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Chartierville mise sur son dynamisme
De village en visages
Chartierville mise sur son dynamisme
Dans les hauteurs de Chartierville, le panorama des Cantons-de-l’Est est époustouflant. Mais c’est au cœur du village, quelques kilomètres en contrebas, que l’âme de Chartierville se manifeste et que le magnétisme opère.
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Le magnétisme des habitants de Chartierville 

De village en visages

Le magnétisme des habitants de Chartierville 

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Dans les hauteurs de Chartierville, le panorama des Cantons-de-l’Est est époustouflant. Mais c’est au cœur du village, quelques kilomètres en contrebas, que l’âme de Chartierville se manifeste et que le magnétisme opère.

La localité compte 282 citoyens, mais la mise en commun de leurs talents et de leur grand cœur décuple leur nombre de façon exponentielle.

Et c’est tous azimuts que les trésors de cette localité du Haut-Saint-François se révèlent. 

À la croisée des routes 257 et 210, à quelques kilomètres de la frontière canado-américaine qui donne sur le New Hampshire, la côte magnétique se déploie à cinq kilomètres devant, la mine d’or à distance semblable derrière, une galerie d’art et bientôt un sentier artistique et poétique sur la droite et les vastes étendues des Appalaches pour le ski hors-piste ainsi qu’un éventuel développement de sentiers de vélo de montagne de haut calibre sur la gauche.

« Chartierville fait l’envie des autres municipalités du coin en raison de nos nombreux attraits et du dynamisme de notre population », signale le conseiller municipal Claude Sévigny. 

Lors de la première édition du Festival Musique aux Sommets en 2016, ils étaient près d’une centaine de bénévoles de la municipalité à se serrer les coudes pour accueillir les visiteurs.

« Ce qu’il y a de vraiment particulier à Chartierville, c’est que les gens se tiennent », souligne le président du festival, Jean Bellehumeur.

Vent nouveau

La directrice générale de la municipalité Paméla Blais indique que ce festival insuffle un vent de renouveau à Chartierville.

« Le festival nous offre une visibilité à l’extérieur. Le bénévolat à Chartierville est vraiment incroyable », souligne Paméla Blais.

Lors du Festival Musique aux Sommets, à la mi-août, le village attire des milliers de visiteurs. 

« Nous avons attiré des foules de 2500 à 3000 personnes. C’est presque dix fois la population de Chartierville. Nos bénévoles sont extrêmement efficaces. La qualité sonore n’a rien à envier aux festivals de musique dans les grandes villes. L’objectif du festival est de mettre Chartierville sur la map. Les gens se déplacent de Sherbrooke, Magog, Granby et même de Trois-Rivières, Ottawa ou Québec pour venir nous voir », signale Jean Bellehumeur. 

Avec la présence d’un orchestre symphonique chaque année, l’Orchestre du septième art ou l’Orchestre symphonique de Sherbrooke, Musique aux Sommets se démarque. Si la présence de Roch Voisine en 2020 a dû être reportée étant donné l’annulation de l’événement en raison de la COVID-19, Sylvain Cossette, France d’Amour, le Boogie Wonder band et Marc Hervieux ont déjà foulé les planches de la scène aménagée sous le chapiteau du terrain municipal au plus fort de la période des Perséides au fil des ans.  

« Ici, on retrouve ce qui existait dans ma jeunesse, c’est-à-dire une véritable vie de communauté. Les gens de Chartierville s’entraident beaucoup », ajoute Jean Bellehumeur, qui avait aménagé son chalet en 1972, mais qui est établi à l’année à Chartierville depuis 2003.

Le défi de renouveler la population

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Le défi de renouveler la population

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Comme bien des petites localités, Chartierville fait face au défi du renouvellement de sa population.

Née dans une famille dont les ancêtres ont contribué à l’essor de Chartierville à la fin du 19e siècle, Chantal Beaudoin constate ce vieillissement tout en demeurant très impliquée dans les activités de la municipalité.

« Je suis née ici et j’y ai élevé ma famille. C’est un beau coin de pays tranquille, mais malheureusement il y a de moins en moins de jeunes familles. Je n’ai jamais regretté mon choix de rester ici dans ce milieu beaucoup plus sécuritaire et moins inquiétant que la grande ville », constate Mme Beaudoin.

La Municipalité de Chartierville multiple les initiatives pour attirer et garder les jeunes familles sur son territoire.

Un mini-golf authentique a été inauguré cet été au terrain municipal tout près du jeu modulaire pour enfants et du terrain de balle. Une surface de dek hockey avait été aménagée il y a deux ans.

« La moyenne d’âge de la population dépasse les 50 ans. La plupart des gens travaillent à l’extérieur de Chartierville. Le conseil municipal est très sensible à ce défi d’attirer de nouvelles familles. Plusieurs idées se concrétisent en ce sens. Le mini-golf est la dernière mise en place et ça fonctionne très bien », signale la directrice générale de Chartierville, Paméla Blais.

Alors qu’il était maire de la municipalité, Jean Bellehumeur avait lancé avec le comité de développement économique de l’époque une réflexion sur l’avenir de Chartierville.

« L’étude en venait à la conclusion qu’il était difficile d’attirer de nouvelles industries au bout de la route 257 », mentionne Jean Bellehumeur.

Après analyse, le secteur récréotouristique a alors été ciblé par le conseil municipal pour attirer les visiteurs, mais aussi pour que les gens s’y établissent.

Des contacts ont été établis avec le groupe Ski Eldorado Estrie afin de développer le potentiel de ski hors-piste et du vélo de montagne dans les sommets frontaliers qui ceinturent Chartierville.

Jean Bellehumeur soutient que l’arrivée de Ski Eldorado ou du Domaine Lauz Altitude sont étroitement liés au dynamisme de Chartierville constaté notamment dans le cadre du Festival Musique aux Sommets.

L’ancien maire et président du Festival Musique aux Sommets Jean Bellehumeur.

La paix et la beauté

Le projet Lauz Altitude vise à construire des chalets pour profiter des sentiers de randonnée ou de motoneige sur un domaine privé de plus de 800 acres en montagne.

« Le monde attire le monde », espère Jean Bellehumeur.

Chantal Beaudoin constate les efforts pour revitaliser Chartierville.

« Pour ceux qui veulent faire du ski hors-piste ou du vélo de montagne, c’est la place. Ici, tu as la paix et c’est très beau. Mais je ne pense pas que nous pourrons revenir avec beaucoup de familles comme il y a 20 ou 30 ans. Cependant, il y a plusieurs choses que nous pouvons faire pour garder nos activités avec notre équipe de bénévoles », indique Mme Beaudoin.

« Le club de l’âge d’or est très dynamique et organise beaucoup d’activités », constate la citoyenne Thérèse Chouinard qui s’occupe du centre d’interprétation de la mine d’or.

Originaires de Montréal, Louise Philibert-Poirier et André Philibert sont arrivés à Chartierville lors du retour à la terre des années 70. 

« On ne se voyait pas passer notre vie en ville. Avec la COVID, on semble revivre un peu ce retour à la terre », remarque Louise Philibert-Poirier.

Et les dernières données de la municipalité de Chartierville semblent confirmer cette hypothèse. Depuis le confinement de mars dernier, ce sont 12 propriétés qui ont trouvé preneurs dans la municipalité.

« Ce sont des gens qui proviennent de l’extérieur et nous sommes très heureux de les accueillir à Chartierville. Comme toutes les municipalités plus éloignées, il demeure le défi de l’accès à Internet haute vitesse et de la couverture cellulaire. Les démarches en ce sens se poursuivent », assure Paméla Blais.

Une rue des artistes en développement

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Une rue des artistes en développement

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
La rue Verchères à Chartierville foisonne de créateurs artistiques.

Depuis près d’un demi-siècle, l’artiste peintre André Philibert y est établi.

C’est là qu’il a ouvert sa galerie d’art où les gens peuvent le visiter.

Habitant de ville Saint-Laurent au tournant des années 1970, André Philibert a découvert Chartierville un peu par hasard.

C’est dans une maison de bois taillé pièce sur pièce que André Philibert a établi sa demeure puis son atelier artistique et sa galerie d’art.

« Comme dans la plupart des villages, on retrouve à Chartierville une communauté tissée serrée. Les gens qui passent ici arrêtent à la galerie d’art. Ce n’est pas plus loin que d’aller à Montréal, Québec ou Baie-Saint-Paul. L’éloignement peut être un attrait en soi », signale l’artiste.

Surnommé le peintre de la nuit, André Philibert a été inspiré par une tempête de neige en plein jour à la fin des années 70.

Le bleu et le noir dominants dans ces œuvres à l’acrylique sont caractéristiques de l’artiste.

« Les paysages d’ici m’ont inspiré. Et il y a cette tempête de neige survenue à 10 h le matin avec ce dégradé dans le ciel puis cette ligne d’horizon presque noire. Je travaille encore cette thématique », signale André Philibert.

L’artiste qui a exposé à Montréal, Québec et Toronto accueille les amateurs d’art à son atelier derrière sa résidence de la rue Verchères.

« Des fois ça peut être deux ou trois personnes par semaine, ou deux ou trois par mois. C’est certain que c’est plus achalandé en été. Le Festival Musique aux Sommets a contribué à faire découvrir davantage ma galerie qui est située à moins de 50 minutes de Sherbrooke. À peine plus que de se rendre au travail pour les gens de Montréal », remarque André Philibert.

Sentier en devenir

Si des acteurs y ont déjà répété des rôles, la rue Verchères pourrait aussi bientôt accueillir les amateurs de sculpture et de poésie.

Ébéniste et sculpteur, Claude Sévigny aménage un sentier pour y exposer ses œuvres sur son terrain boisé à l’arrière de sa résidence.

« C’est un petit sentier qui est appelé à grandir. Ça commence lentement », explique Claude Sévigny.

Les balais de sorcière, cette anomalie des conifères qui forme une agglomération de branches et de rameaux, sont la thématique centrale du sentier de Claude Sévigny.

« Je les ramasse et les incorpore dans certaines œuvres. Mes sculptures dans le sentier sont d’inspiration indonésienne et africaine », mentionne Claude Sévigny.

Le conseiller municipal et artiste avoue s’inspirer de Saint-Venant-de-Paquette et de son sentier poétique ainsi que de David Goudreault avec la corde pour y suspendre des poèmes.

« Ce que je fais est à plus petite échelle, mais ce sont des idées qui m’inspirent beaucoup », signale M. Sévigny

L’essor d’une localité dynamique

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L’essor d’une localité dynamique

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Chartierville peut compter sur un magasin général et une église comme points de rassemblement.

De la cantine complète au comptoir à crème glacée, du bois de feux de camp aux bonbons en passant par les articles de dépanneur, les produits locaux ou même les pièces pyrotechniques, le dépanneur Lescault est le seul commerce à des kilomètres à la ronde.

Propriétaire de l’endroit depuis sept ans, Hélène Lescault demeure au fait des allées et venues de ses concitoyens.

« Chartierville, c’est l’endroit le plus chaleureux. Nous sommes une grande famille. Tout le monde se connaît. La dynamique du village change en été ou en hiver, mais les gens restent impliqués », signale Hélène Lescault.

Le dépanneur Lescault offre même un gîte de trois chambres et s’occupe de l’accès au camping municipal sauvage.

Le magasin général Lescault avait pignon sur rue à Chartierville dès 1906. Moulin à scie, forge, barbier, garage et même un bar-salon se sont établis au fil des décennies dans la municipalité.

Il y a près d’un siècle, soit en 1923, la population de Chartierville atteignait 975 personnes.

« Mes parents ont déjà possédé le bar qui était situé juste à côté du dépanneur. J’en ai à mon tour été propriétaire. La bâtisse a été démolie il y a quelques années », mentionne Chantal Beaudoin qui a toujours résidé au cœur du village.

Colonisation

C’est par le chemin de la mine Pope que sont arrivés les membres de l’expédition de la société de colonisation de Saint-Hyacinthe en 1870.

Le territoire a alors été baptisé en l’honneur du curé de Coaticook, l’abbé Jean-Baptiste Chartier, qui faisait partie de l’expédition de fondation.

« Ils sont arrivés à cheval en plein bois. Un arpenteur marquait les arbres. Une croix de chemin en bouleau a été érigée sur ce qui est devenu le rang Saint-Paul et une messe y a été célébrée », explique une citoyenne de Chartierville, Louise Philibert-Poirier.

Dans le cadre des festivités entourant le 150e anniversaire de Chartierville, cette citoyenne a retracé l’histoire de la municipalité en se basant sur divers ouvrages, notamment sur le livre de Yvette Labonne Histoire d’une région étoilée, ainsi que sur des archives de plusieurs familles.

Sous diverses thématiques, Louise Philibert-Poirier a étayé l’histoire de la municipalité.

« Une ligne du temps sera affichée dans l’église afin que les gens puissent y ajouter des éléments », mentionne-t-elle.

« Question de survie »

Encore aujourd’hui, cette église sert de point central pour la communauté.

« Le dynamisme de notre population est une question de survie. Lorsqu’il y a une activité à Chartierville, les gens embarquent. L’église ne sert pas juste aux messes aux deux semaines, aux mariages et aux funérailles, mais aussi comme endroit de rassemblement. C’est patrimonial. Ça fait partie du décor. Elle est ouverte en tout temps. Mon mari entretient le cimetière qui est aussi visité par de nombreuses personnes qui ont déjà eu de la famille ici », indique Suzanne Roy qui est une Chartiervilloise d’origine.

C’est avec le Festival de la chasse qui devait fêter cette année sa 58e édition que l’église peut notamment être entretenue. Cet édifice de la route Saint-Hyacinthe, qui sert aussi lors du Festival Musique aux Sommets, a été érigé en 1896, au moment où la localité était en plein essor.  

C’est à partir de l’acte de rapatriement des Canadiens exilés aux États-Unis de 1875 combiné aux efforts de l’homme d’affaires, avocat et journaliste Jérôme Adolphe Chicoyne par des appels dans le Courrier de Saint-Hyacinthe et Le Pionnier de Sherbrooke que Chartierville s’est réellement peuplé.

La population est alors passée de 8 à 322 personnes en 1875.

En 1878, Chartierville comptait 381 âmes, pour utiliser les termes de l’époque, soit plus que la population actuelle.

« La vie était très difficile. Des terres de 100 acres étaient offertes à prix abordable. On dit que les colons arrivaient avec courage, foi et espérance », mentionne Louise Philibert-Poirier.

D’or et demagnétisme [VIDÉOS]

De village en visages

D’or et demagnétisme [VIDÉOS]

René-Charles Quirion
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La Tribune
Connu pour sa côte magnétique, Chartierville conserve aussi un trésor sur son territoire : de l’or.

Bien avant que l’on remarque le phénomène de la côte magnétique sur la route 257 qui mène aux États-Unis, un Abénaquis métis, qui avait suivi des études en géologie, avait décelé la présence d’or sur le territoire qui était connu comme le Canton d’Emberton en 1862. 

Lors de cette première phase de prospection, l’or était cherché en surface.

Thérèse Chouinard garde bien vivante cette mémoire historique et géologique, au Centre d’interprétation de la mine d’or de Chartierville ouvert en 2004.

« Ici, ce n’est pas des filons d’or comme en Abitibi, mais un placer d’or qui était exploité, un peu comme au Yukon. C’est de l’or qui se trouvait dans l’eau sous forme de pépites et de paillettes », explique Mme Chouinard, qui remarque que certains orpailleurs cherchent encore de l’or dans le ruisseau Mining.

Sur le site, un sentier d’environ 3,5 kilomètres longe le cours d’eau pour mener au puits de l’ancienne mine d’or. Un pont suspendu permet d’accéder à l’entrée du tunnel qui a été creusé au pic et à la pelle de 1933 à 1942, à l’époque de la Gold Mining Company.

Une démonstration de la prospection de l’or dans des bassins aménagés devant le centre d’interprétation est même réalisée.

« On ne veut pas que l’histoire d’ici se perde. On montre la technique de l’orpaillage. On fait aussi un peu de géologie. Maintenant, c’est historique et géologique. On améliore le site d’année en année. Le sentier est accessible même si le centre d’interprétation est fermé », détaille Thérèse Chouinard. 

Le conseiller municipal Claude Sévingy est responsable du Centre d’interprétation de la côte magnétique de Chartierville.

Côte magnétique

À l’autre bout de la municipalité par la 257, c’est la côte magnétique et son centre d’interprétation, inauguré en 2013, qui servent de pôle d’attraction pour les visiteurs.

« Les gens qui nous visitent se rendent rapidement compte qu’il n’y a pas seulement la côte magnétique à Chartierville. S’ils ont le temps, ils vont dans nos autres attractions, sinon ils reviennent. Il y a un magnétisme pour la côte et une fièvre pour l’or qui incite les gens à revenir », note le conseiller municipal Claude Sévigny.

Mais cette côte magnétique, qui est en fait une illusion d’optique, fascine.

« C’est la nature qui nous joue des tours », explique Ginette Faucher au Centre d’interprétation de la côte magnétique.

Des dizaines de véhicules par jour suivent les instructions inscrites sur la pancarte brune affichée en bordure de la route 257 par le gouvernement du Québec il y a plusieurs décennies.

Une fois les clignotants d’urgence actionnés et le véhicule mis au point mort pour dégager ses freins et sa force de traction, conducteur et passagers sont invités à regarder vers l’arrière ou dans le rétroviseur pour constater que le véhicule remonte la côte… sans la moindre force motrice.

« On aimerait bien que ce soit un aimant qui tire les véhicules vers le haut de la pente, mais c’est vraiment un phénomène optique », illustre M. Sévigny. 

Si le phénomène a été constaté dans les années 1940, Claude Sévigny signale que la côte magnétique de Chartierville a commencé à être mise en valeur dans les années 1970.

« Le centre d’interprétation accueille plus de 700 personnes entre la Saint-Jean et la fête du Travail du mercredi au dimanche. Il y en a facilement le double qui essaye la côte sans s’arrêter au centre d’interprétation », indique Claude Sévigny.

Le site aménagé en bordure de la route 257 permet de percer le secret de ce phénomène.

Les visiteurs sont aussi invités à gravir la pente menant à la frontière canado-américaine. Un belvédère offrant une vue exceptionnelle sur les sommets des Cantons-de-l’Est a été aménagé à côté de la croix érigée par les Chevaliers de Colomb.

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