Marc Denault
Marc Denault

Bitfarms: encore du scepticisme chez les élus et les citoyens

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Citoyens et élus municipaux se réjouissent modestement, ou pas du tout, des nouveaux travaux annoncés par Bitfarms mercredi. Alors que Marc Denault demande un échéancier réaliste pour la mise en place des mesures d’atténuation, le citoyen Marcel Cyr, lui, estime qu’on a trop souvent annoncé qu’une solution avait été trouvée. Paul Gingues se dit amèrement déçu de ne voir aucune mesure pour les citoyens du district de l’Université.

Le conseiller du district du Golf, Marc Denault, mise sur l’atteinte de résultats. « Il faut se réjouir, parce que ça fait longtemps qu’on est en négociations et que les gens attendent des résultats. Mais on ne peut plus enclencher des processus d’essais et erreurs. Il faut des résultats. Il faut trouver une solution et la bonne. Surtout, il ne faut pas déplacer le problème. »

Craint-il que le déplacement de certains serveurs cause un bruit plus important pour les citoyens de la rue Denault, par exemple? « Je ne suis pas un expert et il ne faut surtout pas s’improviser expert. Mais on a une étude sonore qui compte 2,5 M de données et nous la partageons avec Bitfarms. Il faut s’assurer que les immobilisations qui sont faites sont les bonnes. »

Pour M. Denault, la vraie bonne nouvelle serait de connaître un échéancier précis pour la fin des travaux en cours et, par conséquent, pour la fin des nuisances par le bruit émanant de Bitfarms. 

« Si on se donnait 60 jours ouvrables, on assurerait la quiétude des citoyens. Il faut que ce soit réglé avant le 1er mars. Nous avons des plaintes aussi loin que l’école Montcalm et le secteur d’Humano. Ce ne sont pas que quelques individus qui se plaignent. Nous continuerons de demander des interventions jusqu’à ce que ça se règle. »

Les élus sherbrookois ont par ailleurs interpellé le ministère de l’Environnement et la Santé publique pour qu’ils interviennent aussi dans le dossier.

Paul Gingues

Paul Gingues confirme que selon lui, la Santé publique devrait s’intéresser au dossier. « Les gens sont à bout de nerfs. »

Il se dit déçu de ne voir aucune mesure d’atténuation pour le côté sud de l’usine. « Depuis le début, je dis que le son réverbère sur le bâtiment de la Société de transport de Sherbrooke et repart en direction nord, sans compter le bruit qui part directement vers la rue Denault. Ce que Bitfarms annonce, pour moi, c’est comme s’ils n’avaient rien compris depuis le début. »

Il n’achète pas les explications de Bitfarms selon lesquelles le bruit entendu sur la rue Denault ne provient pas de cette entreprise. « Je l’ai entendu de mes oreilles. Je suis musicien de profession et je connais le principe de réverbération. Il y a beaucoup de son qui sort de cette usine. Personne ne me convaincra du contraire. La réverbération, c’est la pire qualité de son que tu peux avoir et c’est terrible les dommages que ça peut faire sur le cerveau humain. Je ne vois pas le bout à ça. »

M. Gingues n’est pas impressionné non plus par la proposition d’une nouvelle entreprise, sur un terrain adjacent à l’usine de Bitfarms, qui pourrait récupérer la chaleur produite par la production de cryptomonnaie. « Qu’on commence par régler le problème du son et de la chaleur avant de regarder à développer de nouvelles entreprises. »

Au Service des communications de la Ville de Sherbrooke, on rapporte prendre note des travaux effectués par Bitfarms. « La Ville veut que Bitfarms lui précise la nature exacte des travaux projetés, l’échéancier ainsi que les détails de son projet d’économie circulaire de façon à ce qu’elle soit ensuite en mesure de les apprécier. Rappelons que la Ville de Sherbrooke souhaite que l’entreprise Bitfarms respecte la réglementation municipale sur les nuisances en contenant les bruits sur sa propriété de façon à assurer la quiétude du voisinage. De plus, la Ville salue les initiatives innovantes permettant de trouver des solutions pour résoudre les enjeux de nuisance », écrit-on dans un courriel. 

Le citoyen Marcel Cyr, résidant de la rue Raimbault, s’est rendu chez Bitfarms, sur la rue de la Pointe, mercredi, pour discuter avec le directeur des communications de l’entreprise. « Oui, nous avons perçu de petits changements depuis les travaux réalisés cet été, mais ça dépend des jours, de l’humidité, du vent... Pour l’instant, nous ne pouvons pas nous prononcer sur les nouvelles mesures. Mais il faut que ça se règle. La tolérance a ses limites. Bitfarms ne nous inspire pas confiance parce qu’elle a mis des structures en place, mais le problème n’est pas réglé. »