Les soeurs jumelles Marie-Noëlle et Christine Gattuso ont reçu la médaille d’Ambassadrice de la santé à titre posthume pour leur mère qui est décédée subitement à l’automne 2018.

Cérémonie de l'ACDO: Un baume sur une vive douleur [PHOTOS]

La cérémonie rend hommage à des gens qui ont perdu la vie au cours des derniers mois. Dans une cathédrale qui accueille des centaines de personnes, l’émotion est palpable. On aperçoit des épaules qui tressautent sous les sanglots, des yeux pleins de larmes, des mouchoirs se tendent d’une personne vers une autre. Il y a aussi quelques personnes inconsolables. Mais ce qu’on ressent le plus au cœur de cette cérémonie, c’est la fierté, c’est un sentiment de sérénité, c’est un baume sur une douleur qui a été vive quand un être aimé s’est éteint, souvent sans avertissement.

C’était vendredi la 26e cérémonie de l’Association canadienne du don d’organes (ACDO), qui a permis de rendre hommage à 238 donneurs d’organes et de tissus décédés ainsi qu’à 16 donneurs vivants qui ont redonné la vie à 500 personnes grâce à leurs dons.

Au Québec, le don d’organes et de tissu va plutôt bien, dit Louis Beaulieu, directeur général de Transplant Québec. Depuis cinq ans, le temps d’attente pour une transplantation de rein est passé de 800 jours à 250.

Mais il faut continuer d’en parler, dit-il. « Quelqu’un me racontait combien toutes les certitudes s’embrouillent quand la mort est subite. Dans ce genre de situations, la famille aussi a besoin de soins », rapporte-t-il.

Or l’expérience montre que la décision est moins difficile à prendre lorsque les gens ont mis leurs volontés de donner leurs organes par écrit.

Décisions difficiles

Parler du don d’organes, c’est ce qu’ont dû faire les sœurs jumelles Marie-Noëlle et Christine Gattuso quand leur mère a eu un AVC massif en octobre l’an dernier.

« Ma mère a été trouvée par un de ses voisins, elle s’est effondrée alors qu’elle tondait son gazon. Elle habitait à Cowansville, et quand l’hôpital m’a téléphoné, ils allaient la transférer à Sherbrooke pour mieux évaluer les dommages à son cerveau », relate Christine Gattuso.

Le lendemain, il a été confirmé que la dame qui venait de célébrer son 65e anniversaire ne survivrait pas.

L’idée du don d’organes s’est imposée d’elle-même.

« On n’en avait pas parlé avec ma mère. Elle n’avait pas signé de documents, mais on s’est fiées au type de personne qu’elle était, généreuse, et on a choisi de faire don de ses organes. On l’a fait en fonction de nos valeurs », rapporte Mme Gattuso.

Quatre organes ont été prélevés, ce qui a pu sauver cinq personnes.

Ce geste a une grande portée pour les sœurs jumelles, dont Marie-Noëlle qui était enceinte de 36 semaines au moment de la mort de sa mère.

« Notre grand-mère, la mère de ma mère, était avec nous à ce moment-là. Perdre un enfant n’est pas quelque chose de facile pour une personne, mais elle a réfléchi et elle nous a accompagnées dans ce processus-là », expliquent les deux généreuses sœurs qui habitent à Sherbrooke.

Soulignons que le Registre des consentements au don d’organes et de tissus de la Chambre des notaires du Québec comprend 1 773 054 inscriptions. Parmi les personnes inscrites à ce registre, 85 % ont fait part de leur consentement et 15 %, de leur refus au don d’organes et de tissus. Pour en savoir plus, il est possible de consulter le site cnq.org ou de téléphoner au 1 800 NOTAIRE (1 800 668-2473).

Les proches d'un Ambassadeur de la santé ont pris une photo avec le lieutenant-gouverneur Michel Doyon.

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L'ACDO sur le vif

Alors qu’il était policier pour le Service de police de la Ville de Montréal et bénévole pour l’ACDO, le député caquiste Ian Lafrenière est un jour allé à l’aéroport pour récupérer une précieuse glacière rouge. « En arrivant à l’hôpital Sainte-Justine, j’ai vu un monsieur se diriger vers moi d’un pas assuré. Déformation professionnelle, j’ai d’abord cru qu’il me voulait du mal. Mais en quelques secondes, j’ai compris que le cœur que j’étais en train d’apporter à l’hôpital allait sauver la vie de son enfant. Et il avait pris la décision de venir me remercier et me serrer dans ses bras. Ç’a été un des moments les plus marquants de ma carrière », a témoigné le député de Vachon et adjoint parlementaire de la ministre de la Sécurité publique vendredi.

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Sylvain Caron, directeur du Service de police de Montréal (SPVM), a raconté une anecdote vendredi en soulignant que son service de police compte 140 policiers bénévoles qui, en 2018, ont effectué pas moins de 315 transports. « L’année 2018 est particulièrement marquante pour le SPVM alors que l’ACDO a coordonné le transport d’un organe pour une de nos employées. Cette employée attendait depuis deux ans le don d’un foie compatible. Ce qui est plus extraordinaire est que son nouveau foie a été transporté par nul autre qu’un collègue policier du poste de quartier et bénévole de l’ACDO. J’ai eu l’opportunité de rencontrer la greffée en début d’année et son retour au travail est prévu pour cet automne. La gratitude envers la vie, son donneur et sa famille sont toujours aussi présents dans son discours », a témoigné le chef de police.

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Les familles des donneurs sont les bienvenues à la cérémonie quand elles le veulent. Ce n’est pas nécessaire qu’elles assistent à la cérémonie suivant le décès de leur proche. « Notre ligne de conduite, c’est le respect. Les gens viennent quand ils se sentent prêts, quand ils pensent que ça va leur faire du bien. Chaque personne est différente. Certains viennent quelques mois après le décès, d’autres dix ans après », explique Louis Beaulieu, directeur de Transplant Québec.

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Un donneur originaire de Las Vegas, au Nevada, a été honoré vendredi lors de la cérémonie. Des membres de sa famille étaient venus à Sherbrooke pour l’occasion. « C’est probablement un touriste qui est décédé malheureusement à l’hôpital au cours de son voyage. Ça arrive de temps en temps d’accueillir des donneurs originaires de l’étranger », souligne M. Beaulieu.

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Le nombre d’organes prélevés peut varier selon le donneur, son état de santé et la cause de sa mort, entre autres. À l’Hôpital Fleurimont du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, on réussit à prélever 4,85 organes par personne, soit davantage que la moyenne provinciale.

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Le nombre de donneurs d’organes aux États-Unis augmente de façon constante depuis quelques années aux États-Unis et dans certaines villes canadiennes comme Vancouver en raison de la crise des opioïdes. En effet, les gens qui meurent d’une surdose de fentanyl peuvent être candidats au don d’organes.