La Dre Geneviève Ricard fait partie des quatre médecins du CHUS qui effectueront le Défi Groenland au profit de la Fondation du CHUS dans l’objectif d’améliorer la santé et le bien-être des personnes âgées accueillies aux urgences des hôpitaux de Sherbrooke.

Cap vers une certification « urgence amie des aînés »

Les salles d’urgence des deux hôpitaux sherbrookois cheminent pour obtenir la certification « salle d’urgence amie des aînés », qui serait une première au Québec. Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ? Cette certification est synonyme d’une salle d’urgence où, dès l’admission d’un patient âgé, on met tout en œuvre pour éviter qu’il soit immobilisé et qu’il devienne désorienté.

« La proportion de patients âgés est en augmentation constante dans nos salles d’urgence et cela va s’accentuer avec le vieillissement de la population », soutient Dre Geneviève Ricard, gériatre au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Prenons un exemple typique. Une personne âgée chute chez elle et a du mal à se relever. Ses proches appellent l’ambulance. Dès son admission à l’hôpital, la personne est couchée sur une civière. Plusieurs heures, voire une journée ou deux peuvent se passer avant que l’évaluation soit complétée et tous les tests passés.

« Si elle reste alitée tout ce temps, la personne se déconditionnera très vite. On dit que chaque journée d’immobilisation demande trois journées de récupération chez les gens âgés », explique la gériatre.

Les conséquences peuvent alors être lourdes. « Si la personne avait reçu les traitements appropriés dès son admission, son état n’aurait pas nécessité d’hospitalisation. Mais rester alité ou seul dans sa civière, ça augmente les risques de délirium (confusion) et de déconditionnement physique, donc plus de difficultés à se lever ou à se coucher seul, par exemple, des complications qui peuvent nécessiter une hospitalisation », ajoute Geneviève Ricard.

Alors que peut-on faire pour aider les aînés à mieux vivre leur séjour à la salle d’urgence ?

Toutes sortes de choses en fait, des petites et des plus grandes.

« Des fois, ça peut paraître simple, mais ce sont des petites choses qui peuvent faire une grande différence. Par exemple, souvent les gens partent de chez eux en pleine nuit et arrivent en ambulance sans chaussure dans les pieds. Alors on aimerait pouvoir avoir des bas antidérapants disponibles à la salle d’urgence pour permettre aux aînés de marcher de façon sécuritaire », explique Dre Ricard.

Avoir des amplificateurs de son disponibles faciliterait aussi la communication avec les aînés qui sont partis sans leur appareil auditif ou dont les problèmes d’audition ne sont pas soignés au quotidien.

« Il faut aussi avoir des calendriers et des horloges bien à la vue pour aider les gens à demeurer orientés », soutient la Dre Ricard.

« Il faudrait tenir les aînés occupés afin d’éviter qu’ils deviennent confus, avec des tablettes électroniques par exemple. C’est plus cher, mais ce serait efficace », cite Geneviève Ricard.

Une pièce de la salle d’urgence de l’Hôpital Fleurimont et une à l’Hôtel-Dieu pourrait aussi être aménagée comme un « petit appartement » afin de bien évaluer la condition des patients avant leur congé de l’hôpital. « Évaluer si une personne est correctement capable de se coucher et de se relever d’un lit, c’est bien différent de le faire à partir d’une civière où la hauteur est différente », mentionne la Dre Ricard.

Défi Groenland

La demande de certification chemine et pour donner un coup de main à la mise en place du projet, quatre médecins sherbrookoises dévouées et engagées ont décidé de se lancer dans une grande aventure caritative : celle du Défi Groenland, orchestré par la Fondation du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).

Le défi qui les attend est grand : une traversée du Groenland en kayak de mer et à la marche du 2 au 16 août. « Nous partons cinq jours en kayak en autonomie complète et nous ferons cinq journées de marche », explique-t-elle.

Dre Ricard sera accompagnée d’une de ses amies, Dre Isabelle Boulais, spécialiste en médecine interne, et de deux autres médecins, Dres Annie Hébert et Dominic Harnois, toutes deux urgentologues à l’Hôtel-Dieu et à l’Hôpital Fleurimont.

« Cette cause, celle d’aider nos patients âgés, nous tient à cœur à toutes les quatre », explique la gériatre.

Jusqu’à présent, les quatre médecins ont recueilli environ 36 000 $ qui seront versés, par le biais de la Fondation du CHUS, au projet d’améliorer la santé et le bien-être des personnes âgées accueillies aux urgences des hôpitaux de Sherbrooke.

Il est toujours possible de faire un don pour la cause en se rendant sur le site www.defigroenlandchus.org/.