L’expulsion de Camilo Baldivia du programme de sport-études au Triolet amène toutefois quelques commissaires à réclamer une réflexion sur l’inclusion dans les programmes à vocation des écoles publiques.

Camilo reste exclu du sport-études

Après avoir entendu lundi soir les deux parties, le comité de révision des plaintes de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke a recommandé le maintien de la décision de la direction de l’école Le Triolet d’expulser l’élève de sport-études Camilo Baldivia. L’échec de son cours d’arts plastiques et un effort insuffisant en classe avaient justifié la décision de l’école. La famille de l’élève a tenté de faire renverser le verdict compte tenu des difficultés d’apprentissage de Camilo, son risque de décrochage scolaire, son apport positif au sein d’un groupe et l’impossibilité de reprendre le cours d’arts plastiques de secondaire 3, un cours non obligatoire à l’obtention du diplôme d’études secondaires.

La publication du dossier concernant l’expulsion de l’élève lundi matin dans les pages de La Tribune a suscité un débat et de vives réactions, notamment sur les réseaux sociaux. Les avis étaient partagés et polarisés. 

À la suite de l’audition séparée à huis clos, lundi soir, de Jean-Benoît Jubinville, directeur adjoint à l’école secondaire du Triolet, et Rémy Fontaine, directeur de l’école secondaire du Triolet, puis de la famille de Camilo Baldivia, le comité de révision a présenté une recommandation au Conseil des commissaires de mardi soir. Le Conseil a tenu un vote et 13 des 16 commissaires ont voté en faveur du maintien de la décision de l’école d’expulser l’élève. 

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« Attendu la nécessité pour la Commission scolaire de s’assurer que la réussite du diplôme d’études secondaires de l’élève n’est pas compromise par son engagement dans un programme sport-études. Attendu que le programme de 4e secondaire que réalisera l’élève en 2018-2019 implique la réussite de plusieurs matières à sanction obligatoires pour l’obtention d’un diplôme », a notamment souligné Simon Filteau, commissaire qui a fait la lecture de la résolution adoptée lors de la séance du Conseil.

Les commissaires Maxim Beauregard Dionne, Pierre Myre et Lyne Moreau ont voté contre la recommandation et deux autres commissaires, Christelle Lefebvre et Ba Ndiaga, ont demandé au Conseil de créer des occasions pour réfléchir davantage à la question d’inclusion dans les programmes à vocation dans les écoles publiques. 

« C’est un cas touchant. Au-delà de ce jeune, d’autres jeunes ont vécu, vivent ou vivront ces difficultés. Est-ce qu’on doit les aider davantage? » a demandé M. Ndiaga ajoutant qu’il était mal à l’aise avec le verdict même s’il l’a appuyé.

« Il y a deux aspects fondamentaux. La vision que l’on a de l’inclusion, sur laquelle il faut un débat, car il y a plusieurs positions possibles. Mais il y a également les décisions discriminatoires allant à l’encontre de la Charte et des lois. Plusieurs fois, quelques collègues et moi avons soulevé les enjeux au Conseil des commissaires, sans résultat. La volonté d’en parler n’est pas là. Certains commissaires, dont notre Président, croient encore que les vocations particulières servent à raccrocher des jeunes à l’école, alors que d’autres confirment que c’est un outil de lutte à la concurrence du privé, mais sans y voir de problème sur la composition de nos classes ordinaires », a commenté le commissaire démissionnaire Maxim Beauregard Dionne.

Offre de poursuivre au programme régulier

La décision du comité de révision a été communiquée aux parents mardi en fin d’après-midi. « Je suis déçue. Mais je suis contente d’être allée jusqu’au bout et j’espère que la réflexion va se poursuivre et se fera à un niveau supérieur, au ministère de l’Éducation. On doit se pencher comme société sur la question de l’inclusion dans nos écoles », a commenté Sylvie Lavallière, mère de Camilo.

Rappelons que la CSRS avait offert vendredi que l’école La Triolet reprenne Camilo dans son programme régulier si la famille ne présentait pas sa plainte devant le comité de révision des plaintes. Les commissaires ont finalement maintenu l’offre faite à Camilo de poursuivre son parcours scolaire à l’école Le Triolet si les parents déboursent les frais de transport. Camilo a donc la possibilité de demeurer dans l’école qu’il fréquente depuis trois ans avec ses amis plutôt que d’être transféré dans son école de quartier, La Montée, comme il était prévu lors du renvoi. Si à la fin de l’année scolaire 2018-2019 Camilo répond à tous les critères d’admission, il pourra réintégrer le programme sport-études en 2019-2020. 

L’école Marie-Rivier de Drummondville aurait offert de prendre Camilo dans son programme sport-études, selon Mme Lavallière, qui discutera des options avec son fils.