L'équipe du Dr Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue et professeur-chercheur au Centre de recherche du CHUS et à la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke, a démontré l'efficacité d'administrer deux types d'antibiotiques afin de diminuer les risques de rechutes liées à une infection de C. difficile.

C. difficile : une découverte réduit les risques de rechutes

Une percée importante dans la prévention des rechutes liées à la bactérie Clostridium difficile vient d'être mise au point par une équipe de microbiologistes-infectiologues du Centre de recherche du CHUS et de la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke.
L'équipe du Dr Alex Carignan a découvert récemment que la prise simultanée de vancomycine orale, un antibiotique qui existe depuis des décennies, et un autre antibiotique non ciblé pour le C. difficile, a pour effet de réduire considérablement les risques de rechutes chez les patients ayant déjà connu une première récidive de cette maladie infectieuse.
Une infection au C. difficile survient habituellement après un traitement antibiotique au cours duquel l'équilibre de la flore intestinale a été affecté. Ses symptômes se manifestent par des diarrhées, de la fièvre et des crampes abdominales. Les personnes âgées ou malades sont les plus grandes victimes de ce type d'infection.
« Un des grands problèmes que l'on rencontre avec le C. difficile, c'est qu'il s'agit d'une infection qui va causer de multiples rechutes, indique le Dr Carignan. Dans notre pratique, on voit des patients qui vont faire jusqu'à une dizaine de rechutes. Ces rechutes peuvent avoir des conséquences catastrophiques, allant de l'hospitalisation jusqu'au décès. »
La découverte du Dr Carignan a permis de confirmer l'efficacité liée à la prise simultanée de la vancomycine orale et d'un autre antibiotique non ciblé au C. difficile, comme dans le cas d'une pneumonie ou d'une infection urinaire, lesquelles se manifestent souvent après une rechute de C. difficile.
« C'est une technique qui était déjà utilisée au CHUS et dans d'autres hôpitaux du Québec, mais sans jamais avoir de preuves de son efficacité, souligne le docteur Carignan. Or, on s'est rendu compte qu'elle peut diminuer de 50 % le risque de rechute chez des patients qui ont déjà fait des rechutes. »
Environ 500 patients ont fait l'objet de l'étude prospective du Dr Carignan dont les résultats ont été publiés dans l'édition de septembre de l'American Journal of Gastroenterology.
L'approche découverte par l'équipe du Dr Carignan est déjà implantée dans les établissements du CIUSSS de l'Estrie - CHUS ainsi qu'à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal.
« Même si les cas de C. difficile sont moins nombreux au CHUS par rapport à la moyenne provinciale (voir tableau), on se rappelle tous de la crise qu'avait connu le Québec en 2003-2004 », souligne le microbiologiste-infectiologue.
Soulignons enfin que l'équipe du Dr Alex Carignan participe actuellement à deux études internationales visant  à développer  de potentiels vaccins contre le C. difficile.
Cas de diarrhée associés au Clostridium difficile / 2013-2016
(Taux globaux de cas nosocomiaux par 10 000 jours)
2013-2014
Hôpital Fleurimont 3,3
Hôtel-Dieu de Sherbrooke 4,5
Moyenne provinciale 7,2
2014-2015
Hôpital Fleurimont 4,2
Hôtel-Dieu de Sherbrooke 3,8
Moyenne provinciale 6,8
2015-2016
Hôpital Fleurimont 3,1
Hôtel-Dieu de Sherbrooke 4,7
Moyenne provinciale 5,9