Danny McConnell, directeur du SPS, fait le bilan d’un an de légalisation du cannabis.

Cannabis légal : Sherbrooke a fait les bons choix, juge le SPS

Un an après la légalisation de la marijuana au Canada, on se rend compte que des mesures prises à Sherbrooke pour encadrer l’usage ont été bénéfiques.

C’est le bilan que dresse le directeur du SPS, Danny McConnell, à l’an un de cette politique instaurée l’automne dernier par le gouvernement de Justin Trudeau.

M. McConnell donne l’exemple de l’interdiction de consommer dans les parcs de la Ville de Sherbrooke. « Nous avons eu à distribuer une trentaine de constats, ce n’est pas beaucoup, analyse-t-il. Il y a quand même 195 parcs à Sherbrooke. Et nous préférions étendre l’interdiction partout au lieu de semer de la confusion en le permettant dans un parc et pas dans un autre, et à une heure et pas à une autre. »

« J’ai présidé un comité consultatif et nous avons recommandé l’interdiction dans toutes les places publiques de la Ville. Nous pensions qu’il était plus facile de réduire au début que d’augmenter l’interdiction par la suite. C’est ce qui est arrivé aux États-Unis et ça n’a pas été facile. Pour l’instant ici ce n’est pas un problème. »

Rappelons que la légalisation de la marijuana à des fins récréatives est entrée en vigueur au Canada le 17 octobre 2018. Le passage à la légalité n’a pas provoqué les secousses dont plusieurs appréhendaient.

« Je m’attendais à plus de problèmes que ça », avoue M. McConnell en entrevue avec La Tribune.

« Nous avions analysé ce qui s’était passé ailleurs où le cannabis avait été légalisé, comme le Colorado. Il y avait eu plus d’accidents mortels et plus d’interventions dans les parcs. »

Au plan criminel, on a quand même dû intervenir plus qu’avant. Le Groupe ACCÈS, visant à contrer le marché souterrain, a ouvert 31 dossiers qui ont mené à 35 arrestations, ajoute-t-il.

Le marché noir encore actif

Le regroupement des corps policiers sherbrookois et magogois a réussi à limiter le marché noir du cannabis, même s’il continue d’être actif.

Les conduites avec facultés affaiblies par la drogue ont aussi progressé. Elles ont même triplé, fait remarquer le chef de police. « Nous avons fait 37 arrestations pour facultés affaiblies par la drogue. Les gens prennent le volant même s’ils ont consommé. »

« Nous avons reçu aussi des appels de citoyens se plaignant du comportement de personnes ayant consommé, comme du bruit ou du trouble. Nous avons ouvert 85 cartes d’appel », détaille-t-il.

On a dû former des policiers pour répondre aux différentes situations impliquant la consommation de cannabis. On est aussi en attente d’équipements pouvant mieux détecter la consommation.

Le SPS devra aussi se préparer à l’arrivée sur le marché légal du cannabis comestible, sous forme de bière ou de bonbon, par exemple. « Le cannabis sera plus accessible », note Danny McConnell.

« Il va falloir s’adapter. Il y a un certain danger, notamment en ce qui concerne les enfants. Un jujube, c’est un jujube pour un jeune… »

Récemment, Statistique Canada démontrait qu’une grande partie des Canadiens continuent de se tourner vers le marché noir, un an après l’entrée en vigueur de la nouvelle législation.

Les dépenses des ménages canadiens pour l’achat légal de produits du cannabis ont augmenté depuis un an. Des prix plus élevés pourraient expliquer cette préférence envers le marché noir, soulignait-on.

Toutefois, mentionne M. McConnell, la SQDC a annoncé une baisse des prix de ses produits pour contrer le marché noir.