François Rancourt, Annik Giguère et leurs enfants Naomi, Théo et Emma se trouvent présentement dans les mangroves de Tyrell Bay à Carriacou afin d’éviter l'impact de la tempête tropicale Gonzalo.
François Rancourt, Annik Giguère et leurs enfants Naomi, Théo et Emma se trouvent présentement dans les mangroves de Tyrell Bay à Carriacou afin d’éviter l'impact de la tempête tropicale Gonzalo.

Changement de cap pour la famille Rancourt-Giguère

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
La pandémie de la COVID-19 et la tempête tropicale Gonzalo, qui menace le sud de l’arc antillais, parsèment de défis le tour du globe en catamaran de la famille Rancourt-Giguère. Réfugiée sur l’île de Carriacou dans la mer des Caraïbes, celle-ci se voit dans l’obligation de faire quelques modifications à l’itinéraire prévu.

Les deux ex-Wottonnais François Rancourt et Annik Giguère ainsi que leurs enfants de 14, 12 et 10 ans ont quitté la Tunisie en août 2019 pour un périple d’environ deux ans autour du monde. Celui-ci devait les mener en Australie.

Au moment d’écrire ces lignes, la famille se trouve dans les mangroves de Tyrell Bay à Carriacou. Elle termine les derniers préparatifs en vue d’affronter la tempête tropicale Gonzalo qui devrait atteindre la région samedi.

« Nous sommes bien sécurisés dans une zone de mouillage depuis jeudi, un trou à ouragan réputé, rassure François Rancourt au bout du fil. Nous sommes entourés de mangroves, des arbustes tropicaux qui poussent sur les berges de l’eau salée. C’est très robuste et résistant. Ça nous protège contre l’eau et le vent à 360 degrés », précise-t-il l’air assez confiant.

La famille a traversé l’océan Atlantique en janvier pour se rendre sur l’île de la Martinique. Elle se trouvait toujours à cet endroit lorsque les îles françaises ont fermé leurs frontières l’une après l’autre au mois de mars en raison de la pandémie du coronavirus.

« On était pris, mais ce n’était pas malheureux du tout, s’amuse à dire le père de famille. On était dans un mouillage, sur l’eau turquoise, avec du corail et tout ce dont on avait besoin pour vivre. On ne peut pas se poser en victimes », ajoute-t-il en riant.

Malgré tout, les membres de la famille n’ont jamais hésité à poursuivre leur périple. « Notre bateau, c’est notre maison maintenant. On a tout vendu au Québec. Il n’y avait rien qui nous forçait à entrer et de toute façon, ça aurait été compliqué », affirme le propriétaire d’un Lagoon 400, surnommé amicalement L’Alchimiste.

Leur confinement s’est fait dans la ville de Sainte-Anne en Martinique, où se sont rassemblés près de 400 bateaux. « Un village éphémère s’est formé et il y avait une belle solidarité, révèle M. Rancourt. Le matin c’était l’école pour les enfants et l’après-midi, on côtoyait deux familles que l'on connaissait bien dans des bateaux voisins. Ma femme et les enfants sont restés 55 jours à bord du catamaran, alors que moi j’allais chercher le nécessaire avec une autorisation écrite », explique François Rancourt.

Même si tout s’est bien déroulé pendant ce temps, le voyage des Rancourt-Giguère se voit tout de même chamboulé. Ceux qui avaient l’intention de traverser l’océan Pacifique afin de se rendre en Australie doivent maintenant s’adapter aux mesures de sécurité des différents pays.

« Les choses changent tellement vite qu’on ne planifie rien au-delà d’un mois. En ce moment, dans notre plan initial, on traversait le Canal de Panama pour se rendre aux îles Marquises. Compte tenu des circonstances, ce n’est pas très réaliste », raconte M. Rancourt.

L’Alchimiste mettra plutôt le cap vers l’île de Curaçao au nord du Venezuela vers la mi-août. « Si tout se passe bien avec la tempête Gonzalo, on prévoit passer les prochaines semaines ici, aux îles Grenadines, afin d'en profiter autrement ».

« Pour l’instant, il y a une petite fébrilité dans l’air. Les enfants posent beaucoup de questions et on surveille nos écrans pour suivre l’évolution de la situation », confie M. Rancourt.

Pour suivre leur aventure et l'état de la situation, on peut consulter le blogue cata-lalchimiste.blogspot.com ou encore leur page Facebook Catamaran L’Alchimiste.