Marc Duchesne, directeur des communications de Bitfarms
Marc Duchesne, directeur des communications de Bitfarms

Bitfarms annonce de nouvelles mesures d’atténuation du bruit [VIDÉO]

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Bitfarms accepte de réaliser de nouvelles mesures d’atténuation du bruit à son usine de la rue de la Pointe, près de la plage Lucien-Blanchard. L’entreprise de cryptomonnaie annonce avoir terminé la construction d’un nouveau mur-écran en plus de procéder à la reconfiguration des serveurs informatiques à l’intérieur du bâtiment et à la fermeture de certains ventilateurs pour rediriger le bruit.

« Un mur-écran acoustique est établi devant les transformateurs électriques qui avaient été identifiés comme une source de bruit. Nous avons complété la construction de ce mur il y a quelques jours. À l’intérieur de l’usine, nous avons éteint une rangée complète de ventilateurs électriques, donc il y a moins de chaleur et moins de bruit qui sort vers le quartier de la rue Raimbault. Nous pouvons fermer certains ventilateurs parce que nous reconfigurons l’intérieur de l’usine. Nos serveurs ne sont plus tous au même endroit », résume Marc Duchesne, directeur de communications de Bitfarms, précisant que ces mesures ont été proposées par l’acousticien de l’entreprise. 

Selon M. Duchesne, la Ville de Sherbrooke et le ministère de l’Environnement ont été informés des démarches de Bitfarms. 

Rappelons que les citoyens du district du Golf et du district de l’Université déplorent le bruit émanant du bâtiment depuis environ un an et demi. Malgré deux phases de travaux d’atténuation du bruit réalisées par Bitfarms, les plaintes continuaient de s’accumuler à la Ville de Sherbrooke et au ministère de l’Environnement. Le ministère avait d’ailleurs délivré deux avis de non-conformité à la loi sur l’environnement depuis le début de l’année 2020. 

Les conseillers municipaux Marc Denault et Paul Gingues avaient dans les dernières semaines montré des signes d’impatience, invitant le gouvernement du Québec à se mêler du dossier.

Bitfarms indique qu’une nouvelle étude sonore sera réalisée en collaboration avec la Ville de Sherbrooke, une fois les travaux terminés.

Même si Bitfarms déplace des serveurs à l’intérieur de son usine, leur nombre restera identique. Leur chaleur sera envoyée à l’extérieur par les autres côtés de l’usine. « Notre préoccupation principale est de diminuer l’impact du bruit vers le quartier de la rue Raimbault », indique M. Duchesne. 

Pour le moment, Bitfarms ne craint pas de déplacer le problème vers le quartier de la rue Denault. « C’est une rue adjacente à une zone industrielle dont nous faisons partie. Notre acousticien a fait des tests avec l’usine éteinte et l’usine en fonction. Les résultats démontrent que l’impact de l’usine de Bitfarms sur la rue Denault est nul. Nous ne sommes pas la source des bruits entendus par les résidants de la rue Denault. Il y a des équipements industriels lourds utilisés dans ce quartier. Notre priorité est vraiment le côté de la rivière Magog. »

Marc Duchesne n’a pas été en mesure de donner un échéancier pour la réalisation des travaux. « Nous sommes une entreprise de cryptomonnaie venue à Sherbrooke parce qu’il y avait de l’électricité disponible. Nous sommes un fier citoyen corporatif. Tout ce que nous voulons, c’est générer de la cryptomonnaie et faire travailler nos employés. Nous avons très hâte que cette situation soit derrière nous. La situation s’est grandement améliorée et nous sommes presque à la ligne d’arrivée. »

L’entreprise continue de suivre les recommandations de son acousticien pour la suite des choses. « Nous avons bon espoir que ces mesures seront les dernières. »

Dans la même sens, il a été impossible de connaître la valeur de l’ensemble des travaux. M. Duchesne se limite à dire qu’ils ont coûté plus de 100 000 $ et que Bitfarms n’entend pas déménager.

Un nouveau mur coupe-son a été érigé pour réduire le bruit produit par ces transformateurs.

Un projet d’économie circulaire

Bitfarms annonce par ailleurs réfléchir à l’utilisation potentielle du terrain adjacent à son usine, au coin des rues Cabana et de la Pointe, et songe à y installer un projet d’économie circulaire qui serait conforme aux règlements municipaux. Un tel projet pourrait, selon l’entreprise, contribuer à réduire davantage le bruit provenant de l’usine tout en récupérant la chaleur produite par les serveurs. Davantage de renseignements sur le projet devraient être annoncés dans les prochaines semaines. Bitfarms chercherait un partenaire et ne compte pas, à première vue, exploiter cette nouvelle entreprise.  

La Ville de Sherbrooke souhaitait depuis le printemps une troisième phase de travaux d’atténuation chez Bitfarms. Elle avait même suggéré d’acheter le terrain au coin de la rue Cabana, terrain d’une superficie de 300 000 pieds carrés. 

Tant la Ville que Bitfarms avaient réalisé des tests à l’aide d’un acousticien, cet été, pour déterminer si de nouvelles mesures d’atténuation étaient nécessaires. Si Bitfarms jugeait ses travaux performants, la Ville n’a jamais commenté ou publié ses propres résultats. Une entente de confidentialité est même intervenue entre les deux parties pour ne pas divulguer ces données et pour éviter qu’elles soient éventuellement utilisées en preuve.

Pour réduire le bruit acheminé vers le quartier de la rue Raimbault, une rangée complète de ventilateurs a été arrêtée à l’intérieur de l’usine de Bitfarms.