Camionnage à New York : oui à l’État, non à la ville

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Certains camionneurs refusent maintenant de s’aventurer dans la ville de New York. Selon le président directeur général de l’Association des camionneurs du Québec (ACQ), Marc Cadieux, « il n’y a plus beaucoup d’expéditeurs qui sont même ouverts [à prendre la direction de la Grosse Pomme] ».

« C’est de plus en plus difficile, a-t-il confié en entrevue avec La Tribune jeudi. Certains transporteurs se sont retirés pour ce qui est de l’intérieur de la ville. [...] Les chauffeurs sont extrêmement inquiets si vous leur demandez d’entrer dans la ville de New York. Cependant, sur les grands réseaux routiers pour traverser, c’est moins un enjeu. »

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L’État de New York, pas un problème

Pour le camionneur François Pichette, qui traverse régulièrement l’État de New York, « rien n’a changé, à part qu’il n’y a pas de voitures aux douanes ». « Il y a des voitures de police, mais elles nous font signe de passer », raconte celui qui s’apprêtait à passer par cet état qui est durement touché par l’épidémie de la COVID-19. 

« Je ne suis pas passé par la ville de New York, je suis dans Syracuse  », précise-t-il.

« Cette partie de l’État de New York n’est pas la plus touchée. Mais les gens de cet état sont plus attentifs que les citoyens de bien d’autres états. Si j’avais eu assez de diésel pour me rendre plus loin, je serais probablement arrêté en Pennsylvanie quand même. De toute façon, il n’y a pas beaucoup de camionneurs qui mettent du diésel dans l’État de New York, car ça coûte beaucoup plus cher qu’ailleurs », estime M. Pichette, ajoutant être surpris par la lourdeur du trafic dans une banlieue de Chicago, même à 5 h.

Diane Cartier, une camionneuse qui était en direction de la Californie, a remarqué une baisse de l’achalandage sur le réseau routier. « Il y a de l’espace, je me fais moins couper. La semaine passée, on est revenus une demi-journée plus rapidement, car il y avait moins de trafic [...] Cette semaine, il y en a encore moins. Un jour, on sera peut-être juste les camionneurs essentiels. C’est sûr que ça aide », assure-t-elle.

Mesures

François Pichette avoue qu’il a plus peur du trouble social des États-Unis, qui ont vu les armes se vendre comme des petits pains chauds, que de la COVID-19. « Les protocoles sont plus serrés qu’il y a deux semaines. Je n’ai pas eu de contact de près avec personne dans ce voyage », confirme-t-il.

« Je vois du monde tout seul dans leur auto avec leur masque, renchérit le camionneur. Moi, je mets un masque quand je pense que je pourrais être proche de quelqu’un. Je ne suis pas particulièrement maniaque, mais j’en ai de disponibles. La compagnie a fourni du désinfectant pour les mains, pour le camion, des lingettes et des essuie-tout. »

Diane Cartier, qui travaille avec son conjoint, se réjouit des mesures qu’a prises Trans-West, l’entreprise pour laquelle elle travaille. « Notre patron nous fournit les lunchs, déjeuners, dîners et soupers pour les six jours du voyage. Si on fait attention, on a de bonnes chances de ne rien attraper. Ils tiennent à nous et ça paraît », décrit-elle.

« On sort du camion pour le remplir et pour aller à la salle de bain », dit celle qui était en Arizona lors de l’entrevue pour aller chercher des fruits et des légumes.