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Ces villes qui changent de nom
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Ces villes qui changent de nom
Elles ne sont pas légion, mais elles existent. Quelques villes ont changé de nom dans l’histoire récente du Québec. Asbestos se prépare à entrer dans ce petit cercle.
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Ces villes qui changent de nom

Estrie et régions

Ces villes qui changent de nom

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Elles ne sont pas légion, mais elles existent. Quelques villes ont changé de nom dans l’histoire récente du Québec. C’est le cas notamment de Portneuf-sur-Mer ou de Mirabel. La municipalité de Saint-Faustin-Lac-Carré est quant à elle en processus pour devenir Mont-Blanc.

La municipalité de 3700 résidents permanents dans les Laurentides a entamé le processus en 2019. Il diffère toutefois beaucoup de celui d’Asbestos puisque après avoir demandé la tenue d’une commission municipale, la ministre des Affaires municipales a imposé un référendum à la municipalité en raison de la forte opposition. Il devait avoir lieu le 31 mai 2020, mais a bien entendu été reporté en raison de la COVID.

Le conseil municipal de Saint-Faustin-Lac-Carré n’a pas non plus consulté la population pour trouver un nouveau nom. Celui de Mont-Blanc, qui désigne une montagne à proximité, a été identifié dès le début du processus.

« C’est un outil marketing qui fait partie de la vision stratégique, indique Gilles Bélanger, directeur général de la municipalité située à quelques minutes de Mont-Tremblant. Beaucoup de gens passent dans le secteur, mais ils ne sont pas accrochés par Saint-Faustin-Lac-Carré. C’est pour donner une image de marque et faire en sorte que les gens arrêtent pour que la municipalité trouve son compte dans le gros brouhaha de la région. Le mont Blanc, c’est l’emblème de la municipalité. Les gens connaissent la montagne, mais pas le village. »

Le référendum aura lieu dès que le contexte de pandémie le permettra.

Dans l’air du temps

Le village de Sainte-Anne-de-Portneuf a changé de nom pour Portneuf-sur-Mer en 2004. La petite municipalité de 613 âmes près de Forestville sur la Côte-Nord voulait un nom qui la 

représentait davantage.

« On trouvait que Sainte-Anne-de-Portneuf, sans vouloir décrier l’église, c’était un nom qui n’allait pas dans l’air du temps, souligne le maire Gontran Tremblay qui était directeur général de la municipalité à l’époque. Il y avait aussi de la confusion avec le comté de Portneuf dans la région de Québec ».

« En mettant Portneuf-sur-Mer, ça nous identifiait plus et ça identifiait le virage touristique qu’on voulait faire, ajoute-t-il. Le nom nous a aidés, je pense. »

Le processus s’est déroulé rondement selon le maire.

« On n’a pas eu de problèmes, il n’y a pas eu d’opposition, résume-t-il. On avait fait un concours, mais on n’avait pas eu les résultats espérés. Je pense que c’est un conseiller qui a trouvé le nom. »

14 villages et un aéroport

La ville de Mirabel a été créée le 1er janvier 1971 lors de l’expropriation pour la création de l’aéroport. C’est 14 villages qui ont été regroupés et qui portaient à l’époque le nom de Saint-Scholastique.

« Dès 1972, le conseil municipal a décidé de faire un concours pour changer le nom pour être équitable avec tous les villages et donner un sentiment d’appartenance, explique Sylvain Marois, archiviste pour la Ville. On voulait aussi s’arrimer à l’aéroport avec un volet international. » 

Plus de 200 noms avaient été proposés par la population. Les trois plus populaires étant Mirabel, Belle-Rivière et La Vérendrye.

« Ç’a été houleux, admet M. Marois. En ressortant les dossiers, on voit qu’il y a eu du tiraillage et des votes serrés. »

Le changement de nom de Saint-Scholastique pour Mirabel a été officialisé le 16 janvier 1973.

Asbestos dévoilera une nouvelle liste de noms

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Asbestos dévoilera une nouvelle liste de noms

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
À la suite de centaines de commentaires et de beaucoup de critiques face aux quatre choix proposés pour le processus de changement de nom, la Ville d’Asbestos a annoncé vendredi matin qu’elle retourne à la table à dessin et proposera des choix additionnels à la population.

Les quatre noms proposés lundi pour le vote au mois d’octobre étaient Apalone, Jeffrey, Phénix et Trois-Lacs.

« On a bien entendu que les quatre choix proposés ne rejoignaient pas plusieurs de nos citoyens, c’est pourquoi on va retourner faire nos devoirs et revenir très bientôt avec des propositions supplémentaires, a annoncé le maire Hugues Grimard en entrevue avec Martin Bossé sur les ondes de CJAN. On pèse sur pause pour quelques jours et on vous revient bientôt. Sur ce, il va faire beau en fin de semaine, on en profite. »

À lire aussi: Asbestos deviendra Apalone, Jeffrey, Phénix ou Trois-Lacs

Réactions mitigées pour les choix de noms à Asbestos

En entrevue avec La Tribune, le maire d’Asbestos a ensuite précisé que la Ville allait dévoiler cette nouvelle liste d’ici deux semaines.

Le maire n’a pas voulu confirmer si les quatre noms qui ont été proposés cette semaine feront partie de la liste bonifiée.

« C’est certain que la liste sera bonifiée, mais on ne sait pas si on va en retirer un ou deux », admet-il.

Le maire et le conseil municipal se sont aussi engagés vendredi à fournir plus de détails concernant la dernière partie du processus. 

« On réalise que la population n’a pas eu accès à toute l’information nécessaire pour comprendre les choix proposés, a souligné Hugues Grimard. On a une explication de cheminement à donner. »

M. Grimard a confirmé que l’option de tout simplement garder le nom d’Asbestos n’est pas sur la table. Il assure finalement que cette démarche additionnelle n’engendrera pas de dépenses supplémentaires.

« C’est comme si on avait eu un gros focus groupe en même temps, souligne Hugues Grimard. C’est la meilleure façon qu’on pouvait tester l’ensemble de notre démarche. L’important, c’est de ne pas être dans notre tour d’ivoire. On a les éléments en main pour prendre une décision beaucoup plus éclairée qu’on l’avait il y a une semaine. »

Vote en octobre

Pour l’instant, le vote est maintenu du 14 au 18 octobre.

« Si on prend plus de temps, on reportera, indique M. Grimard. On va s’ajuster et on va revenir avec quelque chose de clair. Si on voit qu’on doit le retarder d’une semaine pour que les gens puissent faire leur choix, on le fera. »

Appel au respect

La Ville avait d’ailleurs lancé un appel au respect un peu plus tôt cette semaine à la suite de nombreux commentaires qui visaient le comité consultatif d’acceptabilité sociale.

« Les Asbestriens ont toujours été respectueux et ont toujours montré de la solidarité entre eux, écrivait-on sur Facebook. Aujourd’hui ne doit pas faire exception. Le choix d’un nouveau nom est un exercice important et émotif qui nécessite la participation de tous, sans crainte de se faire critiquer ou montrer du doigt. C’est pourquoi dans chacune des étapes nous vous demandons de respecter le travail des gens et de le reconnaître. »

« Vous pouvez être en désaccord avec les choix du conseil municipal, mais le travail des bénévoles du comité n’est pas à remettre en cause, lançait Georges-André Gagné, directeur général. La population a maintenant entre ses mains la responsabilité, à son tour, de faire un choix du 14 au 18 octobre prochain. Nous vous invitons à participer, d’ici là, à un débat constructif. »

Quatre noms, quatre images

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Quatre noms, quatre images

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Apalone, Jeffrey, Phénix et Trois-Lacs sont quatre noms qui ont fait jaser cette semaine en Estrie, mais aussi partout au Québec et probablement à quelques endroits du globe. Qu’on les aime ou non, l’un de ces quatre choix pourrait devenir le prochain nom de la ville d’Asbestos. Dans cette optique, et avant que la Ville annonce vendredi qu’une nouvelle liste de propositions sera dévoilée dans les prochaines semaines, La Tribune avait demandé à un spécialiste en image de les analyser. Voici ses commentaires.

Asbestos signifie amiante en anglais et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle la municipalité a décidé de changer de nom. La proposition Jeffrey s’inscrit toutefois dans une continuité selon Marc David, professeur de communication-marketing à l’Université de Sherbrooke.

« On attribue souvent le nom de la ville à son fondateur, au premier agriculteur ou ce genre de chose, explique celui qui est aussi responsable de l’Agence-école en communication de l’UdeS. Le problème, c’est que la mine Jeffrey est l’incarnation de l’amiante. Je pense que tant qu’à changer de nom, Asbestos devrait se dissocier le plus possible de l’amiante. »

Destruction et renaissance

Si l’image du phénix qui renaît de ses cendres peut être attirante pour une ville comme Asbestos, il s’agit d’un nom qui n’est ni nouveau ni original selon Marc David.

« Phénix, c’est déjà une ville qui existe aux États-Unis et ailleurs, mentionne-t-il. Il faut comprendre que le phénix passe l’éternité à se consumer et renaître, c’est un cycle de destruction et de renaissance. Je ne pense pas que c’est ce que les gens veulent avoir. »

Dans les sentiers battus

Le nom Trois-Lacs, qui semble être le plus populaire jusqu’à maintenant si on se fie aux centaines de commentaires sur les réseaux sociaux, aura de la difficulté à ressortir du lot selon le professeur.

« Trois-Lacs, c’est très conventionnel, lance-t-il. Ça peut être bien pour les gens s’ils avaient un fort attachement à Trois-Lacs avant la fusion, mais peut-être un peu moins pour les gens qui étaient à Asbestos. Dans tous les cas, ça reste un nom valable, mais qui ne se distingue pas des autres municipalités comme Trois-Rivières, Deux-Montagnes, Sept-Îles, on peut en sortir des tonnes. »

Originalité

Surprenamment c’est Apalone, l’un des noms les plus critiqués de par sa référence à une tortue, qui semble être le nom qui pourrait proposer l’image la plus forte pour Asbestos. 

« Apalone se distingue par son originalité, explique Marc David. Le côté écologique de la tortue qui est menacée vient contre-balancer les effets négatifs de l’amiante sur la santé humaine. C’est un nom qui pourrait être apprécié, mais avec le temps. Il faut vivre avec longtemps. Si on parle seulement de l’image de marque, celui-là a plus de chance de se distinguer. »

Une génération

Une chose est certaine selon le professeur, peu importe le nom choisi, une période d’adaptation sera nécessaire pour s’y faire.

« Ça prend au moins une génération, souligne-t-il. Les plus jeunes vont s’habituer tout de suite. Ce sera plus long et difficile pour ceux qui ont toujours connu la ville d’Asbestos et qui la voient changer du jour au lendemain. Il va falloir qu’il y ait un côté festif et participatif. »

« Mais en fin de compte, n’importe quel nom qui sera adopté par la population va être bon parce qu’elle l’aura choisi elle-même, résume Marc David. Je salue la démarche, elle est excellente. Ça contribue à faire en sorte que les habitants d’Asbestos vont pouvoir s’approprier ce nouveau nom. C’est certain que tout le monde ne sera pas nécessairement heureux, mais au moins tout le monde aura la chance d’y participer. »

Les propositions

APALONE : Ce nom fait référence à la tortue molle à épines (apalone spiniffera), une espèce de tortue à carapace molle menacée par la pollution des lacs et des rivières. Cette dernière a déjà été observée dans la région d’Asbestos, mais on la retrouve aujourd’hui principalement au lac Champlain en Montérégie. Elle vit de 50 à 60 ans en nature et est l’une des espèces les plus menacées au Québec.

JEFFREY : Cette proposition fait référence à William Henry Jeffrey, premier exploitant de la mine d’amiante. Originaire de Québec, il a élu domicile dans le canton de Cleveland au milieu des années 1860. M. Jeffrey a érigé les bases de l’activité minière à Asbestos et la mine porte aujourd’hui son nom.

PHÉNIX : Le phénix est un oiseau mythique doté d’une impressionnante longévité. Il avait notamment la faculté de renaître de ses cendres. Les équipes sportives de l’école secondaire de l’Escale à Asbestos portent ce nom.

TROIS-LACS : Trois-Lacs est un secteur de la ville d’Asbestos et correspond au territoire de l’ancienne municipalité de Trois-Lacs qui s’est regroupée avec Asbestos en 1999. Le lac qui borde les municipalités d’Asbestos, de Tingwick, de Wotton et de Saint-Rémi-de-Tingwick se nomme les Trois-Lacs.

Les citoyens voteront du 14 au 18 octobre

Tous les propriétaires et citoyens d’Asbestos âgés de 14 ans et plus auront la possibilité de voter du 14 au 18 octobre pour l’un de ces quatre noms.

Le mode de votation retenu est celui de type préférentiel. Les gens auront donc à classer les propositions de leur premier choix à leur quatrième choix. Si un nom n’obtient pas la majorité (50 % +1) des voix au premier tour, le nom avec le moins de préférence sera éliminé et les deuxièmes préférences de ceux l’ayant choisi seront redistribués et ainsi de suite jusqu’à obtention de la majorité.