Camps de jour : 75 % d’inscriptions, une confusion pour tout le monde

Andréanne Beaudry
Andréanne Beaudry
La Tribune
Sherbrooke — La confusion constatée lundi dernier au conseil municipal concernant le nombre d’inscriptions admissible dans les camps de jour s’est transportée mardi auprès des organismes désignés gestionnaires (ODG), ceux à qui on confie la gestion des camps de jour. Ces ODG n’avaient pas été avisés que la Ville augmenterait la capacité maximale dans les camps de jour.

Rappelons que lors du conseil municipal du 15 juin dernier, la capacité d’accueil des camps de jour est passée de 60 à 75 % de la capacité habituelle dans une certaine confusion.

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Les élus municipaux ne semblaient pas au courant de ce changement, et ce, à quelques jours de l’ouverture des camps de jour. Et devant l’incertitude, la présidente du conseil municipal, Nicole Bergeron, a présumé que les fonctionnaires municipaux avaient certainement consulté le milieu avant de proposer cette hausse.

« Si le ratio de 75 % ne convient pas, nous reviendrons avec une abrogation pour statuer sur le pourcentage que les organismes sont capables de livrer », soulignait Nicole Bergeron au dernier conseil municipal.

La raison de cette hausse du seuil maximal du nombre d’inscriptions est simple, explique la Ville de Sherbrooke à La Tribune, au lendemain du conseil municipal. En fait, le seuil précédent reposait sur la capacité totale des camps de jour, dans un été sans pandémie, et non sur le nombre d’inscriptions recueilli. 

Au Service des communications de la Ville de Sherbrooke on dit comprendre que l’annonce paraît surprenante, mais que la situation est évaluée autrement. On ajoute aussi que la décision a été prise en concertation avec les gestionnaires de camps de jour.

Toutefois, au moins trois organismes désignés gestionnaires n’auraient pas été consultés avant ladite annonce. En effet, la directrice générale de Loisirs Acti-Famille, Nancy Robichaud, affirme avoir appris la nouvelle mardi matin seulement. 

La directrice générale de Loisirs Acti-Famille se demande aussi de quelle manière la Ville de Sherbrooke a interprété les chiffres qu’elle a fournis dernièrement.

Elle a récemment été sondée sur son nombre d’inscriptions, mais à part cela, rien ne l’avertissait d’une telle hausse. Pour Nancy Robichaud, ce n’est pas possible d’augmenter davantage le nombre d’enfants inscrits en raison d’un manque de ressources.

« Je ne peux pas me rendre plus loin, peut-être 51 ou 52 % maximum, mais assurément pas 75 % », mentionne Nancy Robichaud, dont les inscriptions actuelles atteignent environ quarante-neuf pour cent du seuil maximal habituel.

D’ailleurs, dans le contexte actuel, la principale difficulté à surmonter pour Nancy Robichaud est l’embauche des animateurs de camps de jour.

« Les locaux, c’est aussi une problématique, mais nous avions réussi à tous les trouver. Nous sommes toujours dans le processus d’embauche. Quand j’en engage deux, il y en a trois qui lâchent. Donc ce n’est pas une situation qui avance vite et je ne pourrai pas augmenter de quinze pour cent », ajoute la directrice générale de Loisirs Acti-Famille.

Même constat pour la directrice générale Martine Staehler du Carrefour accès loisirs, et pour le directeur général de Loisirs Fleuri-Est, Sylvain Turcotte. Ils n’étaient pas au courant de cette modification avant l’annonce au conseil municipal.

« Disons que ce fut une surprise », écrit le directeur général, Sylvain Turcotte, dans un courriel à propos de cette soudaine mise à jour.

Martine Staehler souligne qu’elle n’est peut-être pas la personne la plus au courant du dossier, mais que la distanciation physique reste un défi pour plusieurs gestionnaires.

« Je ne peux pas aller plus haut, car mes locaux, je ne peux pas les agrandir. Bref, c’est aussi simple que cela », explique Martine Staehler à propos du principal obstacle qui l’empêche d’accueillir plus de jeunes cet été.

La conseillère municipale du district de Rock Forest, Annie Godbout, est consciente des enjeux auxquels les gestionnaires sont confrontés. Puisqu’elle a reçu, tout comme ses collègues, plusieurs « cris du cœur » des organismes désignés gestionnaires.

« La greffière a dit que c’était toujours bon de laisser une trace publique de ce genre de décision. C’est donc pour cette raison qu’on le ramenait au conseil, mais nous [les élus], nous n’avions pas relu le dossier, car pour nous il était clos », explique Annie Godbout.

En réalité, selon les propos d’Annie Godbout, c’est une modification du pourcentage d’accès et non des ratios entre enfants et animateurs. D’une certaine manière, la situation ne change pas.

« Nos réactions, en voulant être très soucieux des enjeux, ont créé de la confusion. Puis chez les ODG par la suite. Bref, je pense qu’il y a eu un effet d’entraînement. Mais dans les faits, même si l’accès change, les ratios ne changeaient pas », souligne Annie Godbout, consciente du malentendu lié au dernier conseil municipal.

Selon les informations de La Tribune, il semblerait qu’une rencontre est prévue prochainement entre les ODG et la Ville de Sherbrooke pour éclaircir la situation.