Le temps d'attente au centre désigné de dépistage de Sherbrooke a été très long cette semaine.
Le temps d'attente au centre désigné de dépistage de Sherbrooke a été très long cette semaine.

Bilan de la semaine COVID-19 : l’Estrie au jaune, un 27e décès et un CHSLD en «situation critique»

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
La transmission de la COVID-19 en Estrie est «préoccupante», a déclaré vendredi après-midi le Dr Stéphane Tremblay, président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS

«Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est inquiétant, mais je fais appel à la vigilance de la population», a-t-il ajouté.

Après avoir connu une longue accalmie cet été, ça fait maintenant trois semaines que le nombre de cas positifs grimpe semaine après semaine en Estrie : 73 cas dans la dernière semaine, ainsi que 133 et 65 cas les deux semaines précédentes.

Deux éclosions ou agrégats expliquent en grande partie cette augmentation des cas dans la région de l’Estrie. On retrouve d’abord l’agrégat du quartier d’Ascot, à Sherbrooke, où 104 résidents ont été déclarés positifs au cours des dernières semaines.

Le président-directeur général du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Stéphane Tremblay, et le directeur de la Santé publique de l'Estrie, Alain Poirier

Il y a ensuite une éclosion au CHSLD de Lambton, ce petit milieu de vie de 29 places situé dans la région du Granit. Vendredi, cette éclosion avait mené à 28 cas positifs, soit 13 employés et 15 résidents. Un quatrième test de dépistage sera effectué en début de semaine prochaine chez tous les résidents et employés de l’endroit.

Le CHSLD de Lambton se trouve maintenant sur la liste rouge des CHSLD en « situation critique », une liste mise à jour quotidiennement par le gouvernement du Québec.

D’ailleurs, l’un des résidents est décédé des complications de la maladie au cours des derniers mois au cours de son hospitalisation au centre de confinement de Sherbrooke.

Ce résident de Lambton est devenu le 27e Estrien à succomber à la maladie depuis le début de la pandémie. Il y avait plus de trois mois que le bilan régional demeurait à 26 personnes décédées des complications liées au coronavirus. Le dernier décès lié à la COVID-19 en Estrie s’était produit le 23 juin. Les 24 autres décès sont survenus dans le premier mois de la pandémie de la région, soit entre le 26 mars et le 24 avril.

L’Estrie en jaune

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a dévoilé mardi que le gouvernement voulait intervenir sur une base régionale plus ciblée, en modulant les mesures en fonction du degré de propagation du virus. L’Estrie a été l’une des quatre régions placées en mode « palier 2 – préalerte », ou jaune.

À lire aussi : L’Estrie placée en mode «préalerte»

Les éclosions en Estrie

Mode d’emploi pour le test de dépistage à Sherbrooke

Une 27e victime de la COVID-19 en Estrie

Pour établir dans quelle catégorie est classée chaque région, trois critères sont analysés. Du côté de l’Estrie, c’est la quantité de nouveaux tests positifs qui a fait pencher la balance vers le « niveau jaune ». « Mais la majorité de nos nouveaux cas, rappelons-le, proviennent du quartier d’Ascot et du CHSLD de Lambton », a précisé le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

« La nouvelle barre à ne pas dépasser, c’est 20 nouveaux cas par jour pour un million d’habitants, soit un peu moins de dix nouveaux cas par jour avec notre population de 500 000 habitants. La semaine dernière, nous avons dépassé ce seuil à plusieurs reprises, et c’est ce qui nous a placés dans le jaune », a indiqué le Dr Alain Poirier.

Durant la semaine qui vient de se terminer, du samedi 5 septembre au vendredi 11 septembre, l’Estrie a enregistré 73 cas, donc à peine plus de 10 nouveaux cas par jour.

Le bilan de vendredi

Vendredi, le bilan estrien a augmenté de 13 nouveaux cas déclarés positifs. Le bilan des hospitalisations demeure stable avec deux personnes. Personne n’est aux soins intensifs.

Bonne nouvelle : l’éclosion au CHSLD d’Youville, situé à Sherbrooke, est considérée comme terminée. Le bilan de l’éclosion est demeuré stable depuis le début, c’est-à-dire un employé et un résident infectés.

Toute les autres éclosions et situations sous surveillance sont restées stables en Estrie vendredi : quartier des Jardins-Fleuris (12 cas), au Centre Saint-Michel (pas une éclosion, six cas), au Cégep de Sherbrooke (moins de cinq cas, pas une éclosion), au CPE Les amis du globe de Sherbrooke (cinq cas), chez BRP de Valcourt (13 cas), à l’école des Quatre-vents de Sherbrooke (six cas) et à l’école des Sommets de Saint-Sébastien (moins de cinq cas).

Débordements au centre de dépistage

Le nombre de tests de dépistage a grimpé en flèche au CIUSSS de l’Estrie-CHUS depuis deux semaines, période qui coïncide avec la rentrée des classes.

À preuve, prenons des chiffres. Du vendredi 21 août au jeudi 27 août, il y a eu 4552 tests de COVID-19 prélevés sur le territoire de l'Estrie, un chiffre semblable à celui de la semaine précédente.

Dans la semaine suivante, du 28 août au 3 septembre, ce nombre a grimpé à 6140 tests de COVID-19. Puis en cette semaine qui se termine (du 4 au 10 septembre), il y a eu 7537 tests effectués.

Dans ce contexte, rien d’étonnant à ce que le centre de dépistage désigné de la COVID-19 de Sherbrooke ait été débordé cette semaine, tout comme celui de Bromont.

Sur place, les parents et leurs enfants, bien souvent, ont dû attendre de deux à trois heures avant de subir le test de dépistage.

Le PDG du CIUSSS de l’Estrie Stéphane Tremblay soutient que l’organisation travaille à améliorer la situation alors que, en quelques semaines, la capacité de dépistage de l’organisation a quadruplé, « ce qui est énorme pour nous ».

« Je demande à tout le monde d’être patient. Nos employés et nos gestionnaires sont fatigués, et le service est relativement bon dans des circonstances qui étaient difficilement prévisibles. Il faut aussi se rappeler que, pendant qu’on attend pour un test COVID, il y a aussi à la maison des gens qui attendent depuis plusieurs mois pour subir une chirurgie, et qui sont aussi impactés par l’augmentation de nos activités COVID », met-il en perspective en rappelant également la rareté de la main-d’œuvre disponible.