Sur cette carte fournie par le promoteur, la section marquée du chiffre 2 est celle qui sera protégée. La rue, entre les sections 3 et 1, vise à suivre la pente naturel du terrain pour les infrastructures souterraines.
Sur cette carte fournie par le promoteur, la section marquée du chiffre 2 est celle qui sera protégée. La rue, entre les sections 3 et 1, vise à suivre la pente naturel du terrain pour les infrastructures souterraines.

Boisé Fabi : le promoteur Vallée livre sa version des faits

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
EXCLUSIF/ Le promoteur Jacques Vallée, qui compte réaliser un projet résidentiel autour du boisé Fabi, tente de rappeler le contexte dans lequel il a accepté de céder ce parc forestier à la Ville de Sherbrooke en échange d’un droit de passage pour une rue. Dans une lettre envoyée en exclusivité à La Tribune (voir section Opinions), il rappelle que de longues négociations étaient intervenues en 2014 pour en arriver à cette entente.

Dans sa lettre, que La Tribune reproduit intégralement dans sa section Opinions, M. Vallée indique que l’Association citoyenne pour la protection du boisé Fabi, par l’entremise de la porte-parole Lucie Desgagné, avait fait partie des discussions en 2014. « Cette entente visait à concilier les vues et intérêts de toutes les parties », écrit-il. 

Il rapporte que la Ville achetait alors un terrain de 59 500 mètres carrés et que lui-même acceptait de céder 36 400 mètres carrés d’espaces verts en plus de 40 200 mètres carrés additionnels comportant des milieux humides. Le droit de passage pour une rue visait à installer les services municipaux, « notamment pour respecter le sens de l’écoulement des eaux ou pour préserver l’accès routier aux terrains voués à la construction domiciliaire ». 

M. Vallée rapporte que cette entente le pénalisait financièrement même si elle permettait de cristalliser les conditions « pour la mise en valeur des zones vouées à la construction domiciliaire ». 

Il mentionne que de changer les règles du jeu, six ans plus tard, n’est pas fair-play et l’amène à défendre ses droits acquis. 

Dans un entretien, M. Vallée rapporte vouloir rappeler ces faits pour « éviter la désinformation ». 

« Lors des négociations, le groupement des citoyens du boisé Fabi désirait conserver tous les sentiers piétonniers, les zones humides ainsi que la forestation. Pour réaliser ce projet, une bande de terrain s’étendant du sud jusqu’au nord de notre propriété était nécessaire. Par cette action, la partie ouest de notre propriété devenait inutilisable pour fin de développement domiciliaire », rappelle-t-il. 

Jacques Vallée ajoute qu’il n’avait aucune obligation de vendre son terrain ou d’en donner une partie à la Ville de Sherbrooke pour implanter un parc, mais que la possibilité d’une accessibilité routière entre les deux parcelles de terrain qui lui appartiennent encore avait permis de trouver un compromis. « L’entente était conditionnelle à ce que cette entente soit notariée afin de protéger nos droits futurs. »

Rappelons que le conseiller Pierre Tremblay avait repris les pourparlers avec M. Vallée pour tenter d’éviter la construction d’une rue. Une nouvelle proposition aurait entraîné une consultation publique pour un changement de zonage dans le parc cédé à la Ville, ce que le promoteur aurait refusé, selon ce qu’a avancé le maire Steve Lussier la semaine dernière. Si le passage d’une rue est devenu inévitable, il semble que des aménagements pour réduire l’impact de la voie routière sont encore possibles. 

En tout, la portion protégée en raison de l’acquisition de la Ville pour 1 454 180 $ en 2014 couvre 136 100 mètres carrés, soit 13 terrains de football. Il s’agit de la moitié des terrains boisés qui appartenaient à Jacques Vallée dans le secteur de la rue Bertrand-Fabi. Sans un accord avec le promoteur, la Ville n’aurait eu d’autre choix que d’approuver la coupe des arbres puisque tout le terrain était zoné résidentiel et commercial, expliquait-on en 2014. Tous les élus de l’époque, sauf l’ex-conseillère Hélène Dauphinais, avaient approuvé l’entente. 

Jacques Vallée ne souhaite émettre aucun autre commentaire sur le dossier, qu’il considère clos.