Bitfarms devra ajouter des mesures à celles déjà approuvées, à la demande de la Ville, pour assurer la quiétude des citoyens qui vivent autour de l’usine.
Bitfarms devra ajouter des mesures à celles déjà approuvées, à la demande de la Ville, pour assurer la quiétude des citoyens qui vivent autour de l’usine.

Bruit: la Ville demande des mesures supplémentaires à Bitfarms

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
À la lumière d’un avis d’un acousticien indépendant, la Ville de Sherbrooke entreprend de demander de nouvelles mesures d’atténuation du bruit de la part de Bitfarms, et ce, avant même la fin du plan d’action en cours pour la construction de deux murs coupe-son. Des discussions sont entamées pour assurer la quiétude des citoyens du secteur des rues Raimbault et Denault, soit tout autour du bâtiment de la rue de la Pointe.

L’entreprise de cryptomonnaie et la Ville s’étaient déjà entendues sur un plan d’action basé sur une étude acoustique effectuée à la demande de Bitfarms. Ce plan consiste au rehaussement d’un mur coupe-son déjà en place et l’ajout d’un autre mur devant les ventilateurs de l’entrée d’air de l’usine. Les travaux en cours doivent être terminés pour le 3 juillet, après quoi une étude sonore à 360 degrés doit démontrer l’efficacité des mesures.

À LIRE AUSSI: Bitfarms plus bruyant... temporairement

Ingrid Dubuc, directrice du Bureau de l’environnement, explique que la Ville s’est rendu compte que ces améliorations ne suffiraient peut-être pas à assurer la quiétude des citoyens, entre autres du côté de la rue Denault. « La cryptomonnaie est une nouvelle industrie et comme Ville, nous sommes à acquérir des connaissances en gestion du son et en nuisances sonores pour établir notre nouveau règlement sur les usages conditionnels. Nous nous sommes fait accompagner par un acousticien et nous doutions que les nouvelles mesures permettront d’atteindre la quiétude que nous souhaitons. Bitfarms est au courant que nous voulons des mesures qui iront plus loin. »

À l’heure actuelle, aucun échéancier n’a été établi pour de nouveaux travaux. « Mais nous n’attendons pas la fin des initiatives en cours pour nous rendre compte qu’elles ne suffiront pas. Nous confirmons avant la fin du plan d’action qu’il faudra aller plus loin. »

La Ville n’est pas en mesure de chiffrer ses attentes en matière de bruit puisque son règlement ne spécifie pas le nombre de décibels qui constituent une nuisance. « Nous avons un dialogue ouvert avec l’entreprise. Nous savons que sur le plan mécanique, il est possible de contenir le bruit. »

Mme Dubuc insiste sur l’importance que le bruit soit atténué à 360 degrés autour de l’usine de cryptomonnaie. La Ville n’a pas déterminé si elle fera ses propres études de son après la fin des travaux. 


« Les négociations avec Bitfarms se déroulent rondement. »
Ingrid Dubuc

Notons que la première phase des travaux déjà approuvés doit prendre fin vendredi. Les citoyens pourront dans les jours suivants valider s’ils constatent une amélioration.

La Ville a par ailleurs réactivé les rencontres avec un comité de citoyens pour assurer un suivi serré de la situation. Les conseillers Marc Denault et Paul Gingues y participent également. Ce comité s’est réuni mercredi et se reverra toutes les deux ou trois semaines. La Ville est en contact direct avec Bitfarms tous les jours. 

« Les négociations avec Bitfarms se déroulent rondement. Nous n’exposerons pas publiquement les détails de nos pourparlers pour ne pas nuire aux discussions. Nous avons bon espoir d’en arriver à une entente qui sera satisfaisante, tant pour les citoyennes et citoyens concernés que pour la Ville et pour Bitfarms », ajoute encore Ingrid Dubuc. 

Du côté de Bitfarms, le directeur des communications, Marc Duchesne, confirme qu’une étude sonore à 360 degrés sera effectuée pour mesurer l’efficacité des mesures d’atténuation. Les constructions actuelles suivent l’échéancier établi. « Nos interactions avec la Ville sont cordiales et constructives. »

Ingrid Dubuc