Karine Godboult

Bisbille au conseil pour les feux extérieurs

Doit-on encadrer davantage les feux extérieurs à Sherbrooke? Si la conseillère Danielle Berthold a fait la demande au comité de l’environnement d’étudier la question, sa collègue Évelyne Beaudin juge que cet exercice est une perte de temps. Selon elle, le nombre de plaintes portant sur les feux extérieurs est en baisse. La présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, n’a pas apprécié cette intervention.

Le débat a commencé à la séance du conseil municipal du 20 août. Danielle Berthold a relevé avoir reçu de nombreux appels en raison de la fumée incommodante provenant des feux extérieurs. 

« Mon téléphone a sonné souvent concernant la fumée des feux extérieurs. On a eu plusieurs épisodes de smog cet été. C’était un climat tout à fait particulier, mais il faut se rappeler qu’il y a des villes qui ont interdit complètement les feux extérieurs, dont Brossard et le vieux Longueuil. Que voulez-vous répondre à des gens qui vous disent qu’ils ne peuvent pas ouvrir leurs fenêtres douze mois par années? L’hiver, c’est à cause du créosote des poêles non conformes qui font en sorte que la qualité de vie est atteinte, et l’été c’est pire parce que les voisins font des feux le soir en grattant la guitare avec des amis.

« Je demande au comité de l’environnement si vous pouviez ramener le dossier. Je sais que ç’a déjà été fait dans le passé, pour voir si on peut apporter des améliorations. Ça ne doit pas être agréable pour les citoyens de vivre des situations comme celles-là. C’était difficile à respirer pour certains citoyens. »

Les foyers extérieurs sont permis à Sherbrooke à condition qu’ils soient munis d’une cheminée pare-étincelles et qu’ils reposent sur une structure en pierre, en briques ou en métal, notamment. Ils doivent se situer à six mètres d’un bâtiment ou d’un réservoir de gaz et à trois mètres de toute ligne de propriété.

Plaintes en baisse

La conseillère Évelyne Beaudin avait entrepris de faire un sondage sur internet pour savoir si les citoyens se sentaient incommodés par la fumée de leurs voisins. Elle a par ailleurs dévoilé que le nombre de plaintes relevées en 2017 était inférieur à celui de 2016. En date du 6 septembre, on notait aussi un nombre inférieur en 2018, un chiffre à prendre avec prudence puisque l’été n’était pas terminé.

« On s’est rendu compte que le sujet est peut-être moins polarisant qu’on le pense. Bon an, mal an, le tiers des plaintes sont jugées non fondées. Je crois que nos services ont la situation bien en main. Je trouve important de réaliser qu’il n’y a peut-être pas là un enjeu réel. Je ne vois pas pourquoi on utiliserait l’énergie de nos fonctionnaires pour se casser la tête sur un débat qui a déjà été fait. On devrait plutôt miser sur la sensibilisation », a commenté Mme Beaudin au conseil municipal de lundi.

Karine Godbout a répliqué. « Je trouve bien l’fun que vous vous intéressiez à faire des sondages en lien avec cette thématique. C’est une thématique qui a été adressée au comité de l’environnement, j’aimerais que ce soit respecté. On est bien ouverts à collaborer et à échanger de l’information, mais j’ai appris à même les médias sociaux que vous aviez lancé un sondage. J’imagine que vos intentions ne sont pas mauvaises, mais je trouve que ça manque du sens de collaboration et du respect des questions qui sont adressées. Je suis parfois agacée de voir comment Sherbrooke Citoyen s’approprie des thématiques. C’est dans la façon de collaborer qu’il y a un problème. »

Selon les statistiques avancées par Évelyne Beaudin, le nombre de plaintes enregistrées entre 2016 et 2018 était respectivement de 209, 174 et 155.