À titre de conseillère du district du Lac-des-Nations, Chantal L’Espérance défend les intérêts du centre-ville au conseil municipal. Elle occupe aussi la présidence du comité de revitalisation du centre-ville et du comité aviseur pour la revitalisation du centre-ville.

Centre-ville: l'année du vrai décollage

Le début de l’année 2018 devait mener au dépôt officiel du projet de revitalisation du centre-ville Well inc. Malgré une certaine contestation, les élus devaient se prononcer en février. Mais le consortium chargé de développer le concept du quartier de l’entrepreneuriat a jeté l’éponge à quelques jours de l’échéance. Le travail s’est ensuite fait en coulisse pour asseoir les bases du futur Quartier Well Sud, mais aussi pour redessiner la rue Galt Ouest et déplacer le pont des Grandes-Fourches. Retour sur les bouleversements de 2018 au centre-ville.

Quand le consortium formé du Fonds de solidarité de la FTQ, du Groupe Custeau et de SherWeb a rendu sa décision, la présidente du conseil municipal, Nicole Bergeron, affirmait que les élus étaient «sonnés». La conseillère Chantal L’Espérance, nommée présidente du comité de revitalisation du centre-ville à la suite de l’échec de Well inc., semblait pourtant un peu moins surprise.

«Je me doutais qu’il se passerait quelque chose. Aux élections, nous avons assisté à un virage. J’avais d’ailleurs annoncé mes couleurs en campagne électorale : je trouvais qu’on oubliait le développement durable. J’ai insisté pour que tous les projets passent par la lunette du développement durable. Mon idée n’était pas de balayer Well inc. du revers de la main. Il y avait du bon dans ce projet. Mais les événements nous ont donné le temps de rebondir en travaillant sur les forces et les irritants de la première mouture», résume Mme L’Espérance. 

La conseillère admet néanmoins que c’était «comme si une bombe était tombée» sur la rue Wellington Sud. «Les gens du milieu étaient découragés. Well inc., j’y tenais, mais il faut parfois faire un pas de recul pour faire deux pas en avant. J’avais promis aux commerçants que le vide ne durerait pas quatre ans.»


« Ce n’est pas vrai que nous ne savons pas où nous nous en allons. »
Chantal L’Espérance

Les intervenants du monde communautaire ont entre autres levé la main et élevé la voix pour être entendus. «Même si on disait qu’on avait consulté les gens du milieu, ce n’est pas ce que j’entendais sur le terrain. Il fallait repartir sur des bases inclusives. On avait beau dire que le «inc.» de «Well inc.» voulait aussi dire «inclusive», il fallait aller plus loin que des mots.»

De nature calme et posée, Chantal L’Espérance a mis le poing sur la table au moment de créer le comité de revitalisation du centre-ville. Depuis la dernière élection, c’est elle qui défend les intérêts du centro. «Il fallait quelqu’un qui avait vu neiger et venter pour présider, quelqu’un avec de l’expérience. J’étais passée à travers la tempête de Cité des rivières. Je voulais cette présidence.»

Mme L’Espérance a aussi demandé les rênes du comité aviseur qu’elle souhaitait mettre en place. «J’aurais voulu un seul comité, mixte, mais nous aurions eu une trop grande table. Il était néanmoins important de faire une place aux organismes.»

Une vision claire

Dans la dernière année, des citoyens ont reproché un manque de vision ou d’orientation claire pour le centre-ville. «Nous avons l’énoncé de vision Centre-ville 2020 et le plan d’aménagement durable du centre-ville. Ce sont des éléments de vision. Nous ne recommencerons pas chaque fois que nous avons un nouveau maire. Pour réaliser ces documents, nous avons consulté la population. Ce ne sont pas les citoyens de Longueuil qui se sont prononcés. Nous sommes à quelques détails près des objectifs de ces documents dans chacun de nos projets. Ce n’est pas vrai que nous ne savons pas où nous nous en allons.»

En écoutant le milieu, Chantal L’Espérance a compris qu’il fallait poser des petits gestes pour que la population se réapproprie la rue Wellington Sud. «C’est là que nous avons amené l’idée du parc éphémère. Je ne pense pas que ç’a fait une différence économique, mais il y a eu un impact social et communautaire.»

Le concours d’art urbain ayant mené à l’Hôtel de la poésie, sur les restes de l’Hôtel Wellington, avait les mêmes visées. «On sait que ce sera éphémère, mais pour le temps que ça dure, on envoie le signal qu’on veut s’approprier les lieux.»

Ces initiatives s’ajoutent aux acquisitions réalisées sur la rue Galt Ouest et celle en cours pour le Bingo Abénaquis, qui sera démoli.

Mme L’Espérance compare le travail réalisé cette année à un jardin. «Quand on laboure un jardin, on plante des graines et on a l’impression qu’il ne se passe rien pendant un moment, mais à la fin, quand on récolte, on se rend compte que ça valait la peine.»

Congé de taxes et grand ménage

Autre initiative mise en place en 2018 : un congé de taxes de dix ans pour les nouveaux projets situés dans la zone prioritaire, soit le quadrilatère formé par les rues Wellington Sud, King Ouest, Dépôt et Aberdeen. «Pour y avoir droit, il faut répondre aux valeurs de revitalisation. C’est probablement du jamais vu. Il y a aussi un congé pour cinq ans dégressif pour le reste du centre-ville. Il faut que ça pousse partout. Tout le secteur des Abénaquis se développera grâce au congé de taxes. C’est pour ça aussi que ça devient intéressant de revitaliser la rue Galt Ouest. L’OMH aura droit à un congé de taxes de cinq ans. Nos programmes incitatifs jouent vraiment leur rôle incitatif. Ils sont là pour trois ans. Les gens savent que c’est temporaire et qu’il faut profiter de la manne maintenant. On veut qu’il ait un effet boom!»

Et si le boom était très intense, les commerçants en place risqueraient-ils de pâtir pendant les chantiers? «Il faudra faire attention pour ne pas paralyser l’accès au centre-ville...»

Enfin, une corvée de nettoyage a aussi été organisée en 2018. «Je voudrais qu’on en fasse plus. Peut-être trois par année.»