Pour la directrice générale de l’organisme Action Plus, Geneviève Bouchard, la décision du système d'aide sociale de réclamer un remboursement de 2000 $ à une bénéficiaire bloquée durant plusieurs semaines au Nouveau-Brunswick en raison du confinement n'a aucun sens.
Pour la directrice générale de l’organisme Action Plus, Geneviève Bouchard, la décision du système d'aide sociale de réclamer un remboursement de 2000 $ à une bénéficiaire bloquée durant plusieurs semaines au Nouveau-Brunswick en raison du confinement n'a aucun sens.

Bloquée au Nouveau-Brunswick pendant le confinement : l’aide sociale lui réclame près de 2000 $

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Sherbrooke — Une Sherbrookoise de 62 ans qui était confinée au Nouveau-Brunswick le printemps dernier voit le système d’aide sociale lui réclamer près de 2000 $

« Ça n’a aucun sens. Cette situation était hors de son contrôle », déplore la directrice générale de l’organisme Action Plus, Geneviève Bouchard.

Vivant une grande solitude lors du confinement décrété par le gouvernement du Québec à la mi-mars, la femme a choisi d’aller visiter des membres de sa famille dans la province voisine. Constatant une certaine détresse sur le plan psychologique, son fils l’a convaincue d’aller le visiter quelques jours. 

Elle est arrivée au Nouveau-Brunswick le 22 mars et les frontières interprovinciales ont été fermées le 24 mars.

Son plan de revenir chez elle le 29 mars ne pouvait plus fonctionner étant donné que personne de son entourage ne pouvait se soumettre à la quarantaine de 14 jours imposée aux personnes revenant au Nouveau-Brunswick.

Elle est restée bloquée onze semaines au Nouveau-Brunswick. 

Pas de conséquences

Pour respecter les règles de l’aide sociale étant donné qu’elle avait quitté le Québec plus de sept jours consécutifs ou plus de 15 jours cumulatifs dans un même mois, elle a avisé son agent à l’aide sociale pour lui expliquer la situation.

Action Plus signale qu’après avoir confirmé auprès de son superviseur, l’aide sociale lui a dit qu’il n’y aurait pas de conséquences sur son chèque, les évènements étant en dehors de sa volonté. Mais le 10 juin, un autre agent de l’aide sociale l’a rappelée pour lui dire qu’ils lui coupaient finalement son chèque et qu’elle devrait rembourser les prestations qu’elle avait reçues.

« En lui réclamant 2000 $ pour le temps où elle est restée bloquée au Nouveau-Brunswick et en réduisant ses prestations d’aide sociale, le système d’aide sociale joue avec sa santé mentale et sa capacité à payer son loyer. Ils doivent revenir sur leur décision immédiatement », signale Geneviève Bouchard.


« C’est une situation qui n’a aucun sens. »
Geneviève Bouchard

Action Plus a accompagné la dame dans ses démarches de révision.

Le bureau du député de Richmond de la Coalition Avenir Québec, André Bachand a été contacté.

« Nous attendons leur retour. En attendant, nous préparons le dossier pour la révision devant le Tribunal administratif du Québec. C’est une situation qui n’a aucun sens », ajoute Mme Bouchard.

Action Plus estime que l’aide sociale va à l’encontre de ses propres règles en faisant référence à l’article 22 du Règlement sur l’aide aux personnes et aux familles. 

« Celui-ci indique que cette sanction ne peut s’appliquer à “l’adulte qui est retenu à l’extérieur du Québec en cas de force majeure''. C’est sur cet article que nous basons notre argumentation », mentionne Mme Bouchard.

Action Plus a aussi fait un recours discrétionnaire auprès du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, Jean Boulet pour lui demander d’annuler cette décision.