Après deux semaines de suspensions, le Centre Corps, âme et esprit de Sherbrooke a recommencé à admettre de nouveaux clients vendredi, après avoir trouvé une façon de les isoler pendant 14 jours.
Après deux semaines de suspensions, le Centre Corps, âme et esprit de Sherbrooke a recommencé à admettre de nouveaux clients vendredi, après avoir trouvé une façon de les isoler pendant 14 jours.

Centres de thérapie : de nouvelles admissions sous haute surveillance

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Sherbrooke — La situation des centres d’hébergement en traitement des dépendances demeure précaire avec la mise en place de mesures pour isoler les personnes qui y sont admises.

En Estrie, le Domaine Orford a mis en place un protocole pour isoler pendant 14 jours les personnes admises pour traiter leurs problèmes de dépendances aux stupéfiants ou à l’alcool.

« Après qu’on se soit assuré de l’absence de symptômes, la personne est isolée à sa chambre. Les repas et les médicaments y sont donnés. Nous avons aussi trouvé une façon pour que les intervenants puissent les rencontrer de façon sécuritaire », explique le président du Domaine Orford, Robin Fortier.

Au Centre Corps, âme et esprit de Sherbrooke, les admissions ont repris tranquillement, vendredi.

« Après deux semaines de suspensions, nous avons trouvé une façon d’isoler les personnes qui se présentent volontairement chez nous. Étant donné que nous recevons le financement selon le nombre de personnes que nous accueillons, nous restons très précaires et fragilisés. Un financement devra être attribué afin de compenser pour cette diminution du taux d’occupation », signale la directrice générale du Centre Corps, âme et esprit, Marie-Andrée Pelletier.   

Les avis lors de cette pandémie diffèrent selon l’affiliation du centre de thérapie en traitement des dépendances.

« Ce ne sont pas tous les centres qui ont les infrastructures pour mettre en places des endroits pour isoler les nouvelles admissions. Nous avons le vouloir de poursuivre les admissions, mais pas le pouvoir d’assurer la sécurité de nos intervenants et de la clientèle. Limiter les admissions a toutefois un impact sur la situation financière des centres », indique le directeur général l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendance, Vincent Marcoux. 

Cette association revendique que le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) donne accès à des hôtels tampons pour effectuer les 14 jours d’isolement, à du matériel de protection ainsi qu’à des tests de dépistage prioritaires de la COVID-19 pour cette clientèle.

En recherche de solutions

Au Centre Cérès de Saint-Ludger dans la MRC du Granit, une seule admission a été faite la semaine dernière, alors qu’entre deux à cinq personnes y sont habituellement admises chaque semaine.

« Éthiquement, je ne vois pas comment nous pouvons admettre une personne chez nous dans un nouvel environnement qu’elle ne connaît pas. C’est une question de sécurité pour la personne, les autres résidents et les membres du personnel. C’est un enjeu qui est nommé et auquel nous travaillons avec le CIUSSS de l’Estrie-CHUS afin de trouver des solutions », explique Lydia Couture du Centre Cérès.

Robin Fortier, qui préside l’Association provinciale des organismes en dépendance (APOD), signale que ses membres et ceux de la Coalition des organismes communautaires en dépendance, qui représentent environ les deux tiers des places en dépendance au Québec (COCD), seront en mesure d’accueillir les personnes qui en font la demande.

« Nous tenons le fort dans cette période difficile. Il n’est pas question de laisser tomber cette clientèle souvent vulnérable dans un contexte où les ressources en itinérance débordent », assure M. Fortier.