Une employée du CHUS - Hôpital Fleurimont a refusé de remettre un petit pot à une patiente, sous prétexte qu’il était 15h55 et que la journée était finie.

«C'est fini pour la journée»

Une employée du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) refuse, à 15 h 55, de donner un petit pot à une patiente prétextant que sa journée est terminée. En refusant de poser ce geste, qui aurait pris quelques secondes, elle force la patiente, ou un de ses proches, à revenir chercher le petit pot un autre jour, c’est-à-dire faire un trajet de près de 100 kilomètres.

« Ma mère avait un rendez-vous de routine, mercredi passé, avec son interniste, au CHUS de Fleurimont. Cette dernière lui prescrit une analyse de selles et lui dit de ramasser un petit pot en passant au laboratoire, sur le chemin de la sortie. Il est 15 h 55 et je rentre au labo pour demander un petit pot pour ma mère. L’employée me répond : « Je ne donne plus de petit pot. C’est fini pour la journée. » Sur le coup, j’ai cru qu’elle blaguait. Je voyais les petits pots, qui étaient à distance de bras d’où elle était située. Elle n’avait qu’à prendre le petit pot et faire deux pas pour me le remettre. Ou encore me dire de le prendre moi-même », raconte Nancy Teasdale-Rochford, qui accompagnait sa mère, une septuagénaire atteinte de plusieurs maladies chroniques.

« J’étais à la ligne rouge qu’on ne doit pas dépasser lorsqu’elle m’a répété, le plus sérieusement du monde : « Je ne donne plus de petit pot aujourd’hui. Ma journée est finie. Faut revenir demain. » Incrédule, j’ai dit : « Vous êtes en train de me dire que vous voulez que je conduise 88 km aller-retour demain et que je perde 1 h 30 de ma journée pour revenir chercher un petit pot, alors que ça ne vous prendrait que quelques secondes pour me le donner maintenant? » Elle me confirme en me répétant, tel un robot : « Ce que je dis, c’est que moi, je ne donne plus de petit pot aujourd’hui », explique celle qui réside, avec sa mère et sa famille, à Hatley.

Mme Teasdale-Rochford a ensuite demandé si quelqu’un d’autre pourrait lui donner un pot, le jour même, mais l’employée a marmonné quelque chose qui voulait dire non, malgré le fait que Mme Teasdale-Rochford avait pris le temps d’expliquer à l’employée qu’elle ne lui remettrait pas le petit pot le même jour, mais dans quelques semaines, selon les ordres de l’interniste.

« Ma mère avait déjà la paperasse en main. Pas besoin d’imprimer ou de remplir un formulaire, juste de nous remettre un pot », précise Mme Teasdale-Rochford.

« Tannée de perdre mon temps, je suis sortie de la pièce complètement découragée face au manque d’intelligence émotive », note-t-elle.

La mère de Mme Teasdale-Rochford souhaite demeurer anonyme et elle refuse que sa fille porte plainte officiellement au CIUSSS de l’Estrie CHUS.

« Même si dans les faits, ça serait ma plainte, elle craint d’être traitée différemment lors de ses nombreuses visites à l’hôpital et aussi qu’on ne soit pas pris au sérieux si vraiment quelque chose de plus grave arrivait et qu’on portait plainte. Honnêtement, je ne sais pas trop quoi faire », admet Mme Teasdale-Rochford.

Le CHUS mènera son enquête

« On prône une approche empreinte d’humanisme, de diligence et de sollicitude pour les services offerts à nos clients, alors bien sûr, les événements rapportés ne cadrent pas avec les orientations qu’on prône auprès de notre personnel », explique Josée Paquette, directrice adjointe de la direction des ressources humaines au CIUSSS de l’Estrie CHUS.

« On veut comprendre les circonstances entourant l’événement et on n’attendra pas le dépôt d’une plainte en bonne et due forme pour faire notre enquête. On veut savoir ce qui a fait en sorte que cette personne n’a pas pu avoir ce service qui semblait assez simple », ajoute d’emblée Mme Paquette, sans être en mesure, une semaine après ledit événement, de définir les circonstances.

« Ce sera au directeur et au gestionnaire responsables de faire le suivi », note la directrice adjointe des ressources humaines.

« Malheureusement, il peut arriver des enjeux et on s’en sert pour s’améliorer et faire les correctifs rapidement s’il y a lieu, mais je veux rappeler que nos 17 000 employés font chaque jour le maximum et donnent parfois beaucoup plus que ce qu’on attend d’eux. Je veux que la population retienne qu’on a des gens extraordinaires qui se dépassent au quotidien », conclut Mme Paquette.