Abdelilah Hamdache, de l'Institut des mondes arabe et musulman de l'Estrie.

«C'est pénible dans les deux sens»

« Ce n'est pas plus facile d'être accusé de terrorisme que d'être victime de terrorisme. »
En réaction à l'attentat de Québec, le président de l'Institut des mondes arabe et musulman de l'Estrie, Abdelilah Hamdache, estime que la réaction de certaines personnes qui associent tous les musulmans aux actes terroristes faits par des petits groupes dans le monde est tout aussi déplorable
« Je réagis de la même façon que lorsque l'on nous accuse d'être coupable sans rien faire. C'est pénible dans les deux sens. Ça fait très mal. Lorsque des civils sont tués dans le monde lors de bombardement, un être humain demeure un être humain peu importe sa couleur, sa religion ou sa foi. Lorsque je vois des innocents mourir de façon atroce, je trouve ça pénible », explique M. Hamdache.
Il sympathise avec les familles des victimes de Québec.
« Nous sommes de plein coeur avec les gens qui ont perdu des êtres chers. Ce sont des frères, des compatriotes qui sont morts à Québec. Ce sont des gens de la société québécoise qui sont intégrés. Ça fait très mal, mais c'est le cas lors d'attentats ailleurs dans le monde. Être victime par association est aussi pire », considère le président de l'Institut des mondes arabe et musulman de l'Estrie.
Pistes de solution
Abdeliah Hamdache entrevoit des pistes de solutions pour prévenir ce type de gestes de violence.
Il souhaite que les gens puissent apprendre des gestes de Québec pour ne pas généraliser.
« J'espère que le geste de Québec va en réveiller quelques-uns. Le terrorisme n'a pas de nationalité. Le terrorisme n'a pas de religion. Le terrorisme n'a pas de race. Le terrorisme demeure des gestes de groupes qui peuvent être de n'importe où. Il ne faut pas généraliser. Ce n'est pas parce qu'un groupe musulman a fait un geste que tous les musulmans sont coupables. Ce n'est pas parce qu'un Québécois est impliqué dans ce geste que tous les Québécois sont des terroristes. Ce sont des individus ou des groupes minoritaires qui doivent être considérés comme isolés » , souligne encore Abdelilah Hamdache.
Depuis le débat sur la charte des valeurs au Québec, il note une augmentation des gestes islamophobes qui peuvent mener, selon lui, aux gestes extrêmes commis dimanche soir à Québec.
« Je connais des femmes musulmanes qui ont dû enlever leur foulard à Sherbrooke en raison de menaces d'individus. Je peux rappeler aussi les gestes à la boucherie de la rue Denault ou le vandalisme devant plusieurs mosquées du Québec. Je ne pense pas que ce soit plus grand en terme de nombre, mais il y a plus de cas avec des gestes. Il y a plusieurs appels à la violence contre les musulmans notamment sur Facebook », énumère M. Hamdache.
« Il faut continuer à travailler fort. L'objectif des terroristes demeure de diviser la société et de créer de la zizanie, de la chicane. Il ne faut pas les laisser gagner. Il faut continuer à travailler fort pour vivre ensemble, travailler à bâtir une société avec le respect mutuel et l'entraide. C'est la meilleure solution pour répondre à ça » , ajoute Abdelilah Hamdache.