Rémi Demers rapporte que s’il s’est emporté, il ne s’adressait pas à un groupe de personnes ou à leur revendications, mais bien à certains comportements irrespectueux.

«Bon débarras!»: des paroles qui font sourciller les syndicats

« Bon débarras! Han? Bon débarras! » Dans l’enregistrement de la séance du conseil municipal de lundi soir, au moment où les syndicats des chauffeurs d’autobus et des cols bleus quittent l’hôtel de ville, ces paroles semblent être prononcées par un élu. Alertés par un internaute qui regardait la séance à distance, les syndiqués y ont vu un manque de respect pour leurs revendications.

À environ 37 minutes du début de la séance, ces paroles prononcées par une voix d’homme, qui semble être celle de Rémi Demers, peuvent être entendues alors que la caméra est fixe sur la présidente du conseil, Nicole Bergeron. Rémi Demers, qui ne se souvient pas avoir utilisé ce vocabulaire précis, ne nie pas qu’il pourrait en être l’auteur. Il rapporte qu’il ne s’adressait pas aux syndiqués, mais qu’il réagissait à des gestes disgracieux à l’endroit des élus.

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Rappelons que les syndicats municipaux ont manifesté contre la sous-traitance au centre-ville lundi et qu’ils ont demandé aux élus de rapatrier certains services à l’interne. En quittant la salle du conseil pour laisser la place aux autres citoyens qui souhaitaient poser des questions, lundi, les syndiqués ont applaudi et scandé le mot « solidarité ».

André Marsan, vice-président du syndicat des chauffeurs de la Société de transport de Sherbrooke, qualifie l’incident d’ordinaire. « On entend clairement un élu dire bon débarras. Si les paroles étaient en lien avec autre chose, le timing est mal choisi. À la base, avant d’être un syndicat, un employé municipal, je suis un contribuable. Au conseil, je m’attends à être reçu comme tel : comme un citoyen qui rencontre des conseillers élus par la population. »


« Ça donne l’impression que les citoyens ne sont pas les bienvenus à l’hôtel de ville. »
André Marsan

M. Marsan relève qu’en début de séance, la présidente du conseil a rappelé aux syndiqués qu’il était interdit d’applaudir ou de huer dans la salle de l’hôtel de ville. « Ça manque un peu de cohérence. Ça donne l’impression que les citoyens ne sont pas les bienvenus à l’hôtel de ville. »

Benoît Labonville, président du syndicat des cols bleus, qualifie le geste d’antidémocratique. « D’emblée, nous sentions que nous n’étions pas les bienvenus alors qu’on contrôlait les gens qui avaient accès à la salle du conseil. Ça manque un peu de civilité. Les négociations auront l’air de quoi dans un tel contexte? Sherbrooke n’est plus l’employeur de choix qu’il a déjà été et ce n’est pas parce que les conditions ne sont pas bonnes. Il y a d’autres raisons. »

« J’ai un très grand respect pour les gens qui prennent la parole au conseil municipal. Je les trouve très courageux. Il y avait beaucoup d’émotion dans la salle du conseil et j’ai peut-être montré un signe d’impatience, mais ce n’est certainement pas à l’endroit d’une personne ou d’un groupe qui a pris la parole. Je reconnais parfaitement aux gens de la STS et aux syndicats d’amener leur position. Je respecte le processus de négociation », répond Rémi Demers.

Il rapporte que des gestes disgracieux, notamment un doigt d’honneur, ont été adressés aux élus. « Lundi, c’était un peu un cirque et un vaudeville à l’hôtel de ville. On ne me demandera pas de respecter des gens qui ne me respectent pas. J’avais de l’impatience face à certains comportements. Il est important d’avoir un décorum. »