Le bâtiment<em> Divinity House</em> doit être reconverti en espace pour accueillir les étudiants autochtones.
Le bâtiment<em> Divinity House</em> doit être reconverti en espace pour accueillir les étudiants autochtones.

Bisbille autour d’un bâtiment réservé aux étudiants autochtones

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Alors qu’il se voulait rassembleur et inclusif envers la communauté autochtone, le projet de transformation du bâtiment Divinity House, à Bishop’s, suscite le mécontentement chez les étudiants autochtones, qui réclament davantage d’espace dans les locaux qui doivent être transformés.  

Rappelons que Divinity House avait été fermé en 2014 pour des raisons de sécurité: des faiblesses structurelles avaient été rapportées. Le bâtiment, construit en 1892, est l’un des plus anciens sur le campus et décrit comme l’un « des plus remarquables. »  

L’université anglophone s’est mise à plancher sur une reconversion du bâtiment en Espace de rencontre et centre de ressources pour les étudiants autochtones. L’année dernière, le ministre de l’Éducation Jean-Francois Roberge avait annoncé un investissement de 5,9 M$ pour sa rénovation et sa transformation. Bishop’s s’est aussi engagé à recueillir 1 M$ en dons privés. 

Un des objectifs du projet était que les étudiants autochtones, environ une quarantaine inscrits à Bishop’s, soient bien outillés et accompagnés dans leur cheminement. 

L’édifice a été rebaptisé « Kwigw8mna » (notre maison en langue abénaquise). Il doit réunir des espaces d’ateliers, des centres de ressources, ainsi que des salles de classe et des bureaux pour les enseignants et le personnel.  

Or, les membres de l’Indigenous Cultural Alliance (ICA) ont soulevé des préoccupations au sujet de l’allocation d’espace. Ils réclament notamment un agrandissement de l’espace réservé aux étudiants autochtones,  de même que « la suppression du bureau de soutien des pairs français ». Ils demandent également le consentement à chaque étape décisionnelle et le pouvoir décisionnel complet sur l’espace extérieur, peut-on lire dans une page Facebook évoquant l’ensemble des revendications. 

Une première rencontre entre la direction de Bishop’s et les représentants étudiants a déjà eu lieu et une autre est prévue cette semaine. Dans une communication envoyée à la communauté universitaire, le principal Michael Goldbloom a souligné que le Dr Abel Bosum, Grand Chef du Grand Conseil des Cris (Eeyou-Istchee) et membre du Conseil des gouverneurs de Bishop’s, a accepté de se joindre aux différents intervenants pour la gestion de ce dossier. 

Tant l’Université Bishop’s que les représentants étudiants ont préféré ne pas commenter l’affaire soulevée par Espaces autochtones de Radio-Canada, faisant valoir qu’une autre rencontre est prévue.