Vincent Boutin

Boutin veut contrer l’étalement urbain

SHERBROOKE — Le président du Comité consultation d’urbanisme (CCU) de la Ville de Sherbrooke, Vincent Boutin, a joint sa voix à celle de centaines d’urbanistes, architectes, ingénieurs et citoyens en adhérant à la Déclaration de l’Alliance ARIANE qui souligne l’urgence de repenser les façons de développer et de gérer le territoire des municipalités.

Plus concrètement, l’Alliance ARIANE exige du gouvernement l’instauration d’une Politique nationale de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme.

« À titre d’élu municipal et de président du CCU, je souscris entièrement à l’idée que les pratiques d’aménagement et d’urbanisme qui ont façonné nos villes jusqu’à maintenant doivent être revues et améliorées. [...] Je suis à même de le constater, ces pratiques peuvent s’avérer archaïques, nuisibles au bien individuel et collectif, nocives pour l’environnement et lourdes de conséquences pour la qualité de vie des générations futures », déclare M. Boutin, qui est également chef du Renouveau sherbrookois.

En entrevue avec La Tribune, le conseiller municipal convient que les municipalités n’ont d’autre choix que d’accepter l’étalement urbain pour aller chercher de nouveaux revenus. En attendant que le gouvernement consente à diversifier les sources de revenus des Villes, que peut faire Sherbrooke pour contrer ce phénomène?

« L’identification d’un périmètre urbain à développer en priorité a déjà été faite, mais la difficulté qu’on a, c’est qu’on a souvent des terrains plus difficiles à développer dans des milieux bâtis puisqu’on se bute entre autres à l’opposition citoyenne qui ne veulent pas voir des tours. [...] En plus, il y a beaucoup de pression des promoteurs pour développer des terrains à l’extérieur du périmètre puisqu’ils sont plus faciles à aménager et donc moins coûteux, mais je crois que si la Ville se met des balises claires pour son développement, il faut avoir le courage d’accepter ces décisions et de les appliquer. Et ça, ça peut vouloir dire non à des projets intéressants », convient M. Boutin.

Surtout, le président du CCU souligne l’importance de la concertation régionale quand vient le temps de parler d’aménagement du territoire.

« À Sherbrooke on peut mettre un paquet de mesures pour densifier notre territoire, mais si Sherbrooke le fait de façon isolée, ce ne sera pas suffisant. Il est nécessaire d’avoir une concertation régionale afin de mettre des mesures uniformes et d’avoir des balises claires. L’instauration d’une Politique nationale viendrait en quelque sorte assurer cette concertation » commente M. Boutin qui invite les autres membres du conseil à adhérer à l’Alliance ARIANE.

Où en est le Renouveau sherbrookois?

Discret depuis la cuisante défaite des dernières élections municipales, le Renouveau sherbrookois est pourtant toujours bien vivant, assure son chef.

« C’était voulu qu’on se retire après les élections. À l’heure actuelle, nous sommes en train de rebâtir notre banque de militants », explique M. Boutin.

« On se questionne sur ce qui se fait ailleurs au niveau des partis politiques municipaux. On avance graduellement, mais il y a toujours une réflexion à faire », poursuit-il.

Un an après l’élection de Steve Lussier à la mairie, le chef du RS admet ne pas encore être en mesure d’identifier quelle sera la marque qu’il laissera dans la politique sherbrookoise.

« Je sens qu’il y a beaucoup de continuité dans les projets de la Ville, des projets qui ont été mis de l’avant dans les dernières années. Le maire affirme qu’il y a plusieurs projets en branle et j’ai bien hâte de les connaitre puisque pour le moment, je me demande encore quelle sera la marque Lussier », affirme M. Boutin.

Le conseiller a particulièrement hâte de connaitre le dénouement de l’appel d’offres lancé pour le projet Well Sud.

« J’ai critiqué sévèrement le maire Lussier à propos de son inaction dans le dossier de Well inc. Il a la pression de livrer un projet à tout le moins égal à ce qui était proposé avant », indique M. Boutin.

Le chef du RS dit également être préoccupé par la gestion du maire Lussier quant à la dette municipale.

« Il affirmait cette semaine dans La Tribune qu’on doit revoir la façon de compter la dette, mais je ne suis pas convaincue que l’on doit revoir cette façon de faire là parce que de voir la dette dans son ensemble, ça nous permettait d’avoir la lecture réelle de celle-ci. Là, de commencer à parler de bonnes dettes ou de dettes économiques, je pense que quand les taux d’intérêt augmentent, que ce soit une dette économique ou une dette d’asphalte, le taux d’intérêt augmente tout simplement. Je trouve ça préoccupant comme vision », fait valoir M. Boutin.