Si ce projet se réalise, 92 logements et quatre commerces seraient construits devant l’école de la Croisée, sur le boulevard René-Lévesque.
Si ce projet se réalise, 92 logements et quatre commerces seraient construits devant l’école de la Croisée, sur le boulevard René-Lévesque.

Boulevard René-Lévesque : 92 logements plutôt qu’une station-service

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — Les citoyens ne voulaient pas d’une station-service devant l’école de la Croisée, sur le boulevard René-Lévesque. Le promoteur propriétaire du terrain vacant du secteur Rock Forest s’est adapté et revient à la charge avec un projet d’immeuble de six ou sept étages comptant 92 logements et quatre commerces de proximité. 

Une demande d’amendement au zonage a été déposée lundi au conseil municipal pour permettre ce nouveau projet à l’angle du boulevard René-Lévesque et de la rue Matisse.

La conseillère Annie Godbout a remercié le promoteur Luc Élias pour son ouverture. « La première fois que j’ai vu le projet, j’ai été déstabilisée. Il est plutôt rare qu’on ait des édifices en hauteur dans le secteur de Rock Forest. On l’a regardé de long en large, de haut en bas. J’ai posé beaucoup de questions par rapport à la circulation, par rapport à la tranquillité. Le premier étage serait du commercial pour garder une mixité. Commerce Sherbrooke avait proposé des commerces dans ce secteur. C’est beaucoup souhaité d’avoir des milieux de vie intéressants. J’ai hâte de voir les réactions des citoyens. Tout le monde en bout de piste a fait wow. C’est un beau projet. Je suis heureuse du dénouement. »

Jusqu’à maintenant, seuls les usages de commerce de détail et service et commerce relié au débit d’essence étaient autorisés. Il était aussi permis d’aménager un maximum de huit logements en mixité, c’est-à-dire que les logements ne pouvaient pas se situer au sous-sol ou au rez-de-chaussée. Des citoyens ont toutefois fait part de leur inquiétude de voir ces types de commerce s’installer devant une école primaire.

Les documents municipaux déposés lundi font état d’un projet préliminaire dans lequel le nombre d’étages varie de six à sept et qui compte 110 cases de stationnement, dont 49 à l’intérieur. 

On y rapporte aussi que la présence de l’école, qui a une superficie importante, « amène une cohérence en termes de gabarit similaire en périphérie du carrefour giratoire ». La présence d’une bande zonée « conservation du milieu naturel » assurerait une transition avec les zones d’habitation contiguës derrière le futur bâtiment. 

Présidente par intérim du comité consultatif d’urbanisme, Danielle Berthold explique la quantité de travail pour assurer ce revirement de situation de la part du promoteur. « Souvent on pense que quand les dossiers arrivent à l’urbanisme, c’est ce qui doit être accepté. Il faut prendre en compte que bien des fois, nos services font des pieds et des mains. On revoit le projet à plusieurs occasions. On retourne voir le promoteur pour que les exigences rencontrent le souhait des membres du comité consultatif d’urbanisme. Ce n’est pas vrai que les choses sont faites rapidement. C’est analysé pour que les deux parties en aient pour leur argent. »

La conseillère Évelyne Beaudin a précisé que le changement de zonage nécessaire à ce projet résidentiel s’appliquerait également à l’autre terrain commercial situé dans le même carrefour giratoire, également au coin de la rue Matisse et du boulevard René-Lévesque, si bien que la possibilité de voir une station-service dans ce secteur serait complètement éliminée. 

Le maire Steve Lussier a indiqué que le promoteur avait été à l’écoute. « Le projet sera peut-être encore modifié un peu. »