La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie.
La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie.

Centre de crise en santé mentale : Christine Labrie réclame de l’action

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, demande des développements dans le projet d’un centre de crise en santé mentale et en prévention du suicide à Sherbrooke, qui se fait attendre depuis déjà quelques années.

Elle devrait rencontrer le CIUSSS de l’Estrie-CHUS dans les prochains jours afin de faire le point sur la situation. 

L’hiver dernier, un comité avait été mis sur pied afin d’évaluer si un centre de crise en santé mentale était nécessaire en Estrie. «Le comité a reconnu après avoir évalué la situation que le centre complèterait les services du CIUSSS. J’étais contente qu’il ait pris la décision de se rallier à la cause. Pour moi, c’était un pas dans la bonne direction que nous venions de franchir. Normalement, quand un CIUSSS reconnait qu’il manque un service pour répondre aux besoins de sa population, on s’attend à ce qu’il travaille à mettre le service en place. Je ne comprends pas pourquoi on continue de ne pas mettre ce projet dans les priorités», mentionne Christine Labrie.  

«Le CIUSSS s’était engagé à travailler sur le projet et à ne pas reprendre le projet déposé par les organismes communautaires. Il voulait en élaborer un qui était à la base prévue pour le mois de juin. Avec la pandémie, le projet a été retardé et je comprends totalement. En juin, on nous a dit que ça allait être en septembre. Au mois d’août, on m’a réitéré qu’il allait être prêt en septembre. Finalement, à la fin du mois de septembre, le CIUSSS nous a dit que le projet n’était pas prêt. Je leur ai fait savoir que j’étais très déçue», souligne-t-elle. 

Christine Labrie croit fermement que la pandémie de la COVID-19 n’est pas une raison valable pour retarder le projet. «Non seulement c’est un besoin de longue date dans la région, mais en plus, la pandémie accentue ce besoin et on le sait. La pandémie a un impact sur la santé mentale et sur la détresse psychologique des gens, et ce, peu importe la tranche d’âge et le milieu de travail. À mon sens, on devrait accélérer le processus et ce n’est pas ce qui se produit actuellement.» 

«Ma patience s’effrite par rapport à ça, car on sait que les besoins augmentent au sein de la population. Dans la mesure où la démonstration est faite par le CIUSSS lui-même que ça répond à un besoin dans la région, il n’y a pas de raisons de retarder le projet», ajoute-t-elle. 

Christine Labrie évoque que le projet nécessitera des investissements de la part du gouvernement du Québec. «Ce n’est pas à même le budget actuel du CIUSSS qu’il faut réaliser ce projet de mon point de vue. Il faut aller chercher des fonds supplémentaires pour le faire, mais je ne peux pas aller revendiquer des fonds à Québec pour un projet qui n’est pas encore soutenu par le CIUSSS.» 

Mme Labrie soutient qu’elle a d’ailleurs proposé au CIUSSS de l’Estrie-CHUS que son équipe se charge de mettre en place une rencontre entre les différents partenaires du milieu. «Je vais assurer un suivi de plus en plus serré là-dessus, car je me rends compte que chaque fois qu’on demande des nouvelles, le dossier n’a pas avancé. Je commence à être tannée qu’il soit toujours à la remorque.» 

Elle rappelle d’ailleurs qu’une révolution serait nécessaire dans les soins de santé mentale au Québec. «Les délais sont extrêmement longs. Il y a des soins de santé mentale dans le public, mais les listes d’attente sont tellement longues qu’il faut avoir les moyens d’aller au privé pour en obtenir. Les problèmes de santé mentale sont souvent invisibles. Toutefois, si une plaie n’est pas traitée, elle va s’infecter. Une dépression qui n’est pas soignée peut aussi avoir de graves conséquences», conclut-elle.