Le Centre jeunesse Val-du-Lac présente un bâtiment central, qui compte notamment une école et un grand gymnase.

Centre Val-du-Lac : les besoins des jeunes d’abord

Les travaux qui s’amorceront au Centre jeunesse de Val-du-Lac sont des rénovations fonctionnelles. Même si les bâtiments sont encore en bon état, n’empêche que la situation est problématique pour la centaine d’enfants et d’adolescents qui y vivent.

« La clientèle qui fréquente Val-du-Lac a beaucoup évolué ces dernières années et les bâtiments datent des années 1960. Les rénovations que nous planifions ont pour but de répondre aux besoins différents de notre clientèle », explique Jean Ferland, directeur des services techniques au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

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Val-du-Lac doit agrandir

« Prenons un exemple. Dans une maison des années 1960, il y avait plein de murs. Maintenant, nous sommes dans une mode des aires ouvertes. C’est la même chose à Val-du-Lac : les besoins ont changé », image Jean Ferland.

Lors de son passage en table éditoriale à La Tribune, le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette avait souligné que les projets de rénovation ou de construction étaient « ordonnancés en fonction de l’urgence du besoin et du niveau de vétusté des installations ou les deux lorsque c’est le cas ». Or il n’est pas question de vétusté dans ce cas précis.

En effet, les bâtiments du Centre jeunesse de Val-du-Lac sont donc en bon état : les toits ne coulent pas, les fenêtres ne laissent pas passer l’air froid, aucune structure ne menace de s’effondrer. Ses cotes de vétusté sont de A et de B sur une échelle de A (excellent) à E (atteint sa fin de vie utile).

« Les travaux ont pour but de rendre les lieux plus beaux et plus accueillants pour les enfants. On veut travailler avec les équipes cliniques et avec le comité des résidents pour que les jeunes se sentent chez eux. C’est leur maison, c’est là qu’ils vivent, c’est ça la réalité », ajoute Jean Ferland.

Le Centre jeunesse Val-du-Lac compte six unités de vie, qui seront rénovées afin de permettre aux jeunes de profiter de lieux de vie rafraîchis et plus appropriés à leur réadaptation.

Ce projet est un « projet clinique. Il n’y a que les lieux de vie des jeunes qui seront rénovés », précise-t-il.

Les salles de retrait sont des pièces essentielles dans un centre jeunesse où vivent des jeunes en situations difficiles. Des salles aussi essentielles que désuètes en ce moment. Cela fait plusieurs années que ces pièces sont décriées parce qu’elles ne correspondent plus aux normes d’intervention actuelle. « Il y a des travaux qui sont planifiés pour les revamper pour passer à travers jusqu’à la fin des travaux », ajoute M. Ferland.

Avant d’aller plus loin, présentons le site de Val-du-Lac puisqu’il s’agit d’un site méconnu d’une grande tranche de la population estrienne. Situé sur un vaste terrain du secteur de Rock Forest, le site de la direction de la protection de la jeunesse (DPJ) compte un bâtiment principal où l’on retrouve, entre autres, un grand gymnase et une école. Ensuite, on y retrouve six unités de vie, un bâtiment qui sert d’école aux jeunes de l’unité de détention, ainsi que deux garages. Dans les unités de vie, les jeunes sont logés par tranches d’âge (petits et adolescents), garçons et filles séparés. Ce sont uniquement les unités de vie qui sont visées par les travaux.

Enveloppe de 15 M$

La première rencontre de démarrage du projet est planifiée avec les architectes et ingénieurs qui piloteront le projet. L’enveloppe prévue de 15 M$ « est réaliste. Mais c’est une évaluation à haut niveau pour le moment », ajoute le directeur des services techniques au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Le problème à Val-du-Lac demeure que nous n’avons pas d’endroit sécuritaire où loger nos résidents pendant les travaux. On ne peut pas rentrer des entrepreneurs dans une unité parce que juste le fait de voir que l’on fait des travaux pourrait grandement déstabiliser un groupe. Et notre fenêtre pour faire les travaux pendant la durée des classes, entre 8 h 30 et 15 h, est vraiment courte. Vous comprenez qu’il ne faudrait pas que les entrepreneurs oublient un seul clou ou un seul outil en partant. La disponibilité des locaux pour les travaux représente un gros enjeu, depuis années », explique celui qui travaillait au Centre jeunesse avant la création du CIUSSS de l’Estrie-CHUS en avril 2015.

« Depuis 2011 que nos projets de rénovations sont en suspens. C’est à contrecœur qu’on laisse les jeunes dans des lieux défraîchis », soutient Jean Ferland.

Dans ces circonstances, le projet a été « revu autrement » pour pouvoir être réalisé sur trois ans, un bâtiment à la fois, de façon efficace et sans perturber la vie quotidienne de ces enfants qui vivent souvent avec de lourds passés traumatiques. « On ne veut pas construire un bâtiment qui sera vide à la fin des travaux. Alors si on est en débordement, on va pouvoir accueillir des jeunes sur les unités directement », explique Jean Ferland.