Le maire Steve Lussier s’est prêté au jeu de l’entrevue de mi-mandat avec La Tribune dans le cadre décontracté de son bureau de l’hôtel de ville.

Bilan de mi-mandat du maire Lussier : redresser Valoris et contrôler les dépenses

Arrivé à mi-mandat, le maire Steve Lussier estime avoir trouvé sa vitesse de croisière. Néophyte en politique, il avait admis après sa première année qu’il avait mis au moins six mois à s’adapter. Aujourd’hui, il mentionne que la Ville se développe à vitesse grand V et qu’il faut à tout prix assurer un contrôle rigoureux des dépenses. Il ne peut par ailleurs passer sous silence la situation de Valoris et les travaux qui changeront à jamais le visage du centre-ville.

Après deux ans à l’hôtel de ville, Steve Lussier s’accorde une note de sept sur dix. « Dépasser sept, je ne pense pas parce que c’est mon premier mandat. Nous avons réalisé de beaux projets, pas toujours unanimes, mais de belles choses. C’est difficile de se donner une note. Il faudrait demander aux citoyens de le faire. »

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Ce qui a changé depuis l’administration précédente, selon lui, c’est l’écoute. « Les entrepreneurs me disent qu’il y a une meilleure écoute. Les entrepreneurs, les promoteurs, c’est une grosse partie pour le développement de la ville. Il faut être à l’écoute.

« La Ville est à l’étape où elle doit être rendue. Elle est en progression et elle grossit tellement rapidement qu’il y a même un danger. Il faut de la liquidité pour faire ça. Il faut aussi des retours sur nos investissements. Ça ne me dérange pas d’aller chercher plus d’endettement mais il faut un retour sur l’investissement. On n’est pas la ville la plus endettée mais je ne veux pas l’être non plus.

« En 2020, je veux que tous les projets avancent sans retard et sans dépassements de coûts. Je serai rigoureux par rapport à ça. On a une bonne vitesse de croisière, mais il faut faire attention vers où on s’en va. »


« L’IPC n’était pas un engagement, mais un but. »
Steve Lussier

Dans un fauteuil du bureau de la mairie, Steve Lussier revient sur les faits marquants des deux dernières années et sur les orientations qu’il souhaite donner à son administration. Dès son entrée en poste, il tenait son engagement de réaliser un gel de taxes. Maintenir les hausses subséquentes à l’inflation avait tous les airs d’une promesse. M. Lussier parle plutôt d’un souhait, précisant que les budgets sont de plus en plus difficiles à boucler. La hausse moyenne pour une maison unifamiliale était de 2,34 % en 2019.

« L’IPC n’était pas un engagement, mais un but. C’est encore un but, mais on vit des années difficiles. Valoris nous a fait mal, je n’ai pas peur de le dire.

« On est dans des années très difficiles financièrement. Les en-lieu de taxes qui ne sont pas transférés, ça représente 20 M$ qu’on n’a pas. C’est beaucoup d’argent. Nous avons des infrastructures vieillissantes. Ça coûte extrêmement cher. »

Les infrastructures vieillissantes représentent selon lui un enjeu important. Malgré des investissements municipaux de plus de 13 M$ dans la réfection des rues en 2019, la Ville peine à maintenir la qualité de son réseau routier.

Quant à l’idée d’un budget participatif, Steve Lussier se montre ouvert à l’échelle des arrondissements. Il se tournerait vraisemblablement vers un vote réservé aux moins de 18 ans.

Pression importante sur le budget, ses hausses de tarifs représentant 3,5 M$ en déboursés additionnels en 2019, Valoris a suscité les débats enflammés. M. Lussier n’hésite pas à faire de Valoris une de ses plus grandes fiertés de ses deux années au pouvoir.

« Je suis content d’avoir repris le contrôle des matières résiduelles. C’était le dossier le plus difficile. Nous sommes d’ailleurs à en revoir la planification. À Valoris, nous étions en conflit avec plusieurs personnes. Peut-être qu’un jour nous aurons notre usine d’épuration sur le site. Nous discuterons du plan de relance le 6 novembre.

« Moralement, ça n’a pas été un dossier facile. On peut toujours dire qu’on aurait fait les choses différemment dans le passé, mais qu’est-ce qu’on fait pour que ça ne réarrive pas? Il fallait régler les conflits le plus rapidement possible et nous pourrons maintenant travailler avec des partenaires comme l’Université de Sherbrooke. »

Valoris a fait l’objet de critiques virulentes dans le dernier rapport de la vérificatrice générale, qui n’avait pas hésité à qualifier le dossier de troublant. Elle avait entre autres relevé que des budgets équilibrés avaient été adoptés alors que Valoris était en réalité déficitaire.

Steve Lussier parle aussi de la revitalisation de la rue Galt Ouest, inscrite au plan directeur Centre-ville 2020. Il se félicite notamment de l’accompagnement dont ont bénéficié les locataires.

Centre-ville

La revitalisation du centre-ville figure dans le même sens parmi les sujets qui retiendront l’attention au cours des deux prochaines années. Le Quartier Well Sud, calque du projet Well inc., sera réalisé avec une contribution projetée de la Ville 4 M$ sous les prévisions, soit 40 M$. La contribution du gouvernement du Québec, qui offre 10 M$ pour la décontamination de terrains à Sherbrooke, arrivait à point pour mousser ce projet.

Le maire de Sherbrooke ne se cache toutefois pas pour admettre que la revitalisation du centre-ville a été lancée par son prédécesseur.

« Le Quartier Well Sud a tellement fait jaser. On se devait d’aller vers ça. C’était demandé par tous les partenaires et nous avons mis les bonnes personnes aux bonnes places. C’était la première fois que nous allions en appel de propositions de cette façon et il est possible que nous le fassions encore…

« Parfois, le temps arrange les choses. Quand un projet va moins bien, on le reprend, on le retravaille. J’aime mieux le retarder de six mois dans ce cas.

« Ce sont des projets qui prendront entre deux et trois ans. Rome ne s’est pas bâtie du jour au lendemain. On ne laissera pas tomber les commerçants. Nous aurons peut-être quelqu’un qui s’occupera plus attentivement de ces gens-là. On ne les a pas laissés tomber pour les stationnements. »

Verra-t-on la salle intermédiaire destinée au public jeunesse, qui doit être construite près du Centre Jean-Besré, avant la fin du mandat? Un conflit sur le coût de réalisation du projet paralyse le dossier. « Pour la salle intermédiaire, moi j’ai fini les discussions. Vous serez informé de la suite des choses dans les prochains jours. En bon père de famille, je dois m’assurer d’arriver dans les budgets. »

Quelques engagements de Steve Lussier

Deux mandats maximum

Gel de taxes la première année et maintenir les hausses à l’inflation par la suite

Améliorer l’offre de services en transport public

Bonifier l’offre au mont Bellevue

Diffusion en direct sur internet des séances du conseil

Animation des séances du conseil par le maire

500 000 $ pour les artistes et les créateurs

Investir entre 16 et 20 M$ annuellement dans le réseau routier

Développer un produit touristique d’envergure internationale

Augmentation de la visibilité policière

Faire de Sherbrooke un pôle international du savoir

Faire de Sherbrooke la ville la plus prospère au Québec

Vendre la place Nikitotek

Faire une rotation des conseillers à l’exécutif