Serge Cardin souhaite laisser le champ libre à la plus jeune des trois candidats en lice, Noémie Rouillard, et va même jusqu’à inviter France Bonsant et Claude Forgues à faire comme lui.

Cardin se retire de la course

PRIMEUR / L’ex-député Serge Cardin a réfléchi jusqu’à la dernière minute, et il ne sera finalement pas de la course à l’investiture pour représenter le Bloc québécois dans Sherbrooke aux prochaines élections.

M. Cardin souhaite laisser le champ libre à la plus jeune des trois candidats en lice, Noémie Rouillard, et va même jusqu’à inviter France Bonsant et Claude Forgues à faire comme lui.

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« Je vois qu’il y a quelqu’un qui peut faire le travail et obtenir le comté pour le Bloc. Il faut avoir cette humilité-là de dire “je suis certain qu’elle va faire mieux que moi” », a exprimé M. Cardin en entrevue avec La Tribune mardi soir.

Âgé de 69 ans, M. Cardin assure qu’il « aurait été capable » de faire la campagne électorale et qu’il avait recueilli les signatures requises pour se présenter à l’investiture. Sauf qu’au moment d’envoyer son bulletin à la fin de mises en candidature à 17 h mardi, il a renoncé.

C’est d’ailleurs La Tribune qui a annoncé la décision de M. Cardin au président de l’exécutif du Bloc québécois dans Sherbrooke, Marc Bouliane, mardi soir.

« Je suis surpris. Je lui avais parlé lundi et il était prêt à déposer son bulletin », a dit M. Bouliane.

L’investiture sera donc disputée entre France Bonsant, qui a été députée bloquiste de la circonscription voisine de Compton-Stanstead entre 2002 et 2011, Claude Forgues, qui a déjà représenté le Parti québécois dans Sherbrooke sur la scène provinciale, et Noémie Rouillard, une avocate montréalaise de 42 ans, qui a vécu à Sherbrooke jusque dans la jeune trentaine et qui désire revenir vivre dans sa ville d’attache, précise-t-elle.

Par communiqué, Mme Rouillard dit avoir la conviction de pouvoir apporter beaucoup à la circonscription grâce à ses compétences juridiques, sa rigueur et sa capacité de défendre les valeurs et intérêts des Sherbrookois, de manière à contribuer à l’innovation et au dynamisme de la ville.


« Débattre avec des gens que je connais depuis toujours, dans le même parti, et faire des perdants, ça ne me tente pas. »
Serge Cardin

Serge Cardin, qui a été conseiller municipal à Sherbrooke durant 12 ans, député du Bloc québécois dans Sherbrooke de 1998 à 2011 puis député du Parti québécois à l’Assemblée nationale entre 2012 et 2014, estime sans prétention qu’il aurait pu aller rechercher la circonscription, advenant que les militants bloquistes de Sherbrooke lui en aient donné le mandat.

Sa lecture du contexte politique l’amène à penser que Noémie Rouillard pourrait aussi y arriver.

« Un moment donné, il faut faire le move, il faut bouger là-dessus. On est rendu dans une période où il faut aller avec du renouveau, les jeunes, on s’en va dans ce sens-là. J’ai parlé avec Mme Rouillard et je pense qu’elle est capable de faire la job. Le contexte est bon. On l’a vu dans Sherbrooke en 2017, on avait un ministre libéral [Luc Fortin] et oups, [la solidaire] Christine Labrie est arrivée, une femme relativement jeune. Je me dis que ça aussi ça pourrait arriver au Bloc. »

M. Cardin ne cache pas non plus que d’avoir à affronter Claude Forgues et France Bonsant a pesé dans la balance.

« J’ai aimé ça me battre contre de vrais adversaires [durant ma carrière politique], mais là, d’une certaine façon, débattre avec des gens que je connais depuis toujours, dans le même parti, et faire des perdants, ça ne me tente pas. »

Est-ce que la lutte pour la circonscription de Sherbrooke s’annonce ardue, Monsieur Cardin, avec le député néodémocrate sortant Pierre-Luc Dusseault, en poste depuis 2011, la libérale Élisabeth Brière et le conservateur Dany Sévigny, qui sont tous relativement connus dans la région ?

« Ce ne serait pas simple, je l’avoue, mais ce n’est jamais simple. J’ai eu à affronter dans le passé des gens qui étaient censés avoir une très bonne notoriété, rétorque-t-il. Mais il faut faire attention, il y a des gens dont on pense que tout le monde les connaît, les respecte, les admire, même, jusqu’à un certain point. Or souvent, ils sont dans les médias, ils sont un peu partout dans les activités, mais ils sont très rarement sur le terrain. »

« Moi j’ai l’impression que ça devrait être une bonne année [pour Sherbrooke], continue-t-il. Rappelez-vous que Mme Labrie a battu Luc Fortin et que notre candidat péquiste Guillaume Rousseau a subi une débandade épouvantable. Et elle est rentrée avec un bon résultat. Tout, tout, tout peut arriver en politique. Il ne faut rien tenir pour acquis. »

Celui qui se disait en sabbatique depuis sa défaite aux élections provinciales de 2014 se dira désormais à la retraite.

« Je tourne la page sur la politique active comme je l’ai faite jusqu’ici, que ce soit au conseil de ville, au fédéral ou à Québec. Mais j’ai bien aimé ça, je dois l’avouer. J’avais toujours la passion du grand projet qu’on portait — et qu’on porte toujours d’ailleurs — qui m’incitait à vouloir me présenter encore pour reprendre le comté pour le Bloc. Mais dans le contexte actuel, j’en suis venu à la conclusion que je pouvais me retirer parce qu’il y a quelqu’un qui pourrait gagner. »

L’investiture bloquiste dans Sherbrooke aura lieu le 5 septembre dans les locaux de Sercovie. Le comédien Denis Trudel, candidat du Bloc dans la circonscription de Longueuil-Saint-Hubert, sera l’orateur invité.

Compton-Stanstead

Par ailleurs, dans Compton-Stanstead, le Sherbrookois David Benoît a été confirmé pour porter les couleurs du Bloc québécois mardi soir.

« Il y a énormément de renouvellement au Bloc québécois en vue des élections d’octobre prochain et c’est grâce à des jeunes qui ont du cœur au ventre comme David Benoît. Nul doute qu’il se tiendra debout pour que nos producteurs sous gestion de l’offre obtiennent ce qu’ils ont clairement demandé : un chèque de compensation avant les élections. David est un indépendantiste convaincant qui saura démontrer que le Québec est mal servi lorsqu’il délègue des pouvoirs au gouvernement loin des gens de la nation voisine », en a dit le chef de la formation politique, Yves-François Blanchet, par voie de communiqué.

Scénographe de formation, David Benoît est actuellement vice-président du Forum jeunesse du Bloc québécois, qui a joué un rôle majeur dans le processus de refondation du parti, précise-t-on.