujourd’hui, cette église sert de point central pour la communauté.

« Le dynamisme de notre population est une question de survie. Lorsqu’il y a une activité à Chartierville, les gens embarquent. L’église ne sert pas juste aux messes aux deux semaines, aux mariages et aux funérailles, mais aussi comme endroit de rassemblement. C’est patrimonial. Ça fait partie du décor. Elle est ouverte en tout temps. Mon mari entretient le cimetière qui est aussi visité par de nombreuses personnes qui ont déjà eu de la famille ici », indique Suzanne Roy qui est une Chartiervilloise d’origine.

C’est avec le Festival de la chasse qui devait fêter cette année sa 58e édition que l’église peut notamment être entretenue. Cet édifice de la route Saint-Hyacinthe, qui sert aussi lors du Festival Musique aux Sommets, a été érigé en 1896, au moment où la localité était en plein essor.  

C’est à partir de l’acte de rapatriement des Canadiens exilés aux États-Unis de 1875 combiné aux efforts de l’homme d’affaires, avocat et journaliste Jérôme Adolphe Chicoyne par des appels dans le Courrier de Saint-Hyacinthe et Le Pionnier de Sherbrooke que Chartierville s’est réellement peuplé.

La population est alors passée de 8 à 322 personnes en 1875.

En 1878, Chartierville comptait 381 âmes, pour utiliser les termes de l’époque, soit plus que la population actuelle.

« La vie était très difficile. Des terres de 100 acres étaient offertes à prix abordable. On dit que les colons arrivaient avec courage, foi et espérance », mentionne Louise Philibert-Poirier.