La procureure aux poursuites criminelles et pénales Me Joanny St -Pierre, la directrice du CAVAC Karine Gagnon Estrie et la chargée de projet de la caravane #moiaussi chez Juripop Me Marie-Maude R. Beauvais.
La procureure aux poursuites criminelles et pénales Me Joanny St -Pierre, la directrice du CAVAC Karine Gagnon Estrie et la chargée de projet de la caravane #moiaussi chez Juripop Me Marie-Maude R. Beauvais.

Caravane #moiaussi: les victimes ne sont pas seules

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Si aucune cible en terme de fréquentation n’avait été fixée, l’objectif de la caravane #moiaussi, qui se déroulait mardi à Sherbrooke, était clair : faire comprendre aux victimes de crimes sexuels qu’elles ne sont pas seules.

Le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), Juripop, le directeur aux poursuites criminelles et pénales (DPCP), le Service de police de Sherbrooke et le SHASE de l’Estrie étaient entre autres réunis pour offrir de l’information gratuite et confidentielle dans le cadre de la tournée québécoise de cette clinique juridique et sociale.

« Nous avons remarqué qu’il y avait un besoin pour les personnes victimes tant sur le plan de la connaissance de leurs droits, de leurs recours et pour obtenir un soutien psychosocial », explique la chargée de projet de la caravane #moiaussi, Marie-Maude R. Beauvais de Juripop.

La directrice du CAVAC de l’Estrie Karine Gagnon rappelle que la caravane offre de l’information de plusieurs professionnels en un seul endroit, mais qu’en tout temps plusieurs services sont disponibles pour les victimes de crimes.

« L’accompagnement se fait dans tout ce que ça veut dire être une victime et dans toutes les conséquences. Nous donnons aussi du soutien technique dans les programmes d’indemnisation. Nous parlons aujourd’hui de violence sexuelle, mais le CAVAC offre des services pour tous types de crimes, peu importe l’âge ou le moment où le crime a eu lieu » », assure Karine Gagnon du CAVAC.

Le CAVAC est présent dans tous les postes de police en Estrie pour prendre connaissance des rapports d’évènements et faire des contacts proactifs auprès des victimes.

« Le CAVAC représente le volet psychosocial du système de justice. Des services sont disponibles qu’une plainte criminelle soit faite ou non. Nous soutenons la personne dans les symptômes posttraumatiques qu’elle peut vivre, les impacts dans sa vie et dans sa réflexion si elle porte plainte ou non. Si elle va de l’avant, nous pouvons l’accompagner au service de police et tout au long du processus judiciaire », mentionne Karine Gagnon du CAVAC.

Me Joanny Saint-Pierre estime qu’il est du devoir du directeur aux poursuites criminelles et pénales (DPCP), qu’elle représente, d’informer la population sur son rôle dans le système de justice en matière de crime à caractère sexuel.

« Le processus judiciaire n’est pas agréable à revivre à la suite d’un évènement qui est traumatique à la base. Il est important que les plaignants ou les plaignantes retiennent qu’ils ne sont pas seuls. Ils sont accompagnés du début jusqu’à la fin du processus judiciaire », assure Me Saint-Pierre.

La caravane, qui sillonnera 12 régions du Québec, a été créée à Montréal à la suite des dénonciations du mouvement #moiaussi en 2017.

« Nous accueillons les victimes de violence sexuelle. Il y a des intervenants de divers organismes pour offrir des services gratuits et sans rendez-vous. Le but n’est pas de pousser les gens à porter plainte, mais bien d’offrir de l’information pour autonomiser les gens afin qu’ils reprennent un contrôle qu’ils ont peut-être perdu à un moment de leur vie et de décider quelle est la meilleure chose pour eux soit une plainte criminelle, un recours civil ou un suivi psychosocial », indique Me Beauvais.

Une ligne téléphonique d’informations pour les violences sexuelles est disponible au 1 877 547-3727.