Le premier ministre François Legault en conférence de presse à Québec, mercredi
Le premier ministre François Legault en conférence de presse à Québec, mercredi

«Ça va faire!»: Legault passe à la répression avant un possible reconfinement [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
François Legault n’est pas rendu à reconfiner le Québec durant les Fêtes. Pas encore. Mais «on n’est plus à l’étape d’avertir le monde, on a dépassé cette étape-là. On est à l’étape de donner des amendes. On va avertir tout le monde. Il n’y aura pas d’excuses», prévient le premier ministre.

À 14h30, mercredi, le système Québec En Alerte retentira sur tous les téléphones, télévisions et postes de radio au Québec. Mais ne craignez pas un enlèvement d’enfant ou une tornade éminente.

Le message portera sur les dangers de la COVID-19 et surtout les dangers de ne pas respecter les règles sanitaires, a dévoilé M. Legault, lors de son point de presse tenu sur l’heure du dîner.

Un scénario de reconfinement pour quelques semaines est à l’étude. «On n’est pas rendus là, la décision n’est vraiment pas prise, mais on va suivre la situation dans les prochains jours. On va voir», assure M. Legault.

Le gouvernement réfléchit néanmoins au moment idéal pour annoncer une éventuelle obligation de fermeture des entreprises et des commerces non essentiels. «Doit-on l’annoncer à l’avance? À la dernière minute? Si on l’annonce trop à l’avance, est-ce que les gens vont se lancer, pour les journées qui restent, pour aller tous dans les magasins? Ça fait partie justement des arguments pour ou contre les différents scénarios.

«Si on ferme les magasins, pour quelle période, puis à quel moment on l’annonce? Pour l’instant, il n’y a rien de prévu dans la fermeture des magasins. Mais évidemment, si on voit qu’on n’est pas capables de contrôler le nombre d’hospitalisations, on n’aura pas le choix que d’aller une étape plus loin», a-t-il partagé.

Plus de contraventions

Le premier ministre relance son appel aux employeurs à limiter au minimum les activités dans leurs locaux du 17 décembre au 4 janvier. «On a absolument besoin de donner un grand coup pendant le temps des Fêtes pour casser la deuxième vague», a-t-il justifié.

Et en attendant, le temps n’est plus aux avertissements, aux explications et aux deuxièmes chances. La phase de répression est bel et bien enclenchée.

«J’ai demandé aux policiers puis à la commission santé et sécurité [CNESST] de donner plus de contraventions. Ce n’est pas vrai qu’une minorité de Québécois va mettre à risque la majorité des Québécois. Dans les prochains jours, il va y avoir plus de contraventions de données aux individus, aux entreprises qui ne respectent pas les règles. Je rappelle, les amendes peuvent aller jusqu’à 6000 $. Ça va faire! À un moment donné, il faut être capable d’envoyer un message très clair à cette petite minorité qui ne respecte pas les règles», a tranché le premier ministre Legault.

Ça remonte dans les grands centres

Comme d’habitude accompagné de son ministre de la Santé, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, M. Legault a continué de marteler que trop de personnes sont hospitalisées à cause de la COVID-19 au Québec. Le système de santé va finir par craquer.

Mercredi, ce nombre était à 844, en hausse de neuf depuis la veille. Une centaine de plus que le mercredi précédent (740).

Les cas dépistés ont aussi recommencé à grimper dans les grands centres. La région de la Capitale-Nationale en a ajouté 230 et a surpassé le plateau des 200 cas quotidiens pour la deuxième fois en cinq jours. Ce n’était pas arrivé au cours des sept semaines précédentes.

La région de Montréal, avec 478 nouveaux cas, flirte avec les 500 nouveaux cas par jour depuis cinq jours.

Avec l’arrivée du vaccin, «on voit la lumière au bout du tunnel. Les prochaines semaines vont être très, très, très importantes. Mais pendant ces semaines-là, j’ai besoin de l’appui de tous les Québécois», demande le premier ministre Legault, parlant aussi de «semaines critiques».

Défi 123 jours?

Il espère avoir de bonnes nouvelles à annoncer le 11 janvier, dernière date en lice pour la remise en question des mesures. Mais miser plutôt sur la fin janvier, ce qui mènerait à un défi amorcé pour 28 jours et qui en totaliserait finalement 123.

«Si on a les doses d’ici le 31 janvier, on pourrait commencer à parler d’un plan de déconfinement», constate M. Legault.

Le gouvernement du Québec espère alors avoir les doses nécessaires pour vacciner l’entièreté des résidents des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et des résidences privées pour aînés (RPA) d’ici la fin du mois de janvier.

Comme 70 % des personnes qui décèdent de la COVID habitent ces lieux de vie, les placer à l’abri du méchant virus ferait redescendre la pression.