Une trentaine de personnes ont assisté à une cérémonie tenue jeudi à la cathédrale Saint-Michel à la mémoire des personnes qui sont décédées seules au cours de la dernière année.

Célébrer ceux qui meurent seuls

Si la mort peut être triste, mourir dans la solitude peut l’être encore plus. C’est pourquoi le Diocèse de Sherbrooke a, pour la deuxième année, organisé une cérémonie pour les personnes qui sont décédées seules.

Steve Séguin, intervenant au Partage Saint-François, trouve que cette indifférence est très lourde. « On vit plein de choses avec ces gens-là. Parfois, ils disparaissent. Parfois, on apprend comme ça qu’ils sont morts. Dans l’indifférence totale. C’est des gens qui sont juste disparus », déplore-t-il.

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« Par exemple, on a su au mois de septembre qu’un monsieur que l’on connaissait s’était suicidé, raconte M. Séguin. Mon patron avait travaillé avec lui durant un an. Pendant l’été, il a décidé de mettre fin à ses jours. Le monsieur n’avait pas de famille, pas d’amis, il ne servait à rien dans le système, donc on l’a mis de côté. »

« On travaille pour leur vie, pas pour leur mort, poursuit-il. Ce sont des gens marginaux, très blessés, très malades. C’est la réalité. Il y a du monde qui meurt. Et il y a beaucoup de monde qui meurt dans notre clientèle », s’attriste M. Séguin. 

Pour la Coopérative funéraire de l’Estrie, et le directeur général de l’entreprise, François Fouquet, il est important de prendre soin de tous les membres de la communauté. Cependant, lorsque quelqu’un meurt seul, il s’agit toujours de quelque chose de déstabilisant. « On ne peut pas se faire de carapace à ça et ce ne serait pas sain de le faire. Ça deviendrait un travail auprès d’une marchandise, ce que l’on ne veut pas. C’est déroutant, car le travail qu’on fait à la coopérative, c’est d’accompagner les familles dans un deuil. Là, on est avec une personne décédée, mais personne autour n’est en deuil », exprime-t-il. 

Cette cérémonie est importante pour la responsable de la mission sociale au Diocèse de Sherbrooke, Caroline Dostie. « Il ressort beaucoup d’espoir de cette cérémonie. On se dit que ces gens ont existé et juste le fait qu’ils soient décédés de cette manière nous interpelle à aller plus les uns vers les autres », indique-t-elle. 

« Il y a un double objectif de, oui, célébrer ces gens-là, mais aussi de dire que ça existe, continue-t-elle. Si on n’en parle pas, on ne saura pas que ça existe, puisque ces gens-là décèdent dans l’anonymat. »