La salon Folle Théière sera officiellement ouvert jusqu’au 17 août inclusivement, à l’exception des journées du 15 et 16 août, « faute de main-d’œuvre oblige ».

C’est la fin pour Folle Théière

Le projet mère-fille de Martine Fontaine et d’Émilie Pinard-Fontaine, le salon de thé Folle Théière, tirera officiellement sa révérence le 21 août. L’entreprise du 304, rue King Ouest était pourtant florissante, mais une série de remises en question personnelles jumelée à un manque de main-d’œuvre en aura finalement eu raison.

Le salon est né, il y a cinq ans, d’un désir de servir des thés de qualité, des desserts végétaliens ainsi que des smoothies, explique Martine Fontaine.

« Il n’était pas question de restauration, précise-t-elle. Mais finalement, notre projet a bifurqué vraiment vite et on a quand même suivi le courant. Avec les écoles et les bureaux autour, il y a rapidement eu une demande pour des repas. On est arrivées au point où ça sortait de notre expertise et de nos projets de vie. On n’a pas d’expérience comme cuisinières ou gestionnaires de restaurant. »

Une réflexion s’est donc imposée l’hiver dernier. Rien ne pressait, mais le commerce s’est rapidement retrouvé à court d’employés.

« Au départ, on pouvait fonctionner à deux, Émilie et moi. On s’est ensuite mises à engager pour allonger les heures d’ouvertures et étendre l’offre. Dans la dernière année, on a fait face à une pénurie et à une certaine instabilité du personnel », dit-elle.

« C’est qu’on se retrouvait à donner des formations aux gens tous les mois, et ensuite, ils partaient parce qu’ils avaient d’autres projets, déplore la copropriétaire. C’est long, former un employé pour qu’il atteigne nos exigences. C’est beaucoup d’énergie. »

Comme le précise Mme Fontaine, la fermeture de Folle Théière ne provient pas d’un problème de rentabilité. Elle et sa fille en sortent ainsi la tête haute et prêtes à relever de nouveaux défis. « C’est vraiment un choix bien senti, dans le sens ou ça ne nous a pas été imposé. On est en accord avec notre choix. Ça a vraiment été une grande aventure et on en sort qu’avec du positif », affirme-t-elle.

Celle-ci gardera certainement une affection particulière pour le quartier Alexandre, qu’elle raconte avoir vu largement évoluer dans les cinq dernières années. « Au début, on se sentait un peu seules, et on a vu ouvrir plein d’autres commerces. Il y a une solidarité, une rencontre qui se fait dans le quartier. De l’extérieur, on le voit moins, mais on sent vraiment que les gens se tiennent ensemble et qu’ils ont un grand désir de revaloriser le coin. Il faut leur laisser le temps. »

Pour la suite des choses, Mme Fontaine compte tranquillement explorer ses options et prendre un peu de recul. Ce n’est pas urgent, insiste celle qui ignore si un retour dans son ancien domaine, l’éducation spécialisée, est envisagé.

Sa fille, pour sa part, sait déjà ce qui l’attend. « Émilie avait 20 ans quand on a ouvert l’entreprise. C’était vraiment quelque chose de partir un commerce à 20 ans. En cours de route, elle a fait des études universitaires pour acquérir des connaissances dans le domaine des affaires. Elle s’est rendu compte à 25 ans qu’elle avait envie de faire un retour universitaire, en communication », rapporte Mme Fontaine.

La salon Folle Théière sera officiellement ouvert jusqu’au 17 août inclusivement, à l’exception des journées du 15 et 16 août, « faute de main-d’œuvre oblige ».

Le commerce rouvrira cependant ses portes l’espace d’une journée, le 21 août, pour offrir un retour au rêve initial de ses propriétaires. Thés, smoothies, desserts ou thé en vrac à rabais seront disponibles pour une dernière fois.